Dakar,25 octobre (JVFE)-L’armée nigériane a déclaré jeudi avoir neutralisé plus de 50 terroristes et blessé plus de 70 autres, lors d’opérations aériennes et terrestres menées dans les Etats de Borno et Yobe, dans le nord-est du pays.
Jeudi matin, des militaires appuyés par des avions de chasse ont affronté des terroristes qui ont mené des attaques coordonnées contre des bases situées dans les villes de Dikwa, Mafa et Gajibo, dans l’Etat de Borno, ainsi qu’à Katarko, dans l’Etat voisin de Yobe, selon un communiqué de l’armée.
« Les opérations conjointes au sol et dans les airs ont permis de neutraliser plus de 50 terroristes sur l’ensemble des sites », a déclaré le lieutenant-colonel Sani Uba, un porte-parole de l’armée, cité dans le communiqué.
Des opérations terrestres et aériennes se poursuivent pour retrouver « plus de 70 terroristes blessés », a-t-il ajouté, précisant que les troupes ont saisi plusieurs dizaines de fusils d’assaut, de mitrailleuses et de lance-roquettes. Les forces nigérianes combattent depuis seize ans le groupe terroriste Boko Haram et sa branche dissidente, l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).

Le nord-est du Nigeria reste le théâtre d’affrontements réguliers entre les forces armées et les groupes terroristes, principalement Boko Haram et sa faction dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Depuis plus de 16 ans, ces organisations tentent d’établir un califat dans cette région stratégique du bassin du lac Tchad, multipliant les attaques contre les civils, les forces de sécurité et les infrastructures publiques.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, entre minuit et 4 heures du matin, les insurgés ont lancé des assauts simultanés contre plusieurs positions militaires stratégiques. Les bases de Dikwa, Mafa et Gajibo dans l’État de Borno, ainsi que celle de Katarko dans l’État voisin de Yobe, ont été prises pour cibles dans ce qui apparaît comme une opération coordonnée de grande envergure.
Selon le lieutenant-colonel Sani Uba, porte-parole de l’armée pour le nord-est, les forces nigérianes ont riposté avec détermination. « L’effort combiné des forces terrestres et aériennes a permis la neutralisation de plus de 50 terroristes sur l’ensemble des sites« , a-t-il déclaré dans un communiqué officiel. Les renseignements militaires attribuent ces attaques à l’ISWAP, bien que l’armée n’ait pas officiellement identifié la faction responsable.
La réponse militaire s’est appuyée sur une coordination exemplaire entre les troupes au sol et l’appui aérien fourni par l’armée de l’air nigériane (NAF). Les frappes de précision, guidées par les dispositifs de surveillance et de reconnaissance aérienne (ISR) déployés dans la zone, ont donné aux forces armées un avantage décisif face aux assaillants.
L’opération a permis la saisie d’un important arsenal comprenant :
- 38 fusils d’assaut AK-47
- 7 mitrailleuses PKT
- 5 lance-roquettes RPG
- 2 mitrailleuses polyvalentes GPMG
- Des grenades à main
- Des milliers de munitions de différents calibres
Cependant, les combats n’ont pas été sans conséquences. Les insurgés ont utilisé des drones armés, souvent des modèles commerciaux modifiés pour larguer des explosifs, ainsi que des tirs de RPG, causant des dégâts importants aux infrastructures militaires, particulièrement à Mafa et Dikwa où les défenses ont été temporairement percées. Plusieurs véhicules et bâtiments ont été incendiés lors des affrontements.
Des sources militaires indiquent que plus de 70 insurgés blessés seraient encore poursuivis à travers le Triangle de Timbuktu et vers la frontière camerounaise. Les renseignements révèlent que les terroristes qui ont attaqué Dikwa et Gajibo seraient venus de l’axe camerounais, tandis que ceux de Katarko proviendraient du Triangle de Timbuktu.
L’armée a confirmé que plusieurs soldats ont été blessés lors des échanges de tirs, mais que leur état reste stable. Les autorités militaires n’ont pas communiqué le nombre exact de victimes dans les rangs de l’armée.
Un conflit qui perdure dans un contexte régional complexe
Cette victoire tactique s’inscrit dans un conflit de longue durée qui a déjà coûté la vie à plus de 40 000 personnes et déplacé environ deux millions de Nigérians depuis 2009. L’insurrection, qui s’est étendue aux pays voisins, a nécessité la création d’une coalition militaire régionale incluant le Tchad, le Niger et le Cameroun.
Les groupes terroristes ont récemment intensifié leurs activités, avec notamment l’attaque de septembre 2024 à Mafa (État de Yobe) où l’ISWAP a tué au moins 170 villageois, et celle d’octobre 2024 où Boko Haram a tué 40 soldats tchadiens sur une base militaire près du lac Tchad.
Face à cette menace persistante, l’armée nigériane continue d’adapter ses stratégies, intégrant de nouvelles technologies de surveillance et renforçant la coordination entre ses différentes unités. Toutefois, les défis restent nombreux dans cette région difficile d’accès, où les insurgés exploitent la géographie complexe du bassin du lac Tchad et les frontières poreuses pour mener leurs opérations.
