Dakar,17 aout 2025(JVFE)-Antananarivo accueille ce dimanche 17 août le 45ᵉ sommet des Chefs d’État et de gouvernement de la SADC, la Communauté de développement de l’Afrique australe. Presque tous les dirigeants des 16 pays membres sont attendus. Le Président congolais Félix Tshisekedi a en revanche annulé sa venue en dernière minute, officiellement pour « des raisons d’agenda ». La guerre dans l’est de la République Démocratique du Congo devrait pourtant figurer au menu des discussions. La SADC compte-t-elle prendre de nouvelles initiatives sur le dossier congolais après que les efforts de médiation régionale ont été relégués au second plan par les processus de Washington et de Doha ? Les analystes divergent sur la question.
Le 45e SOMMET ORDINAIRE DES CHEFS D’ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT DE LA SADC se tiendra cette année à ANTANANARIVO, RÉPUBLIQUE DE MADAGASCAR sous le THÈME : Faire progresser l’industrialisation, la transformation agricole et l’énergie le 17 AOÛT 2025.

Pas moins de seize délégations sont attendues, provenant d’autant de pays membres de l’organisation panafricaine créée en 1980 : Afrique du Sud, Angola, Botswana, Comores, République démocratique du Congo, Mozambique, Tanzanie, Zimbabwe, etc. Point d’orgue de la séquence diplomatique, la réunion de dimanche devrait entériner une série de décisions visant à raffermir la coopération régionale.
Pour stimuler l’industrialisation, la transformation agricole et, il est crucial de mettre en œuvre des politiques ciblées qui favorisent l’investissement, l’innovation et le développement du capital humain dans ces secteurs clés. Ceci implique d’améliorer les infrastructures, de soutenir l’innovation, de renforcer la formation professionnelle, d’offrir des incitations fiscales et réglementaires, et de promouvoir les partenariats public-privé.
Le Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la SADC est l’institution suprême de décision politique de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Les dirigeants des États membres s’y réunissent chaque année pour définir les orientations générales et contrôler le fonctionnement de la Communauté. Ces sommets sont essentiels pour débattre des enjeux régionaux, prendre des décisions et fournir des orientations politiques aux institutions de la SADC.
Le 45e Sommet de la SADC à Madagascar a mis l’accent sur la promotion de l’industrialisation, de la transformation agricole et de la transition énergétique pour une SADC plus résiliente. Le thème du sommet, “Faire progresser l’industrialisation, la transformation agricole et la transition énergétique pour une SADC résiliente”, reflète la stratégie et la feuille de route de l’organisation pour l’industrialisation (SISR) 2015-2063, qui met l’accent sur ces trois piliers.
Points clés abordés lors du Sommet:
- Industrialisation:
L’accent a été mis sur l’accélération des investissements dans une agro-industrie intelligente face au climat, le renforcement de la production locale d’équipements solaires et la structuration de chaînes de valeur autour des minéraux critiques.
- Transformation agricole:
La transformation agricole est jugée urgente pour assurer la sécurité alimentaire et stimuler la croissance dans la région. Le secteur agricole représente 33% du PIB régional et est la principale source de revenus pour 62% de la population.
- Transition énergétique:
Il est question d’investir dans les énergies renouvelables, la fabrication locale et les pôles d’innovation pour une transition énergétique réussie.
- Économie circulaire et tourisme:
L’économie circulaire a été identifiée comme un levier de transformation industrielle. Le tourisme, ainsi que l’économie de la faune sauvage, ont été reconnus comme des moteurs complémentaires de croissance.
- Renforcement des MPME:
Il y a un appel à renforcer les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) par des mesures concrètes telles que le soutien à la formalisation, des programmes de développement des fournisseurs, l’accès au financement et l’insertion dans des chaînes de valeur structurées.
Objectifs de la SADC:
La Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) vise à promouvoir le développement économique, la paix, la sécurité, la croissance, la réduction de la pauvreté et l’intégration régionale. Elle cherche à améliorer le niveau et la qualité de vie des populations d’Afrique australe, notamment celles socialement défavorisées, en favorisant une coopération et une intégration plus approfondies, une bonne gouvernance, ainsi qu’une paix et une sécurité durables.
En résumé, le 45e Sommet de la SADC met en lumière la volonté de la région de transformer son économie grâce à l’industrialisation, à la transformation agricole et à la transition énergétique, tout en renforçant les capacités locales et en favorisant une intégration régionale accrue.
À la croisée des routes maritimes de l’océan Indien et des dynamiques économiques d’Afrique australe, Madagascar s’apprête à présider pour la première fois la SADC. Avec un marché de 380 millions de consommateurs et un PIB cumulé dépassant 750 milliards USD, ce bloc régional est l’un des plus influents du continent. Le sommet d’Antananarivo est plus qu’un événement diplomatique: c’est une vitrine pour attirer investissements et partenariats. (Photo de famille lors du 44e Sommet de la SADC à Harare, Zimbabwe, l’année dernière.)
Ne manquez pas, dans JVFE de ce samedi, notre Cahier spécial consacré au 45ᵉ Sommet de la SADC à Antananarivo : un supplément de 16 pages qui éclaire les enjeux stratégiques pour Madagascar et la région, revient sur vingt ans d’histoire et présente les potentiels économiques des pays membres.
Les enjeux stratégiques pour Madagascar et la région incluent la sécurité, le développement économique durable, la protection de l’environnement, et la coopération régionale. Ces enjeux sont interdépendants et nécessitent une approche holistique pour assurer la prospérité et la stabilité de l’île et de son environnement.
1. Sécurité:
- Lutte contre la corruption et l’impunité:
Madagascar doit renforcer la bonne gouvernance, lutter contre la corruption et l’impunité pour instaurer un climat de confiance propice au développement.
- Sécurité publique:
La précarité des conditions de sécurité dans les principales agglomérations, avec une augmentation de la délinquance, nécessite des mesures urgentes pour rétablir la sécurité publique et la confiance des citoyens.
- Sécurité maritime:
Madagascar, située à proximité du canal du Mozambique, doit renforcer la sécurité maritime pour lutter contre la piraterie et les trafics illicites, qui constituent des menaces pour le commerce international et la stabilité régionale.
2. Développement économique durable:
- Diversification économique:
Madagascar doit diversifier son économie, notamment en développant le tourisme, l’agriculture, et les industries extractives de manière durable.
- Accès au financement:
Il est crucial de faciliter l’accès au financement pour les agriculteurs et les petites entreprises, afin de stimuler l’entrepreneuriat et la création d’emplois.
- Infrastructures:
L’amélioration des infrastructures de transport, d’énergie et de communication est essentielle pour soutenir la croissance économique et améliorer la qualité de vie.
- Transition énergétique:
Madagascar possède des ressources naturelles importantes, notamment des minerais critiques pour la transition énergétique mondiale. La gestion de ces ressources de manière durable est un enjeu majeur.
3. Protection de l’environnement:
- Lutte contre la déforestation:
La déforestation et la dégradation des forêts sont des menaces importantes pour les écosystèmes de Madagascar. Il est essentiel de mettre en œuvre des initiatives de restauration et de protection des forêts.
- Conservation de la biodiversité:
Madagascar est un hotspot de biodiversité. La conservation de la biodiversité et la gestion durable des aires protégées sont cruciales.
- Changement climatique:
Madagascar est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique. Il est nécessaire de renforcer la résilience des populations et des écosystèmes face à ces défis.
4. Coopération régionale:
- Intégration régionale:
Madagascar doit renforcer sa coopération avec les pays de la région, notamment dans le cadre de la Commission de l’océan Indien (COI).
- Coopération en matière de sécurité maritime:
La coopération régionale est essentielle pour lutter contre la piraterie et les trafics illicites dans le canal du Mozambique et l’océan Indien.
- Partenariats de développement:
Les partenariats avec des pays et des organisations internationales sont importants pour soutenir le développement de Madagascar et de la région.
En conclusion, Madagascar et la région de l’océan Indien font face à des défis complexes. Une approche holistique, combinant sécurité, développement économique durable, protection de l’environnement et coopération régionale, est nécessaire pour assurer un avenir prospère et durable pour tous.
Le PIB de la SADC (Communauté de Développement d’Afrique Australe) était estimé à environ 600 milliards de dollars américains en 2023. La SADC compte environ 360 millions d’habitants.
En comparaison, le PIB de l’EAC (Communauté d’Afrique de l’Est) était d’environ 200 milliards de dollars en 2023, avec une population d’environ 180 millions d’habitants, selon Capmad.com. Ensemble, ces deux régions représentent près de 50% de la population totale de l’Afrique.
Le commerce intra-régional de la SADC était d’environ 25% de son commerce total en 2023, tandis que celui de l’EAC était d’environ 15%, indique Capmad.com. Cela montre un potentiel d’amélioration pour le renforcement des échanges commerciaux entre les pays membres.
Les besoins en infrastructures sont estimés à 100 milliards de dollars par an dans les deux régions, ce qui souligne un manque d’infrastructures adéquates qui entravent le commerce et le développement économique.
Le commerce intra-régional de la SADC était d’environ 25% de son commerce total en 2023, tandis que celui de l’EAC était d’environ 15%, indique Capmad.com. Cela montre un potentiel d’amélioration pour le renforcement des échanges commerciaux entre les pays membres.
Les besoins en infrastructures sont estimés à 100 milliards de dollars par an dans les deux régions, ce qui souligne un manque d’infrastructures adéquates qui entravent le commerce et le développement économique.
La balance commerciale de la SADC, la Communauté de développement d’Afrique australe, est un indicateur clé de l’intégration économique régionale. Elle mesure la différence entre les exportations et les importations de biens et de services entre les pays membres de la SADC. L’objectif de la SADC est de stimuler le commerce intra-régional et de réduire les déséquilibres commerciaux entre ses membres.
Points clés:
- Commerce intra-SADC:
Le commerce entre les pays de la SADC a considérablement augmenté depuis la mise en œuvre du protocole commercial de la SADC, mais il reste encore un potentiel de croissance.
- Facteurs influençant la balance commerciale:
Les taux de change, la compétitivité des entreprises, les accords de libre-échange, les droits de douane, les barrières non tarifaires et la délocalisation des entreprises sont des facteurs qui peuvent influencer la balance commerciale, selon Wikipédia.
- Déficit commercial de certains pays:
Certains pays de la SADC, comme Madagascar, ont une balance commerciale déficitaire, ce qui signifie qu’ils importent plus qu’ils n’exportent.
- Priorités de la SADC:
La SADC met l’accent sur le renforcement de l’industrialisation, la transformation agricole et la transition énergétique pour une région plus résiliente.
- Semaine SADC 2025:
L’événement “Semaine SADC 2025” à Madagascar mettra l’accent sur le renforcement des flux commerciaux intra-régionaux et la réduction des déséquilibres commerciaux.
En résumé: La balance commerciale de la SADC est un élément central de l’intégration économique régionale, et son amélioration est une priorité pour la communauté.
Fodé Cissé, Expert, Journaliste Spécialiste en Economie et Finances, Directeur de publication et Rédacteur en Chef du journal « JVFE »

