Développement endogène: la Banque Mondiale s’aligne sur la vision du Président du Faso

Dakar,02 AOUT 2025(JVFE)-Le Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a reçu en audience, ce vendredi 1er août 2025, le Représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, M. Kamil Hamoud ABDEL WEDOUD.

Le Burkina Faso est un pays du Sahel à faible revenu et aux ressources naturelles limitées. Son économie repose sur l’agriculture et la production minière, en particulier celle de l’or. Plus de 40 % de sa population vit en dessous du seuil national de pauvreté. Le rapport 2023-2024 de l’indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), classe le Burkina Faso au 185e rang sur 193 pays. 

Situation politique  

Après le coup d’État du 30 septembre 2022 qui a renversé le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, le capitaine Ibrahim Traoré a été investi comme nouveau président de transition le 21 octobre 2022. La Charte de la transition a été modifiée et adoptée le 25 mai 2024. Selon le nouveau texte, la durée de la transition est prolongée de cinq ans, à compter du 2 juillet 2024. 

Depuis 2015, le Burkina est la cible d’attaques terroristes qui provoquent des déplacements de population. Alors qu’il comptait moins de 50 000 personnes déplacées internes (PDI) en janvier 2019, le pays en a recensé 2,01 millions au 30 mars 2023 (dernier recensement en date), selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies. 

Les secteurs de la santé et de l’éducation ont été fortement impactés. En décembre 2024, 424 établissements de santé, soit un peu plus de 20 %, ont été touchés, limitant ainsi l’accès aux soins pour environ 4 millions de personnes.  En outre, à la date du 31 mars 2024, 5 319 écoles primaires et secondaires ont été fermées, représentant 20,45 % des infrastructures scolaires. Cette situation a affecté 818 149 élèves, dont 394 293 filles. 

Le Burkina, le Mali et le Niger ont créé, le 16 septembre 2023 l’Alliance des États du Sahel (AES) afin de mutualiser leurs efforts contre le terrorisme. Ces pays ont, par ailleurs, décidé de quitter la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) le 28 janvier 2024, invoquant notamment un manque de solidarité dans leur lutte contre le terrorisme. En mars 2025, les trois pays ont annoncé leur retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

L’économie en bref    

La croissance du PIB est estimée à 4 % en 2024 (soit 1,7 % par habitant), soutenue par le secteur des services et celui de l’agriculture. Le secteur des services a été le principal moteur de la croissance, contribuant à hauteur de 2,6 points de pourcentage (pp) à la croissance globale du PIB, en raison d’une forte progression des services d’administration publique, du commerce de détail, des échanges et des services de réparation. L’agriculture a contribué à hauteur de 1,6 pp à la croissance du PIB, grâce à des conditions climatiques favorables, à l’extension des surfaces cultivées, au développement des bas-fonds pour la riziculture, au retour de certains cultivateurs dans des zones préalablement occupées et au soutien actif du gouvernement. 

Cependant, le secteur secondaire a contribué négativement à la croissance, en raison de la baisse de la production aurifère, due à la fermeture de la mine de Boungou et à la réduction de la production dans d’autres mines pour des raisons sécuritaires et logistiques.

Après une baisse significative de l’inflation en 2023 (0,7 %), celle-ci a bondi en 2024, atteignant 4,2 %, en raison des contraintes logistiques générées par l’insécurité et de la spéculation sur les prix, induites par le retard du début de la saison des pluies. Malgré ce niveau d’inflation, la forte croissance des secteurs agricole et des services a entraîné une baisse du taux d’extrême pauvreté de 1,8 pp, atteignant 24,9 %.

Le déficit budgétaire s’est amélioré, passant de 6,5 % du PIB en 2023 à 5,6 % en 2024, grâce à une réduction des dépenses et à une mobilisation robuste des recettes. Ce déficit sera principalement financé par des emprunts sur le marché régional, où le Burkina Faso fait face à une hausse significative des taux d’intérêt, dépassant 9 % pour les bons du Trésor à 12 mois. Bien que le refinancement de la dette soit élevé, le risque de surendettement reste modéré.

Perspectives à moyen terme

Dans l’hypothèse d’une amélioration de la sécurité, de conditions climatiques favorables ainsi que d’un environnement politique stable, la croissance devrait atteindre 5 % d’ici 2027. La production minière devrait augmenter et la croissance des secteurs agricoles et des services devrait rester robuste.

Le gouvernement reste engagé dans une politique de consolidation budgétaire, bien que les besoins de dépenses demeurent élevés. La dette publique, en pourcentage du PIB, devrait diminuer progressivement jusqu’en 2027. Le taux d’inflation devrait baisser en accord avec la résilience du secteur agricole et se conformer à la fourchette cible de l’Union économique des États de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) à partir de 2025. Les prévisions de croissance modérée et la baisse attendue de l’inflation devraient permettre une baisse progressive de la pauvreté d’environ 1 pp par an jusqu’en 2027.

Les perspectives économiques sont exposées à d’importants risques, notamment la détérioration de la situation sécuritaire, les chocs climatiques, les difficultés de refinancement de la dette, les défis dans le secteur financier ainsi que la fragmentation régionale. À l’inverse, les réformes visant à mobiliser les ressources et à améliorer le climat des affaires, notamment dans le secteur de l’énergie, pourraient stimuler le potentiel de croissance..

Selon la Note sur la situation économique du Burkina Faso de la Banque mondiale d’avril 2025, l’économie du pays a enregistré une croissance de 4,9 % en 2024 contre 3 % en 2023. Le taux de croissance réel du PIB par tête a également progressé de 0,7 % à 2,5 % sur la même période.

Cette accélération est attribuée principalement à la performance des services et de l’agriculture, soutenus par une amélioration de la situation sécuritaire, des conditions météorologiques favorables ainsi qu’un appui renforcé du gouvernement au secteur agricole.

L’inflation a connu une hausse en 2024, atteignant 4,2 %, contre 0,7 % en 2023 et qui est due à la flambée des prix des denrées alimentaires, elle-même provoquée par la spéculation sur les marchés en lien avec un démarrage tardif de la saison des pluies.

Malgré cette dynamique inflationniste, la forte croissance des secteurs agricole et des services en 2024 a permis une réduction du taux d’extrême pauvreté de 3 points de pourcentage, s’établissant à 23,2 %, avec une baisse plus marquée en milieu rural. Toutefois, le nombre absolu de personnes vivant dans la pauvreté demeure élevé, dépassant les 5,5 millions d’individus.

Le rapport note également une baisse des déficits jumeaux (budgétaire et du compte courant) en 2024. Le déficit budgétaire s’est amélioré en 2024, passant de 6,5 % à 5,6 % du PIB, grâce à la meilleure maîtrise des dépenses publiques et à une mobilisation accrue des recettes.

Parallèlement, le déficit du compte courant, s’est également amélioré passant de 8 % du PIB en 2023 à 6,4 % en 2024, en raison de la hausse des prix de l’or qui ont boosté la valeur des exportations. Toutefois, le financement de ce déficit s’est en grande partie appuyé sur les marchés régionaux, dans un contexte marqué par une hausse des taux d’intérêt.

Le rapport souligne que les perspectives à court et moyen terme restent positives mais soumises à de multiples risques tels que l’insécurité, les chocs climatiques, le refinancement de la dette et les défis dans le secteur financier.

En supposant une atténuation de ces risques, la croissance devrait se consolider à 5 % à moyen terme, portée par un secteur tertiaire dynamique, une reprise attendue du secteur secondaire, notamment grâce à l’amélioration de l’accès à l’énergie, et des conditions météorologiques moyennes favorables à l’activité agricole.

L’inflation, quant à elle, devrait progressivement se stabiliser dans la fourchette cible de l’UEMOA. Ces perspectives, combinées à la poursuite de la consolidation budgétaire, devraient permettre une réduction continue mais modérée de la pauvreté, estimée à environ 1 point de pourcentage par an.

Concernant l’économie dans son ensemble, Daniel Pajank et Ibrahim Nana, co-auteurs du rapport, appellent à « renforcer la mobilisation et l’efficacité des ressources publiques, notamment par la modernisation continue de l’administration fiscale, l’élargissement de l’assiette fiscale et une optimisation des dépenses publiques, tout en améliorant la gestion de la dette et en mobilisant davantage de financements concessionnels. »

La note analytique consacrée à l’énergie au service de la croissance économique propose une évaluation approfondie du secteur de l’électricité au Burkina Faso et formule des recommandations concrètes pour atteindre les objectifs fixés dans la stratégie nationale d’électrification. Il souligne le rôle clé de l’énergie dans la transformation économique du pays. Comme le souligne Hamoud Abdel Wedoud Kamil, représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, « une électricité abordable, fiable et durable est essentielle pour améliorer la productivité dans l’agriculture, soutenir la croissance des services et relancer le secteur industriel ».

Malgré les efforts engagés, l’accès à l’électricité demeure limité au Burkina Faso avec un taux bien en dessous de la moyenne régionale. Cette situation constitue un frein majeur à une croissance inclusive et réduit les opportunités économiques pour une large partie de la population, en particulier en milieu rural.

Ainsi les co-auteures du chapitre dédié au secteur de l’énergie, Regina Nesiama Miller et Adwoa Asantewaa, soulignent qu’« une réforme ambitieuse du secteur, incluant une tarification fondée sur les coûts de la production de l’électricité et l’expansion de l’accès hors réseau, serait essentielle pour réduire les vulnérabilités et garantir une croissance inclusive ».

Finalement, le rapport recommande de s’attaquer aux contraintes structurelles qui freinent la transformation économique du pays, en particulier dans le secteur de l’électricité encore marqué par des coûts de production parmi les plus élevés de la région et une forte dépendance aux combustibles importés.

Le Burkina Faso va abriter un forum sur l’eau et la sècheresse en septembre 2025. En prélude à cette activité organisée par la Banque mondiale, son Représentant résident au Burkina Faso, M. Kamil Hamoud ABDEL WEDOUD est venu porter l’information au Président du Faso et lui faire le point des préparatifs.

Kamil Hamoud ABDEL WEDOUD a également annoncé au Chef de l’État, l’intention de la Banque mondiale de mettre en place un centre de référence pour l’eau et la sécheresse au Burkina Faso. Ce centre, deuxième du genre au monde après celui du Singapour, va servir de référence pour toute l’Afrique.

La Banque mondiale, selon son Représentant résident, épouse et soutient la vision de développement endogène du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ. Ainsi M. ABDEL WEDOUD, dit avoir également échangé avec le Chef de l’État burkinabè sur « nos interventions au Burkina Faso, notre accompagnement de sa vision pour le développement du pays et des initiatives qui sont lancées ».

Il affirme que les initiatives du Capitaine Ibrahim TRAORÉ dans les secteurs comme la santé, l’éducation, l’agriculture, l’énergie correspondent à la fois à l’approche et à la politique de la Banque mondiale. « Nous sommes là et nous continuerons à appuyer le Burkina Faso dans sa vision et son approche de développement endogène qu’il met en place », soutient M. Kamil Hamoud ABDEL WEDOUD.

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