Lapid : Trump en a « marre » de Netanyahu et agit seul pour libérer un otage américain

À l’instar d’autres chefs de partis, celui de l’opposition accuse le Premier ministre de fragiliser la relation stratégique avec les États-Unis et d’isoler Israël diplomatiquement

Le président américain Donald Trump en a « marre » du Premier ministre Benjamin Netanyahu et ne se coordonne plus avec lui sur des décisions qui ont un impact direct sur les intérêts d’Israël, a accusé lundi le chef de l’opposition Yaïr Lapid.

La libération attendue ce lundi de l’otage Edan Alexander, citoyen à la double nationalité israélienne et américaine, suscite à la fois de la joie et de la douleur, a déclaré Lapid aux journalistes lors de la réunion hebdomadaire des factions de son parti, Yesh Atid, à la Knesset. Selon lui, l’otage serait libéré uniquement en raison de sa nationalité américaine, dans le cadre de négociations menées par l’administration Trump.

Il s’agirait là « d’un échec diplomatique dont les conséquences mettent en danger la sécurité et le bien-être de l’État d’Israël », a affirmé Lapid le chef du parti de Yesh Atid, YaÏr Lapid, dirigeant une réunion de sa faction à la Knesset, à Jérusalem..

« Cette alliance est le principal atout stratégique de l’État d’Israël », a-t-il souligné, « mais tandis que l’administration Trump continue de faire l’éloge public du gouvernement Netanyahu, en coulisses, les Américains en ont assez de lui. »

Le président américain Donald Trump en a « marre » du Premier ministre Benjamin Netanyahu et ne se coordonne plus avec lui sur des décisions qui ont un impact direct sur les intérêts d’Israël, a accusé lundi le chef de l’opposition Yaïr Lapid.

La libération attendue ce lundi de l’otage Edan Alexander, citoyen à la double nationalité israélienne et américaine, suscite à la fois de la joie et de la douleur, a déclaré Lapid aux journalistes lors de la réunion hebdomadaire des factions de son parti, Yesh Atid, à la Knesset. Selon lui, l’otage serait libéré uniquement en raison de sa nationalité américaine, dans le cadre de négociations menées par l’administration Trump.

Il s’agirait là « d’un échec diplomatique dont les conséquences mettent en danger la sécurité et le bien-être de l’État d’Israël », a affirmé Lapid.

 « Cette alliance est le principal atout stratégique de l’État d’Israël », a-t-il souligné, « mais tandis que l’administration Trump continue de faire l’éloge public du gouvernement Netanyahu, en coulisses, les Américains en ont assez de lui. »

Selon Lapid, « l’administration Trump agit aujourd’hui sans coordination, sans consulter Netanyahu. Elle a négocié un cessez-le-feu avec les Houthis au Yémen dans son dos, mène des pourparlers dangereux avec les Iraniens, promeut un programme nucléaire saoudien et organise un accord sur les otages uniquement pour ses propres ressortissants. On n’a jamais vu une chose pareille. »

Lapid a également précisé que « Trump est un président pro-Israël. Il aime Israël. Mais il déteste les tergiversations, les reports, les hésitations, les faux-fuyants. Il n’a que faire des problèmes internes de Netanyahu avec [les ministres d’extrême droite] Smotrich et Ben Gvir. Ce qu’il veut, ce sont des résultats : un cessez-le-feu à Gaza, une libération massive d’otages, des accords régionaux qui servent aussi l’économie américaine. Et Netanyahu ne sait pas comment lui fournir cela. Pas avec ce gouvernement-là. »

Liberman déplore le « niveau historiquement bas » des relations entre les États-Unis et Israël.

Le chef du parti Yisrael Beytenu, le député Avigdor Liberman, dirigeant une réunion de sa faction, à la Knesset, à Jérusalem, le 24 février 2025.

Israël a « atteint un niveau historiquement bas » dans ses relations avec les États-Unis, a pour sa part déclaré le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, affirmant que Jérusalem était mise à l’écart dans la politique américaine au Moyen-Orient.

Tout en saluant la libération imminente de l’otage Edan Alexander, Liberman a souligné que « malheureusement, son retour n’est pas le résultat de pressions ou d’une décision israéliennes, mais le fruit de contacts directs entre les États-Unis et le Hamas ».

S’exprimant devant les journalistes avant la réunion hebdomadaire de son parti à la Knesset, Liberman a déploré « le cessez-le-feu américain avec les Houthis, qui exclut l’État d’Israël de l’accord, la visite du représentant américain dans la région, qui fait l’impasse sur Israël, et les négociations directes entre les États-Unis et l’Iran ».

Il existe d’autres défis, « mais nous ne pouvons pas en parler », a-t-il ajouté de manière énigmatique.

« Le principal problème est que Netanyahu ne veut pas mettre fin à la guerre, il ne veut pas et ne peut pas éliminer le Hamas. Celui qui n’a pas éliminé le Hamas en un an et sept mois ne le fera pas en 17 ans », a-t-il poursuivi, ajoutant que « l’élimination du Hamas nécessite un large consensus national et l’unité du peuple ».

« Les gens doivent croire en la justice de la voie choisie et en les objectifs de la guerre », a-t-il déclaré, soulignant que pour unir le peuple et remporter la victoire contre le groupe terroriste palestinien du Hamas, « nous devons libérer tous les otages d’un seul coup ».

Gantz : Israël doit se conformer aux plans américains pour le Moyen-Orient sous peine d’être laissé pour compte

« Israël doit se rallier aux plans américains pour le Moyen-Orient sous peine d’être laissé pour compte », a de son côté déclaré Benny Gantz, chef du parti HaMahane HaMamlahti, lors de la réunion hebdomadaire de son parti à la Knesset.

Le chef du parti HaMahane HaMamlachti Benny Gantz dirige une réunion de faction à la Knesset, à Jerusalem, le 5 mai 2025

À l’instar d’autres politiciens de l’opposition, Gantz se réjouit de la libération imminente de l’otage Edan Alexander grâce à l’intervention américaine, mais déplore qu’Israël n’ait pas pris de mesures proactives pour libérer les autres otages détenus par le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Dans un appel direct à Netanyahu, Gantz a exhorté le Premier ministre à ne pas « faire passer la préservation de la coalition avant la sécurité d’Israël et la solidarité au sein de la société israélienne ».

« Le Hamas est dos au mur, et il est temps de mettre en place un plan qui permettra de libérer tous les otages, d’assurer la démilitarisation de la bande de Gaza et de remplacer le régime du Hamas », a-t-il déclaré.

Abordant la politique américaine au Moyen-Orient, Gantz a indiqué que « l’administration américaine est déterminée à promouvoir la normalisation avec l’Arabie saoudite et d’autres pays importants de la région ».

« Soit nous menons à bien une transformation stratégique, renforçons l’axe contre l’Iran, détruisons sa capacité nucléaire militaire et participons à une vaste initiative politique globale menée par les États-Unis dans la région, soit nous serons laissés pour compte », a-t-il ajouté.

« L’occasion de changer le Moyen-Orient ne doit pas être manquée pour des considérations politiques. »

Golan : La libération d’un soldat de Tsahal grâce à l’intervention américaine est un « échec national » pour Israël

Le retour de l’otage Alexander grâce à l’intervention américaine est une bonne nouvelle, a aussi déclaré Yaïr Golan, le chef du parti Les Démocrates, mais cela marque également un « échec diplomatique, politique, sécuritaire et national » de la part du gouvernement.

« Le gouvernement israélien a appris la nouvelle exactement comme le public, c’est-à-dire par les médias », a déclaré Golan lors de la réunion hebdomadaire de son parti.

« Nous adressons nos vœux à la famille Alexander et espérons le retour immédiat de tous les otages. Mais malgré la joie, il est nécessaire de dire la vérité. Ce n’est pas pour rien que Trump a contourné Netanyahu. Trump a compris ce que des millions d’Israéliens savent déjà : Netanyahu n’a aucune intention de libérer les otages ou de mettre fin à la guerre. Le seul objectif qui le motive est sa propre survie. Même au prix de vies humaines. »

« Lorsque des soldats de l’armée israélienne sont ramenés de Gaza dans le cadre d’un accord américain, tout en neutralisant le gouvernement israélien, il s’agit d’un échec diplomatique, politique, sécuritaire et national », a-t-il affirmé.

« Il s’agit principalement d’un acte de négligence pour lequel il n’y a pas de pardon », a déclaré Golan, qui demande de manière rhétorique si les otages israéliens qui ne sont pas citoyens américains doivent se sentir moins importants et « abandonnés à une mort atroce ».

Trump comprend désormais que Netanyahu « est un obstacle à la sécurité et à la libération des otages », a-t-il déclaré, affirmant que l’objectif du gouvernement d’occuper la bande de Gaza entraînera davantage de morts et « une dévastation économique ».

« Cette guerre est depuis longtemps devenue une guerre politique. Ce n’est pas une guerre avec des objectifs sécuritaires. C’est une guerre pour la survie politique. Une guerre pour la réalisation des délires messianiques [du ministre des Finances Bezalel] Smotrich », a poursuivi Golan, appelant le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, à « ne pas permettre que l’armée soit utilisée pour atteindre des objectifs politiques ».

Ben Gvir déclare qu’Israël doit « cesser de tergiverser » et « ouvrir les portes de l’enfer » à Gaza

Le « but ultime » de la guerre menée par Israël à Gaza est la défaite du Hamas, et « le seul moyen de rapatrier tous nos otages sains et saufs » est une victoire militaire absolue, a enfin déclaré le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, en amont de la libération de l’otage israélo-américain Edan Alexander.

« Nous avons reçu le soutien des Américains s’agissant d’ouvrir les portes de l’enfer à Gaza – nous devons cesser de tergiverser et passer à l’offensive pour vaincre », a ajouté Ben Gvir devant les journalistes avant la réunion hebdomadaire de faction de son parti d’extrême droite, Otzma Yehudit.

Appelant Israël à encourager l’émigration des Palestiniens, à stopper toute aide humanitaire – aucune assistance n’est entrée au sein de l’enclave côtière depuis plus de deux mois – et à « sauver nos otages par la force », Ben Gvir a exhorté le Premier ministre Benjamin Netanyahu à « aller jusqu’au bout, à accomplir le devoir qui est le nôtre et à détruire le Hamas ».

« Monsieur le Premier ministre, nous ne devons pas nous arrêter. Le président Trump nous a apporté son soutien il y a plusieurs mois s’agissant d’enfin ouvrir les portes de l’enfer sur le Hamas, et nous tardons à le faire. Nous devons cesser de tergiverser et lancer l’attaque qui sera décisive. Nous devons occuper l’ensemble du territoire de la bande de Gaza et encourager l’émigration des habitants de Gaza vers les pays du monde entier », a-t-il expliqué.

Interrogé sur l’appel lancé par Trump à mettre un terme à la guerre, Ben Gvir a répondu que le président américain n’avait pas retiré les mots qu’il avait prononcés lorsqu’il avait affirmé que « l’enfer se déchaînera » sur Gaza si les otages devaient ne pas être pas libérés.

« Désolé, mais le gouvernement israélien doit se montrer plus déterminé à ouvrir les portes de l’enfer. Je ne fais aucun reproche à Trump, je blâme certains de nos concitoyens qui se montrent un peu hésitants. Nous ne devrions pas hésiter », a-t-il indiqué.

Dans une annonce faite dans la nuit de dimanche à lundi, le président américain Donald Trump a fait savoir que la remise en liberté imminente d’Alexander – qui possède la double nationalité américano-israélienne – est « une mesure prise en guise de bonne foi à l’égard des États-Unis et à l’égard des efforts déployés par les médiateurs – le Qatar et l’Égypte – pour mettre fin à cette guerre très brutale et pour ramener TOUS les otages vivants et les dépouilles des captifs auprès de leurs proches ».

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