Dakar,17 Octobre 2025(JVFE)-Plusieurs mouvements de grève ont lieu ou ont eu lieu récemment au Sénégal, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la justice.
Les enseignants du G7 ont annoncé une grève de 48 heures à partir du 15 octobre 2025 pour protester contre le non-respect des engagements du gouvernement.
Par ailleurs, une grève dans le secteur de la justice, initiée en février 2025, visait à obtenir de meilleures conditions de travail. Ce mouvement a pris fin après la signature d’un protocole d’accord en août 2025.
Quelques jours seulement après la rentrée scolaire 2025-2026, le secteur de l’éducation nationale est perturbéé par un mouvement d’humeur.
Les syndicats les plus représentatifs du secteur de l’Education et de la formation (G7) ont décidé d’observer un mot d’ordre de grève de 48 heures, à compter de ce mercredi, pour exiger du gouvernement la satisfaction de leurs revendications.
Le 15 octobre, un débrayage partiel a débuté à 9h dans tous les établissements, suivi d’une grève totale sur l’ensemble du territoire le 16 octobre. « Le G7 tient à sonner le glas du gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre des accords », ont insisté les responsables syndicaux.
Au cœur de la contestation : un lourd passif d’accords non respectés. Hamidou Diédhiou, Secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), a pointé la révision du statut des enseignants non fonctionnaires, la surimposition des rappels dus aux enseignants, le blocage des dossiers d’habitat social et des cotisations sociales des contractuels, ainsi que l’urgence de redynamiser le Comité de suivi des accords. « Les enseignants ont fini de consentir des sacrifices énormes et exigent la satisfaction de leurs attentes », a-t-il souligné.
Face à cette situation, le Président de l’Union Nationale des Parents d’Élèves et Étudiants du Sénégal (UNPEES), Abdoulaye Fané, a exprimé son désarroi. S’il n’est pas surpris par l’action annoncée dès la fin de l’année scolaire précédente, il a dénoncé cependant un “paradoxe” face au slogan national « Ubi tay, diang tay » (Ouvrir aujourd’hui, étudier aujourd’hui).
Le G7 dénonce également l’échec du dialogue social. Selon les syndicats, le dispositif formalisé par protocole n’a pas fonctionné, et le Conseil interministériel préparatoire de la rentrée a été tenu trop tard. Les revendications s’étendent au-delà des questions salariales et statutaires : les syndicats demandent l’ouverture d’une enquête sur l’attaque du siège du Saems, ainsi que des mesures face aux crues dans les régions de Bakel, Matam, Kanel et Podor, et pour la protection des élèves contre la Fièvre de la Vallée du Rift et la maladie Mpox.
« Nous n’avons pas été surpris parce qu’ils ont déjà, avant même la fin de l’année scolaire dernière, dit que si certaines questions ne sont pas réglées, ils iront en grève. Ce que nous avons déploré, c’est qu’à l’heure qu’il est, tout le monde proclame “ubi tay diang tay”, je vois qu’il y a un paradoxe. Ce qui aurait été meilleur, c’est d’attendre que l’école ouvre au moins quinze jours après et puis déposer le préavis », a déclaré Abdoulaye Fané.
Le représentant des parents d’élèves s’est interrogé sur l’absence d’avancées significatives durant la période estivale. « Nous sommes très inquiets, parce qu’ils étaient avec nous à la fin de l’année scolaire dernière, mais pourquoi on n’a pas mis à profit les vacances pour quand même éviter que les enfants soient pénalisés », a-t-il lancé.
Abdoulaye Fané a également interpellé le nouveau ministre de l’Éducation, Moustapha Guirassy, l’appelant à élargir le cercle de discussion. L’UNPEES a déploré une marginalisation de la société civile dans les échanges entre l’État et les syndicats.
« Nous invitons, nous demandons également au ministre, de ne pas peut-être bipolariser les rencontres, parce que nous avons comme impression que le nouveau ministre communique régulièrement avec les syndicats d’enseignants et à l’occasion de ces rencontres-là, la société civile n’est pas présente », a-t-il conclu.

