Suisse :victoire du peuple confirmant 108 ans de neutralité ,UDC perd avec son leader historique de 86 ans, Christoph Blocher

DAKAR, 27 Septembre 2026 (JVFE)—Le peuple suisse a massivement rejeté l’initiative sur la neutralité par 70,2 % de non, ce dimanche 27 septembre 2026. Le texte, qui visait à inscrire une définition beaucoup plus stricte de la neutralité dans la Constitution, a été balayé dans la totalité des cantons.

Avec 70,2% de non, le peuple suisse balaie l’initiative visant à inscrire une neutralité plus stricte dans la Constitution. Tous les cantons rejettent le texte. La défaite est d’autant plus cinglante que grâce à l’apport de 3 millions de francs par Christoph Blocher, les initiants avaient lancé une campagne massive. Les opposants et le Conseil fédéral saluent, de leur côté, un vote qui préserve la marge de manœuvre de la Suisse.

Le peuple suisse a rejeté massivement à 70,2 % l’initiative populaire « Sauvegarder la neutralité suisse » lors des Votations fédérales du 27 septembre 2026. Ce résultat marque un revers cinglant pour le parti de l’UDC et son leader historique de 86 ans, Christoph Blocher, qui avait personnellement financé et porté cette campagne à bout de bras.

L’initiative sur la neutralité voulait inscrire dans la Constitution une conception plus stricte de la neutralité suisse. Le texte entendait notamment limiter la possibilité pour la Confédération de reprendre des sanctions internationales, sauf dans certains cas précis. Ses partisans souhaitaient ainsi renforcer l’indépendance de la Suisse en matière de politique étrangère.

Le projet sur l’alimentation subit lui aussi un lourd revers. Il demandait à la Confédération de renforcer les exigences environnementales et sociales appliquées au système alimentaire, notamment en matière de production et d’importation.

 Votations fédérales et cantonales

Malgré une campagne massive financée à hauteur de 3 millions de francs par Christoph Blocher, les initiants essuient une lourde défaite . Le Conseil fédéral et les opposants se réjouissent d’un résultat qui préserve la marge de manœuvre diplomatique de la Suisse

  • Alimentation : L’initiative « Pour une alimentation sûre » a également été largement refusée par la population .
  • Fiscalité (Vaud) : Les électeurs vaudois ont, quant à eux, accepté une baisse d’impôts cantonale
  • Mobilité transfrontalière (Genève) : Le canton de Genève a validé un cofinancement de 39,5 millions de francs pour des projets de transports et de parkings en France voisine.

Voici les détails précis des résultats de la votation sur la neutralité par canton et l’analyse des enjeux de la baisse d’impôts acceptée dans le canton de Vaud.

🗳️ Détail du rejet de l’initiative sur la neutralité par canton

Le verdict est sans appel : 70,2 % des votants suisses et la totalité des cantons ont rejeté le texte visant à durcir la neutralité dans la Constitution. La participation s’est élevée à environ 47 % au niveau national.

La Romandie a voté de manière quasi soviétique contre le texte :

  • Genève : ~66,6 % de NON
  • Neuchâtel : 75,6 % de NON
  • Vaud : 73,0 % de NON
  • Jura : 71,8 % de NON
  • Fribourg : 71,1 % de NON
  • Valais : 67,1 % de NON

Du côté de la Suisse alémanique et italophone :

  • Bâle-Ville : 79,9 % de NON (le rejet le plus massif du pays)
  • Zurich : 74,5 % de NON
  • Berne : 73,4 % de NON
  • Bâle-Campagne : 73,9 % de NON
  • Argovie : 70,4 % de NON
  • Grisons : 64,9 % de NON
  • Tessin : 51,8 % de NON (le résultat le plus serré, la moitié des communes ayant soutenu l’initiative)
  • Absolument aucun canton n’a accepté le texte. Les scores du « Non » ont atteint des sommets, notamment à Bâle-Ville (79,9 %), Zurich (74,5 %) et dans le canton de Vaud (73 %). Seul le Tessin a failli l’accepter, rejetant l’initiative du bout des lèvres à 51,7 %.
  • En votant « Non », les citoyens ont validé la pratique actuelle du Conseil fédéral. Les Suisses approuvent la capacité du gouvernement à adopter une neutralité dite « pragmatique » ou « coopérative », lui permettant par exemple d’appliquer des sanctions économiques (notamment contre la Russie) ou de collaborer avec l’OTAN sans y adhérer.
  • Le texte de l’association Pro Suisse et de l’UDC visait à graver dans la Constitution une neutralité stricte, « perpétuelle et armée ». Elle aurait totalement interdit à la Confédération de décréter des sanctions autonomes ou de s’allier militairement, sauf en cas d’attaque directe.
  • Après les échecs face au peuple concernant la redevance radio-TV en mars et l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions » en juin, ce fiasco fragilise la stratégie directe du patriarche Christoph Blocher.
  • Ce vote marque ce que de nombreux observateurs de la presse helvétique qualifient de « dernier combat » ou de « sortie de scène » politique pour Christoph Blocher, le leadership de l’opposition nationaliste face aux futurs accords européens (Bilatérales III) devant désormais être repris par sa fille, Magdalena Martullo-Blocher

Absolument aucun canton n’a accepté le texte. Les scores du « Non » ont atteint des sommets, notamment à Bâle-Ville (79,9 %), Zurich (74,5 %) et dans le canton de Vaud (73 %). Seul le Tessin a failli l’accepter, rejetant l’initiative du bout des lèvres à 51,7 %.

En votant « Non », les citoyens ont validé la pratique actuelle du Conseil fédéral. Les Suisses approuvent la capacité du gouvernement à adopter une neutralité dite « pragmatique » ou « coopérative », lui permettant par exemple d’appliquer des sanctions économiques (notamment contre la Russie) ou de collaborer avec l’OTAN sans y adhérer.

Le texte de l’association Pro Suisse et de l’UDC visait à graver dans la Constitution une neutralité stricte, « perpétuelle et armée ». Elle aurait totalement interdit à la Confédération de décréter des sanctions autonomes ou de s’allier militairement, sauf en cas d’attaque directe.

Après les échecs face au peuple concernant la redevance radio-TV en mars et l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions » en juin, ce fiasco fragilise la stratégie directe du patriarche Christoph Blocher.

Ce vote marque ce que de nombreux observateurs de la presse helvétique qualifient de « dernier combat » ou de « sortie de scène » politique pour Christoph Blocher, le leadership de l’opposition nationaliste face aux futurs accords européens (Bilatérales III) devant désormais être repris par sa fille, Magdalena Martullo-Blocher

Les enjeux de l’initiative « 12% » dans le canton de Vaud

Contre l’avis du Conseil d’État et de la gauche, les Vaudois ont choisi d’alléger leur feuille d’impôt en acceptant l’initiative populaire « Baisse d’impôts pour tous » à 53,1 % des voix (avec une forte participation de 49,9 %).

Le texte prévoit une réduction fixe et immédiate de 12 % de l’impôt cantonal sur le revenu et la fortune des personnes physiques dès la période fiscale 2027.

Une géographie polarisée : villes vs campagnes

Le match s’est joué sur une fracture géographique très nette dans le canton :

Le NON des villes de gauche : Les grands centres urbains ont rejeté le texte (Lausanne à 60,3 % de non, Vevey à 61 %, Renens à 55,5 %). Cependant, la participation y a fléchi (en baisse de 6 à 8 points), ce qui n’a pas permis à la gauche de renverser la tendance.

Le OUI massif des campagnes : Les communes rurales et les couronnes périurbaines se sont fortement mobilisées pour plébisciter le texte des milieux patronaux, estimant que la charge fiscale vaudoise était devenue trop lourde par rapport aux cantons voisins.

Les conséquences économiques et budgétaires

Le gouvernement vaudois doit désormais faire face à un casse-tête financier majeur :

Gouffre budgétaire : Cette baisse va amputer les caisses cantonales de 272 millions de francs par an. Le Conseil d’État, qui présentait déjà un projet de budget 2027 déficitaire de 356 millions de francs, voit son déficit projeté grimper à environ 628 millions de francs.

Le plan “pouvoir d’achat” alternatif annulé : Le contre-projet du Conseil d’État, qui prévoyait une baisse progressive et ciblée de l’impôt (2 % en 2027, jusqu’à 7 % cumulés), passe à la trappe au profit des 12 % uniformes.

Effet “guillotine” sur le bouclier fiscal : En raison d’une clause technique, le vote de l’initiative rend caduque la réforme du bouclier fiscal récemment adoptée par le Parlement. Le gouvernement va devoir trouver une solution d’urgence pour éviter la fuite des très gros contribuables concernés.

 Le choc des visions politiques

Pour la droite et les milieux patronaux (PLR, UDC, CVCI) : C’est une immense victoire pour le pouvoir d’achat de la classe moyenne face à l’augmentation du coût de la vie (primes maladie, loyers) et un signal fort envoyé à l’État pour qu’il maîtrise ses dépenses.

Pour la gauche et les syndicats : C’est un « cadeau fiscal aux plus riches ». La gauche prévient déjà qu’elle n’acceptera « pas la moindre coupe budgétaire » dans les prestations publiques (santé, école, transports, subsides). Elle attend des initiants qu’ils tiennent leur promesse de ne pas sacrifier le service public.

Fragilisation politique : La présidente libérale-radicale du Conseil d’État, Christelle Luisier, sort affaiblie de ce scrutin, ayant dû faire campagne contre le texte… qui était porté par son propre parti.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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