Donald Trump n’a pas hésité à faire feu. Depuis le Bureau ovale de la Maison-Blanche, le président américain a annoncé, mercredi, « des droits de douane de 25 % sur toutes les voitures qui ne sont pas fabriquées aux États-Unis ». Ces surtaxes, qui entreront en vigueur le 2 avril, constituent un séisme pour l’industrie automobile mondiale. « L’impact s’annonce majeur, et très peu d’acteurs semblent en mesure d’échapper à des répercussions négatives, avant même de possibles contre-mesures d’autres pays qui pourraient encore augmenter les effets », écrit Michaël Foundoukidis, analyste chez Oddo BHF, dans une note publiée ce jeudi. Il faut dire que la moitié des voitures vendues aux États-Unis – soit environ 8 millions d’autos – sont importées, principalement du Mexique, du Canada, d’Europe, du Japon ou de la Corée.
Donald Trump a décidé de porter les droits de douane sur les voitures fabriquées hors des États-Unis à 27,5% contre 2,5% auparavant. Le secteur automobile européen, dont 10% des véhicules sont destinés au pays de l’Oncle Sam, pourrait subir de plein fouet cette mesure.
La décision de Donald Trump d’augmenter de 25 % les droits de douane sur toutes les voitures fabriquées hors des États-Unis a provoqué une onde de choc en Europe. Cette taxe, qui entrera en vigueur le 2 avril, portera les droits de douane totaux à 27,5 %, contre seulement 2,5 % auparavant. L’Europe, principal exportateur de véhicules vers les États-Unis, est directement menacée par cette nouvelle politique commerciale. Les voitures neuves font partie des biens les plus vendus par l’Europe outre-Atlantique, au même titre que les produits pharmaceutiques ou encore les médicaments.
Dès l’annonce, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déploré cette mesure, tandis qu’en France, le ministre de l’Économie, Eric Lombard, a plaidé pour une réponse ferme de l’Union européenne.
« J’espère que peut-être […], après des annonces qui viendront, le président Trump pourra revenir sur cette décision », a affirmé Emmanuel Macron ce jeudi lors d’une réunion à Paris rassemblant près de 30 dirigeants de pays alliés de l’Ukraine. “Ce n’est pas une bonne idée économique”, “pas une bonne idée géopolitique” et “pas une bonne idée en termes de moment”, car “il y a une forme de paradoxe à voir les principaux alliés des États-Unis être les premiers taxés”, a-t-il complété.
Les nouvelles taxes imposées par les États-Unis pourraient coûter jusqu’à 75 milliards de dollars par an aux constructeurs automobiles, selon les estimations du cabinet Bernstein relayées par le New York Times. Ce surcoût risque de se répercuter directement sur les acheteurs, entraînant une hausse des prix des véhicules. Le choc est d’autant plus fort que l’Allemagne, premier exportateur mondial de voitures, est particulièrement visée. Les constructeurs allemands, tels que Porsche, BMW, Volkswagen et Mercedes-Benz, réalisent entre 12 et 25 % de leurs ventes aux États-Unis. Une Porsche sur quatre est exportée outre-Atlantique, tandis qu’une BMW sur six prend également la direction de ce marché. Plus globalement, plus de 10 % des véhicules assemblés en Europe sont destinés aux États-Unis.
La fédération allemande des constructeurs automobiles (VDA) a prévenu que ces mesures vont alourdir considérablement les charges des entreprises et perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales, impactant également les consommateurs nord-américains. Selon les analystes de RBC Capital Markets cités par l’AFP, les constructeurs allemands Mercedes et BMW, ainsi que l’Américain General Motors, seraient parmi les plus touchés par cette nouvelle taxation, suivis de Ford et de Stellantis. L’Italien Ferrari, en revanche, devrait réussir à absorber l’impact grâce à sa clientèle haut de gamme. De son côté, Tesla pourrait profiter de cette décision en raison de sa production locale aux États-Unis. Cependant, Elon Musk a exprimé des préoccupations sur son réseau social X, soulignant que ces droits de douane pourraient augmenter le coût de fabrication de ses véhicules, notamment à cause des pièces détachées importées.
L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) a appelé Donald Trump à revoir sa position, soulignant l’impact négatif de ces taxes non seulement sur les constructeurs mondiaux, mais aussi sur l’industrie automobile américaine elle-même. En 2024, les exportations européennes de voitures vers l’Amérique du Nord ont représenté 38,4 milliards d’euros, soit une baisse de 4,6 % par rapport à 2023, selon les chiffres de l’ACEA.
La Plateforme automobile (PFA), qui représente les acteurs majeurs du secteur en France, a exprimé son inquiétude, déclarant que cette guerre commerciale ne fera “que des perdants”. Pour l’Europe, ces nouvelles tensions surviennent à un moment critique, marqué par une transformation structurelle du marché, une crise persistante et une concurrence de plus en plus rude.
Dès l’annonce de Donald Trump, les marchés boursiers ont réagi négativement. À Francfort, BMW a enregistré une baisse de 3,38 %, Mercedes de 4,65 %, Porsche de 4,88 %, Volkswagen de 2,84 %, et Continental de 3,10 %. À Paris, Stellantis a chuté de 4,19 % à 10,92 euros l’action. Renault, moins exposé au marché américain, a, lui, progressé légèrement de 0,71 % à 49,35 euros.
Ailleurs dans le monde, ces nouvelles annonces ont également fait réagir. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a déclaré que « ces droits de douane contre notre industrie automobile sont une attaque directe contre les travailleurs » canadiens, accusant le président américain « de trahir notre accord commercial ». En Asie, le Japon a réagi rapidement en critiquant ces nouvelles taxes. Tokyo a averti que la décision de Donald Trump pourrait avoir des répercussions majeures, non seulement sur les échanges commerciaux et économiques entre les deux nations, mais aussi sur l’économie mondiale dans son ensemble.

