DAKAR, 1ER NOVEMBRE 2025 (JVFE)—L’Iran a officiellement averti les États-Unis qu’une reprise des hostilités militaires au Moyen-Orient risquait de déboucher sur un conflit prolongé. Cette déclaration intervient en réponse directe aux récentes menaces de Donald Trump.
Le porte-parole de l’armée iranienne, Mohammad Akraminia, a affirmé qu’une nouvelle guerre pourrait être « plus longue que la précédente ». Il a ajouté que le président américain ne serait en aucun cas en mesure de dicter le moment ni les conditions d’un cessez-le-feu.
Téhéran avertit que toute nouvelle offensive américaine ou israélienne sous la pression de l’État hébreu embraserait une zone géographique bien plus vaste.
Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei (qui a succédé à son père Ali Khamenei, tué en février dernier lors de frappes américano-israéliennes), a promis une réplique puissante et sans limite géographique en cas d’attaque.
Donald Trump a récemment affirmé que les forces américaines avaient détruit la majeure partie des capacités nucléaires de la République islamique. Il a toutefois précisé qu’il restait « un ou deux sites » dont il fallait s’occuper, évoquant notamment le mont Kolang près du complexe de Natanz, une opération qu’il prétend pouvoir régler « en dix minutes ».
Ces tensions culminent à l’approche immédiate des élections de mi-mandat (midterms) aux États-Unis. Des rapports de presse font état d’une possible campagne militaire courte et intense juste après le scrutin.
Le fragile statu quo issu du cessez-le-feu d’avril et de l’accord de juin a volé en éclats au cours de l’été. Les incidents se multiplient dans le détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures mondiaux où l’Iran cible des navires et où un pétrolier a récemment été touché par des mines.
L’Iran a averti dimanche les États-Unis qu’une éventuelle reprise des hostilités risquait de durer, au lendemain de nouvelles menaces de Donald Trump qui veut encore « s’occuper » d’un ou deux sites.
« Nous pouvons faire ça en dix minutes », a lancé le président américain, qui n’avait pas exclu la semaine dernière « une autre petite “Fureur épique” » en référence au nom de l’offensive militaire lancée le 28 février par Washington contre la République islamique.
Téhéran a répliqué que cette fois, Donald Trump « ne serait pas en mesure de dicter ni le moment ni les conditions » de l’arrêt des hostilités.
Une nouvelle guerre pourrait être plus longue que la précédente.
Mohammad Akraminia, porte-parole de l’armée
Il faisait référence à la phase la plus intense du conflit, qui a tué de nombreux responsables iraniens — dont le guide suprême Ali Khamenei — et fait des milliers de morts civils, en près de 40 jours de bombardements israélo-américains.
Un cessez-le-feu en avril y a mis fin, suivi d’un protocole d’accord en juin mais la fragile entente a volé en éclats cet été et des échanges de frappes ont repris, l’Iran ripostant en ciblant de nouveau les alliés de Washington dans la région, du Golfe à la Jordanie.
Si une accalmie est observée depuis début septembre, des informations de presse évoquent une possible campagne militaire courte et intense après les élections américaines de mi-mandat prévues mardi.
Mont Kolang
« Nous avons neutralisé leurs capacités nucléaires. Il nous reste encore à nous occuper, je dirais, d’un ou deux sites », a déclaré le dirigeant américain samedi à des journalistes dans sa résidence en Floride. « Vous pourriez probablement regarder du côté de Pickaxe Mountain, et il faut s’en occuper. Nous pouvons faire tout cela très rapidement ».
Situé à proximité du site d’enrichissement d’uranium de Natanz, à 250 km au sud de Téhéran, le mont Kolang est soupçonné d’abriter un complexe nucléaire souterrain selon les services de renseignement américains. Donald Trump avait déjà menacé de le bombarder fin juillet.
Le pouvoir iranien rejette ces allégations, tout comme il dément vouloir se doter de l’arme atomique, défendant son droit au nucléaire civil.
À l’issue des législatives cette semaine en Israël, le premier ministre sortant Benyamin Nétanyahou avait lui aussi évoqué « une opportunité historique unique » d’« éliminer définitivement la menace existentielle » de l’Iran, son ennemi juré.
Prêts « au pire »
Face à ces menaces, le guide suprême Mojtaba Khamenei, qui a succédé en mars à son père, a mis en garde samedi contre « une riposte immédiate, puissante et sans limite géographique ».
L’ayatollah, resté invisible depuis sa nomination, a aussi ordonné aux responsables militaires de mettre à jour la liste des cibles pour y inclure « tous les types d’actifs matériels et immatériels appartenant à l’ennemi américano-sioniste ».Des avertissements réitérés dimanche par le ministre de la Défense et les Gardiens de la révolution, puissante armée de la République islamique.
L’Iran a déjà menacé de s’en prendre aux centres de données et systèmes d’intelligence artificielle, ainsi qu’aux câbles sous-marins dans le stratégique détroit d’Ormuz, au cœur du conflit.
Alors que des tractations sont en cours sous l’égide du médiateur qatari et que l’Iran a salué le « changement de ton » dont témoigne une lettre du vice-président américain J.D. Vance, les Émirats arabes unis ont dit espérer une percée diplomatique.
« Il n’est pas dans l’intérêt de la région […] de connaître un nouveau cycle de confrontation. Mais comme nous l’avons déjà montré par le passé, nous sommes également prêts à faire face au pire », a souligné le conseiller diplomatique du président émirati Anwar Gargash, lors d’une conférence organisée à Manama, la capitale de Bahreïn.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
