Le conseil d’administration du FMI conclut les entretiens de 2025 sur les politiques communes des États-membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine

Dakar,18 aout 2025(JVFE)-Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les entretiens annuels sur les politiques communes des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Les autorités ont consenti à la publication du rapport des services du FMI préparé pour ces entretiens.

La croissance économique reste vigoureuse dans l’UEMOA, avec des disparités entre les pays, et l’inflation a reflué. La croissance économique a dépassé 6 % en 2024, soit un taux proche de la moyenne de la décennie écoulée, même si les écarts de revenu par habitant entre les États membres ont continué à se creuser en raison de différences significatives en termes de croissance. Après s’être hissée au-dessus de l’objectif pendant la plus grande partie de 2024, l’inflation a aussi réintégré sa fourchette cible depuis novembre 2024, compte tenu de la détente de l’inflation alimentaire dans la région et d’une politique monétaire dûment stricte. Le système bancaire demeure résilient, même s’il conserve de fortes expositions aux Etats-membres de l’UEMOA.

Les avancées récentes sur le front de la réduction des déséquilibres extérieurs de l’UEMOA, en dépit d’écarts notables entre les États membres, favorisent un net redressement des réserves de change. Après un creusement sur la période 2021–23, le déficit des transactions courantes de l’UEMOA s’est considérablement réduit en 2024. La réponse de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) aux pressions sur les réserves de change, qui a consisté à resserrer la politique monétaire en relevant les taux et à contenir le volume des liquidités injectées dans le système bancaire régional, a aussi été globalement pertinente. Les réserves ont opéré un rebond fin 2024 et début 2025 et sont à nouveau supérieures aux niveaux minimums jugés satisfaisants principalement en raison des recettes exceptionnelles tirées de la récolte annuelle de cacao, des cours élevés des produits de base, de plusieurs décaissements du FMI et des exportations de nouvelles ressources en hydrocarbures au Niger et au Sénégal. La position extérieure de l’UEMOA est considérée comme ayant été légèrement plus fragile que les paramètres fondamentaux et les politiques souhaitables en 2024.

Les ratios d’endettement public ont augmenté de manière sensible et hétérogène ces dernières années du fait de lourds déficits budgétaires et d’ajustements stocks-flux. Les actuels progrès en matière d’assainissement des finances publiques dans l’ensemble de l’Union sont bienvenus, même s’ils sont plus lents que prévu, essentiellement en raison d’importantes révisions de données au Sénégal. La dette publique a continué à s’accroître en 2024 au-delà du niveau projeté au cours des précédents entretiens sur les politiques communes, avec de grandes disparités au sein de l’UEMOA (et notamment un endettement élevé au Sénégal). L’augmentation des émissions de titres publics se traduit par une plus forte dépendance à l’égard du financement sur le marché régional, qui se caractérise par une capacité d’absorption limitée et par des coûts relativement élevés, et pourrait faire peser un risque sur les réserves de change.

Évaluation par le conseil d’administration

Les administrateurs souscrivent à l’orientation générale de l’évaluation effectuée par les services du FMI. Ils se félicitent de la croissance solide enregistrée par l’UEMOA, du retour de l’inflation dans sa fourchette cible et des avancées en matière de réduction des déséquilibres budgétaires et extérieurs, tout en prenant aussi acte des disparités significatives entre pays-membres. Tout en soulignant que la région reste exposée à un large éventail de chocs, les administrateurs insistent sur l’importance de prendre des mesures prudentes pour garantir la stabilité macroéconomique et financière et de mener des réformes structurelles pour stimuler une croissance inclusive. Ils comptent sur la poursuite de l’appui du FMI à l’UEMOA et ses pays-membres, à travers des conseils adaptés ainsi qu’une assistance financière et au développement des capacités.

Les administrateurs soulignent l’importance d’un engagement à préserver la viabilité de la dette, qui repose sur des avancées en direction de l’assainissement des finances publiques, sur des mesures visant à contenir les ajustements stocks-flux générateurs d’endettement et sur une surveillance étroite de la capacité de financement de la région. Dans ce contexte, ils saluent la proposition de réintroduire le pacte de convergence de l’UEMOA, avec les anciens plafonds de déficit budgétaire et d’endettement public, et appellent de leurs vœux son adoption rapide avec une clause de sauvegarde bien conçue, ainsi qu’un mécanisme de correction et des mécanismes de mise en œuvre. La consolidation budgétaire devrait être axée sur la mobilisation des recettes afin de protéger les dépenses prioritaires. Les administrateurs soulignent aussi l’importance d’une communication transparente et rigoureuse des données budgétaires ainsi que d’une transparence accrue des données sur la dette.

Les administrateurs acquiescent l’orientation restrictive de la politique monétaire menée par la BCEAO, qui a permis de ramener l’inflation à l’intérieur de la fourchette cible et de soutenir les réserves de change. Ils conviennent que la politique monétaire doit continuer à être calibrée en fonction de l’évolution des réserves de change et de l’inflation, et qu’une orientation prudente reste de mise en attendant un rétablissement durable de l’adéquation des réserves.

Les administrateurs se félicitent de la résilience du système financier mais observent que l’interdépendance entre le système bancaire et les États-membres continue à faire peser des risques sur la stabilité financière. Ils encouragent l’adoption de mesures réglementaires macroprudentielles afin de modérer l’exposition aux risques souverains et d’exigences supplémentaires de fonds propres pour faire face au risque de concentration. Les administrateurs insistent sur l’importance de surveiller de près les indicateurs de solidité bancaire, de donner suite aux recommandations restantes du programme d’évaluation du secteur financier (PESF) pour renforcer la stabilité financière et l’approfondissement du système financier, et de prendre les mesures supplémentaires nécessaires pour faciliter la sortie des États-membres de l’UEMOA de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI).

Les administrateurs conviennent que la prospérité des pays de l’UEMOA dépendra des progrès réalisés en matière de cohésion politique, d’intégration économique et de renforcement du cadre institutionnel et des infrastructures au plan régional. Un projet de fonds de stabilisation pour venir en aide aux pays membres affectés par des chocs spécifiques pourrait manifester la solidarité régionale, mais il importerait d’éviter les risques de passifs conditionnels par effets de levier. Les administrateurs saluent les avancées concernant le nouveau système de paiement rapide, qui favoriserait l’efficience, l’inclusion et l’intégration régionale. Des mesures de diversification de l’économie et de renforcement de la résilience joueraient aussi un rôle important.

Les vues exprimées aujourd’hui par les administrateurs feront partie des consultations au titre de l’article IV avec chacun des pays-membres qui se dérouleront jusqu’au prochain examen par le conseil d’administration des politiques communes de l’UEMOA. Les prochains entretiens avec les autorités régionales de l’UEMOA devraient se dérouler selon le cycle habituel de 12 mois.

L’évaluation de l’orientation de la politique budgétaire par le FMI implique d’analyser comment les politiques budgétaires d’un pays contribuent à la stabilité macroéconomique et à la croissance durable. Cela inclut l’évaluation des recettes, des dépenses, des cadres budgétaires, de la viabilité des finances publiques, et de l’impact des politiques sur la demande globale, les taux de croissance, et la politique monétaire. 

Voici les points clés de cette évaluation :

1. L’Orientation de la Politique Budgétaire:

  • Le FMI examine si la politique budgétaire est restrictive (réduction des dépenses ou augmentation des impôts), expansionniste (augmentation des dépenses ou réduction des impôts) ou neutre. 
  • Cette orientation est évaluée en fonction des objectifs macroéconomiques du pays, tels que la stabilité des prix, la croissance économique, et la réduction du chômage. 

2. Indicateurs Clés:

  • Solde budgétaire global:

Le solde budgétaire (déficit ou excédent) est un indicateur important, mais son interprétation doit être nuancée. 

  • Dette publique:

L’évolution de la dette publique est surveillée de près pour évaluer la viabilité des finances publiques. 

  • Épargne et investissement publics:

L’évaluation prend en compte les décisions en matière d’épargne et d’investissement de l’État. 

  • Multiplicateurs budgétaires:

Le FMI analyse l’impact des mesures budgétaires sur la croissance économique, en utilisant des multiplicateurs budgétaires. 

  • Cadres budgétaires et règles:

L’évaluation porte sur la qualité des cadres budgétaires à moyen terme et sur les règles budgétaires en vigueur. 

3. Analyse de la Viabilité de la Dette:

  • Le FMI évalue si la dette publique est soutenable à long terme. 
  • Cela implique d’analyser les risques de soutenabilité de la dette, en particulier dans des scénarios défavorables. 

4. Transparence et Gouvernance Budgétaire:

  • Le FMI encourage la transparence des finances publiques et une bonne gouvernance budgétaire.
  • Cela inclut une meilleure divulgation des informations sur les risques budgétaires et une gestion efficace de ces risques. 

5. Exemples d’Évaluation:

  • En France, le FMI a récemment évalué la politique budgétaire dans le cadre de sa mission de 2025 au titre de l’article IV, soulignant la nécessité de réduire la dette tout en recentrant les priorités de dépenses selon le FMI. 
  • Le FMI a également évalué la politique budgétaire de l’UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest Africaine), en soulignant la nécessité de préserver la viabilité de la dette et de promouvoir l’intégration régionale selon le FMI. 

En résumé, l’évaluation de l’orientation de la politique budgétaire par le FMI est une analyse complexe qui prend en compte de nombreux facteurs pour s’assurer que les politiques budgétaires d’un pays contribuent à la stabilité et à la croissance durable

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