En direct, Moyen-Orient :La réponse des États arabes aux frappes israéliennes sur Doha a été principalement une explosion de colère

Dakar,16 Septembre 2025(JVFE)-Le 15 septembre, les dirigeants des pays arabes et musulmans se sont réunis à Doha pour condamner la récente attaque israélienne contre la capitale qatarie. Parmi les participants figurait Masoud Pezeshkian, le président iranien. « Israël frappe où il veut et fait ce qu’il veut », a-t-il déclaré. Peu importe que, trois mois plus tôt, l’Iran ait lancé sa propre salve de missiles balistiques sur le Qatar : les violations de souveraineté ne sont mauvaises que lorsqu’elles sont commises par un autre pays.

Les dirigeants arabes et musulmans veulent «revoir» leurs liens avec Israël.

L’émir du Qatar rallie les dirigeants des pays arabes lors d’un sommet à Doha, là où des responsables du Hamas ont été visés par un bombardement israélien la semaine dernière. Avant de se rendre au Qatar, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, en visite en Israël, a promis lundi que Washington apporterait un «soutien indéfectible» à l’Etat hébreu

Israël parie sur la décapitation du Hamas au Qatar, choquant le Golfe

Les frappes aériennes sur Doha étendent encore davantage les guerres au Moyen-Orient

Depuis le massacre du 7 octobre 2023, Israël s’en est pris au Hamas à travers le Moyen-Orient. Il a assassiné des membres du groupe militant palestinien à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Syrie et en Iran. Mais il s’est abstenu de les poursuivre au Qatar . Bien que ce petit émirat du Golfe abrite depuis longtemps les dirigeants du groupe, il est un proche allié des États-Unis ; il a également été le principal lieu de négociation de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. L’attaquer était aller trop loin.

Le 23 juin, l’Iran a tiré une salve de 14 projectiles sur la base aérienne d’al-Udeid au Qatar, qui sert de quartier général régional au commandement central américain. Ce barrage était la première mesure de représailles de l’Iran contre les frappes américaines, la veille, contre des installations nucléaires iraniennes . Il visait clairement à éviter des pertes et ainsi permettre à Donald Trump, le président américain, d’éviter toute nouvelle riposte .

Après l’attaque, M. Trump a déclaré qu’il s’agissait d’une « réponse très faible », mais a ajouté : « Je tiens à remercier l’Iran de nous avoir prévenus si tôt » et « l’Iran peut peut-être maintenant conclure la paix ». Peu après, il a annoncé qu’Israël et l’Iran avaient convenu d’un cessez-le-feu qui entrerait en vigueur dans les prochaines heures. Les combats pourraient bientôt cesser, pour l’instant.

La ville de Gaza a été touchée par des bombardements forts et soutenus dans la nuit de lundi à mardi, ont indiqué plusieurs témoins à l’AFP, au lendemain d’une visite à Jérusalem du secrétaire d’Etat américain qui a réitéré l’appui des Etats-Unis à Israël.

«Il y a des bombardements massifs et incessants sur la ville de Gaza et le danger ne cesse d’augmenter», a déclaré à l’AFP Ahmed Ghazal, un habitant de cette zone. Cet homme de 25 ans a décrit une «explosion qui a violemment secoué le sol du quartier» peu après 01h00 locale mardi (minuit en Suisse). «J’ai couru dans la rue, sur le site de la frappe», «trois maisons» d’un bloc résidentiel «ont été complètement rasées». «De nombreuses personnes sont emprisonnées sous les débris et on peut entendre leurs cris.»

Le porte-parole de la Défense civile de la bande de Gaza, Mahmoud Bassal, a déclaré à l’AFP que «les bombardements se (poursuivaient) intensément dans toute la ville de Gaza», précisant que «le nombre de morts et de blessés (continuait) d’augmenter». «Il y a des morts, des blessés et des personnes disparues sous les décombres suite à des frappes aériennes israéliennes visant un bloc résidentiel près de la place Al-Shawa dans la ville de Gaza», a-t-il détaillé, évoquant «un massacre majeur».

La Défense civile avait fait état de 49 Palestiniens tués lundi, dont plus de la moitié à Gaza-ville, où l’armée a intensifié ses attaques avec l’objectif de s’en emparer.

Donald Trump a assuré lundi que le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou ne frapperait plus le Qatar, après l’attaque inédite menée par Israël la semaine dernière à Doha contre des chefs du Hamas.

“Il ne frappera pas au Qatar”, a déclaré le président américain à des journalistes dans le Bureau ovale, après le refus de M. Netanyahou d’exclure de nouvelles frappes lors d’une rencontre avec le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio à Jérusalem.

Les dirigeants arabes et musulmans réunis en sommet à Doha appellent lundi à «revoir» les liens avec Israël après l’attaque israélienne ayant ciblé des responsables du Hamas palestinien au Qatar la semaine dernière, selon un projet de communiqué consulté par l’AFP.

Selon le texte, ce sommet conjoint de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), exhorte «tous les États […] à revoir les relations diplomatiques et économiques avec Israël et à engager des poursuites à son encontre».

Les six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui se sont aussi réunies séparément à Doha, ont appelé lundi les États-Unis à «user de leur» influence pour contenir Israël. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio exprimera mardi, lors d’une visite au Qatar, le soutien de Washington à la souveraineté de ce pays du Golfe après l’attaque israélienne contre des dirigeants du Hamas qui s’y trouvaient, annonce lundi le département d’État.

Une experte des droits de l’homme de l’ONU dénonce lundi la complicité de «trop de pays» avec Israël dans la commission de ce qu’elle a à nouveau qualifié de «génocide» à Gaza, considérant qu’il s’agissait d’une «honte de notre époque».

«Beaucoup trop de pays continuent de regarder ailleurs, de banaliser la souffrance et même d’en profiter», déclare à des journalistes Francesca Albanese, rapporteuse des Nations unies pour la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés. «Le commerce des armes et l’engagement diplomatique au côté d’Israël continuent sans fléchir», ajoute-t-elle.

«Ce n’est pas seulement immoral, c’est illégal», souligne-t-elle, exigeant que «les personnes qui ont donné l’ordre de poursuivre le commerce et les transferts d’armes vers Israël soient tenues responsables». Cette experte de l’ONU est très critiquée par Israël et ses alliés pour ses critiques et sa dénonciation d’un «génocide» en cours à Gaza.

Visée par des sanctions américaines

Près de deux ans après le début de la guerre destructrice à Gaza, déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël le 7 octobre 2023, Francesca Albanese a énuméré une litanie d’horreurs commises dans le territoire palestinien frappé par la faim.

Si les données officielles du ministère de la Santé à Gaza, sous l’autorité du Hamas mais jugées fiables par l’ONU, font état d’environ 65 000 morts, Francesca Albanese a estimé que le bilan réel pourrait être dix fois plus élevé. Dans une décision sans précédent, Washington a frappé de sanctions la rapporteuse en juillet, qualifiant son travail de «biaisé et malveillant».

Les frappes israéliennes ayant ciblé des membres du Hamas au Qatar la semaine dernière visaient à faire dérailler les négociations sur Gaza, accuse lundi l’émir du Qatar, à l’ouverture d’un sommet exceptionnel des dirigeants arabes et musulmans organisé en réponse à cette attaque sans précédent.

Ce sommet conjoint de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) vise à hausser le ton face à Israël, après le bombardement mené à Doha, capitale du pays médiateur dans les négociations en vue d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

«Celui qui œuvre avec persistance et méthodologie à assassiner la partie avec laquelle il négocie, entend faire échouer les négociations […] les négociations, pour lui, ne sont qu’une partie de la guerre», déclare Cheikh Tamim ben Hamas Al-Thani, dans son discours d’ouverture.

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou «rêve que la région arabe devienne une sphère d’influence israélienne. Et c’est une dangereuse illusion», poursuit-il devant les leaders arabes et musulmans réunis à Doha, parmi lesquels les présidents palestinien, turc, iranien et égyptien ainsi que les premiers ministres irakien et pakistanais, le roi de Jordanie et le prince héritier saoudien.

Un prestigieux institut public britannique d’études de défense a décidé de suspendre l’admission d’Israéliens à partir de 2026 en raison de la guerre à Gaza, a indiqué lundi le ministère britannique de la Défense. Le Royal College of Defence Studies, placé sous la tutelle du ministère britannique de la Défense, propose des formations destinées à «des théoriciens en stratégie et des dirigeants au sein des forces armées et de la fonction publique», selon son site internet, et permet à des étudiants internationaux de suivre certains cours.

Interrogé sur des informations du DAILY TELEGRAPH, le ministère a précisé que l’admission d’étudiants israéliens serait suspendue temporairement à partir de l’année prochaine, mais que ceux qui suivent actuellement des cours dans cet établissement seraient autorisés à rester.

«Les formations militaires britanniques sont depuis longtemps ouvertes au personnel provenant d’un large éventail de pays, et toutes les formations militaires britanniques mettent l’accent sur le respect du droit international humanitaire», indique le ministère de la Défense dans un communiqué.

Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a promis lundi que Washington apporterait un «soutien indéfectible» à Israël pour atteindre ses objectifs dans la bande de Gaza, tout en appelant à l’éradication du Hamas.

«Les habitants de Gaza méritent un avenir meilleur, mais cet avenir meilleur ne pourra commencer que lorsque le Hamas sera éliminé», a déclaré Marco Rubio aux journalistes au côté du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, à l’occasion d’une visite en Israël.

Benyamin Netanyahou répond à une question des médias aux côtés de Marco Rubio lors de leur conférence de presse à Jérusalem, le 15 septembre 2025. 

«Vous pouvez compter sur notre soutien indéfectible et notre engagement à voir cela se concrétiser», a-t-il ajouté.

Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a promis lundi à Israël de maintenir une «pression maximale» sur l’Iran afin de l’empêcher de développer une arme nucléaire, à la suite de la guerre entre Israël et l’Iran en juin. «Le président poursuit une campagne de pression maximale», a-t-il précisé, ajoutant qu’«il y aura toujours une pression économique maximale sur l’Iran jusqu’à ce qu’ils changent de cap».

Il a encore affirmé lundi que le Hamas avait été encouragé par les démarches de la France, du Royaume-Uni et d’autres pays visant à reconnaître un Etat palestinien.

«Elles sont en grande partie symboliques – elles n’ont vraiment aucun impact pour nous rapprocher d’un Etat palestinien. Le seul effet qu’elles produisent réellement, c’est de rendre le Hamas plus enhardi».

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré lundi que la visite du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio constituait un «message clair» de soutien des Etats-Unis à Israël.

«Votre présence ici aujourd’hui est un message clair que l’Amérique se tient aux côtés d’Israël», a déclaré Benyamin Netanyahou, qui a également salué le président Donald Trump pour son soutien à Israël.

Trump «est le plus grand ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison Blanche», a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse conjointe avec Marco Rubio à Jérusalem.

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