Zelensky menace de frapper le Kremlin, la Russie répond

Le porte-parole de la présidence russe a jugé vendredi “irresponsable” les “menaces” de frappes contre le Kremlin formulées par le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une interview diffusée la veille. Le dirigeant ukrainien “balance des menaces à tout va, ce qui paraît assez irresponsable”, a réagi Dmitri Peskov, questionné à ce sujet lors de son briefing quotidien auquel participait notamment l’AFP. 

Volodymyr Zelensky a déclaré, dans une interview avec un journaliste du média américain Axios diffusée jeudi, qui lui demandait si les employés du Kremlin “devaient s’assurer qu’ils savaient où se trouvaient les abris antiaériens”, que les responsables russes pourraient effectivement avoir besoin de “leurs abris antiaériens” s’ils ne mettaient pas fin au conflit débuté avec l’assaut russe en Ukraine en 2022. 

Un missile russe a endommagé début septembre le siège du gouvernement ukrainien à Kiev, situé à des centaines de kilomètres du front, selon les autorités ukrainiennes

L’Ukraine soupçonne la Hongrie de vols de drones de reconnaissance dans son espace aérien, affirme Volodymyr Zelensky. “Les forces ukrainiennes ont enregistré des violations de notre espace aérien par des drones de reconnaissance, qui sont probablement hongrois”, déclare-t-il.

Les 27 ont commencé à discuter vendredi d’une proposition d’accorder un emprunt de quelque 140 milliards d’euros à l’Ukraine en ayant recours aux avoirs russes immobilisés par l’Union européenne après l’invasion de l’Ukraine en février 2022, ont indiqué des diplomates.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait lancé cette idée, lors d’un discours le 10 septembre, d’un prêt en faveur de l’Ukraine qui ne serait remboursé que si la Russie lui verse des réparations de guerre.

Avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche et la fin du soutien financier américain à l’Ukraine, l’UE cherche de nouvelles sources de financement pour continuer à aider Kiev, au moment où les perspectives de paix s’éloignent. 

Quelque 210 milliards d’euros d’avoirs de la banque centrale russe sont immobilisés dans l’UE, et une grande partie de ces avoirs, soit quelque 185 milliards d’euros sont ou vont arriver à maturité cette année. Ils sont donc disponibles sous forme liquide, a expliqué la Commission dans un document remis aux 27, dont l’AFP a obtenu une copie.

Les troupes russes utilisent une nouvelle stratégie consistant à mener de nombreux assauts avec de très petits groupes de soldats afin de pénétrer les défenses ukrainiennes en utilisant moins d’hommes, a affirmé le commandant en chef des armées ukrainiennes, Oleksandre Syrsky.

“Depuis le début de l’été, les tactiques de l’ennemi ont changé”, a-t-il dit à un groupe de journalistes, dont l’AFP jeudi, ses commentaires étant placés sous embargo jusqu’à vendredi. Leur nouvelle stratégie, utilisée sur le front Est, consiste à utiliser “un grand nombre de petits groupes d’assaut” de 4 à 6 soldats chargés d’avancer aussi loin que possible sans être repérés, a-t-il expliqué.

Objectif: “paralyser” la logistique ukrainienne et “conquérir des territoires sans utiliser un grand nombre de soldats”, a estimé le général Syrsky.

Cette stratégie sert aussi, selon lui, à “déclarer leur présence” et planter leur drapeau, revendiquant ainsi des avancées même si elles ne sont le fait que d’un petit groupe.

Violations de l’espace aérien de l’Otan : le Kremlin juge “dangereuse” l’idée d’abattre des avions russes. Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a critiqué “des déclarations irresponsables sur la nécessité d’abattre des avions russes, qui sont, au minimum, imprudentes, irresponsables et entraînent des conséquences dangereuses”, dans une interview accordée à la télévision d’État russe.

La Russie est responsable de “graves violations” du droit international contre les prisonniers de guerre ukrainiens pouvant “constituer des crimes de guerre et, dans certains cas, peut-être des crimes contre l’humanité”, selon un rapport de l’OSCE publié jeudi.

Les atteintes “généralisées et systématiques” consistent, entre autres, en “des actes de torture” et peuvent aller jusqu’à des “exécutions arbitraires”, souvent après reddition, selon l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Les soldats, mais aussi les résistants, les miliciens, les correspondants de guerre et tout civil prenant les armes en cas d’invasion peuvent revendiquer le statut de prisonnier de guerre, selon les engagements pris par la Russie devant la justice internationale. Ce statut protège les belligérants détenus des mauvais traitements et des condamnations pénales pour leur participation aux hostilités. 

Mais la Russie “refuse systématiquement” aux membres des forces armées ukrainiennes le statut de prisonnier de guerre, les désignant plutôt comme des “personnes détenues pour s’être opposées à l’opération militaire spéciale”, déplore l’OSCE.

Emmanuel Macron estime que le président américain Donald Trump est désormais “plus proche qu’il ne l’a jamais été” de l’Ukraine et espère que cela va aider à “accroître la pression” sur la Russie.

“Il a vu l’esprit de sérieux des Européens et leur engagement (…). Il a vu aussi l’héroïsme des Ukrainiens, de leur armée et leur capacité à résister”, a déclaré le président français dans un entretien avec la chaîne saoudienne Al-Arabiya.

Et “dans ce contexte”, il est “je crois, plus proche de l’Ukraine, des Européens, qu’il ne l’a jamais été”, a-t-il ajouté. “Et j’espère que cela va accroître la pression sur la Russie et l’inciter à cesser les combats, à revenir aux négociations et à bâtir un futur possible pour eux et pour nous tous”, a-t-il encore souligné.

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