Le mercredi 30 avril, lors du Conseil des ministres, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye , a lancé un appel à la révision des politiques d’emploi des jeunes. Dans un pays où, selon l’OIT, près de 96,4 % de la population active évoluait encore dans l’économie informelle en 2022, le président plaide pour une nouvelle gouvernance fondée sur l’efficacité, la transparence et un meilleur accompagnement des porteurs de projets.
Pour concrétiser cette vision, il propose une série de réformes comprenant l’audit des structures publiques d’emploi, la révision du 3FPT (Fonds de financement de la formation professionnelle et technique) et du PF2E (Programme de Formation École-Entreprise), ainsi que la refonte de la Convention État-Employeurs. Il appelle aussi à renforcer les outils de financement publics et à améliorer l’environnement des affaires. L’objectif affiché est de favoriser une transition progressive vers un marché du travail plus structuré.
Ce plaidoyer intervient dans un contexte social tendu. Au troisième trimestre 2024, le taux de chômage élargi atteignait 20,3 %, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Les femmes sont particulièrement touchées (32,9 % contre 11,8 % pour les hommes), tout comme les zones rurales (21,9 %). De plus, 34,1 % des jeunes de 15 à 24 ans étaient inactifs, notamment dans les zones agricoles.
Ce déséquilibre territorial et de genre renforce l’urgence d’une politique d’emploi plus ciblée. Le président entend ainsi mettre l’accent sur l’employabilité, la formation professionnelle et le soutien à l’auto-emploi, dans une logique de cohérence avec l’agenda national de transformation « Sénégal 2050 ».
Bien que les intentions présidentielles soient claires, leur mise en œuvre reste un défi. Elle suppose une mobilisation budgétaire adaptée, une coordination entre ministères, et l’adhésion du secteur privé. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de rationaliser les interventions de l’État et d’aligner les ressources sur les priorités stratégiques du pays.
Reste à savoir si cette dynamique se traduira sur le terrain. La jeunesse, qui représente près de 60 % de la population, attend des résultats concrets. À l’échelle régionale, d’autres pays africains observent aussi cette réforme avec intérêt, alors que la question de l’emploi des jeunes reste un défi central pour le continent.
Le ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les institutions, Abass Fall, a présidé ce Jeudi la réunion du comité de pilotage du projet d’Appui à l’amélioration du dispositif d’insertion des jeunes femmes et hommes et à la formalisation des entreprises au Sénégal (Adijefe). Cette initiative s’inscrit dans une volonté gouvernementale de structurer une véritable politique nationale de l’emploi.
L’emploi des jeunes constitue un défi majeur pour le Sénégal. Selon les données du quatrième trimestre 2024, le taux de chômage des personnes âgées de 15 ans et plus s’élève à 20,3 %, avec un impact encore plus marqué sur les jeunes sans emploi, sans éducation ni formation, qui représentent 34,1 % de cette tranche. Face à cette réalité, le gouvernement entend renforcer les dispositifs existants pour favoriser l’insertion professionnelle et la création d’emplois décents.
« Nous avons trouvé en place de nombreux projets et programmes que nous mettons en cohérence afin de bâtir une véritable politique nationale de l’emploi », a déclaré Abass Fall. Il a précisé que cette orientation s’aligne sur les directives du Président de la République, qui a instruit la mise en place d’un cadre structurant pour une meilleure prise en charge des défis liés à l’emploi.
Le projet Adijefe s’inscrit pleinement dans les priorités définies par la Vision Sénégal 2050. Il vise à établir une nouvelle convention État-employeur et à opérationnaliser le statut de l’entreprenant. « L’objectif est de promouvoir un marché du travail plus inclusif et d’encourager la formalisation des entreprises afin de garantir aux travailleurs des conditions dignes », a souligné le ministre.
Dans cette optique, une révision de la convention nationale État-employeur, qui date de 1985, est en cours. « Plusieurs recommandations ont été formulées pour moderniser cette convention et l’adapter aux exigences actuelles du marché du travail », a précisé Abass Fall.
Le gouvernement ambitionne ainsi de mettre en place un cadre réglementaire rénové, favorisant une insertion professionnelle accrue et le développement d’emplois décents pour les jeunes, les femmes et les hommes du Sénégal.

