L’Ukraine, la Russie et la défense au cœur du sommet de Vilnius des pays d’Europe centrale et nordique.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé lundi à Vilnius, la capitale de la Lituanie, pour participer à un sommet réunissant des dirigeants du flanc oriental de l’Otan.
Lundi 2 juin, les dirigeants de pays d’Europe centrale, des pays baltes et des pays nordiques se retrouvent à Vilnius, en Lituanie, pour discuter du futur sommet de l’Otan, prévu fin juin à La Haye, aux Pays-Bas, et affirmer leur position commune. Leur stratégie, notamment vis-à-vis de la Russie, est plus affirmée que chez les grands pays de l’Ouest de l’Union européenne, du fait notamment de leur histoire et de leur positionnement géographique.
Ils sont nombreux à s’être donnés rendez-vous à Vilnius lundi 2 juin. Seront présents les représentants des six pays d’Europe centrale – Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie, Slovaquie, République tchèque –, des trois pays baltes – Estonie, Lettonie, Lituanie – et des cinq pays nordiques – Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède –, ainsi que le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui devrait aussi y prendre part.
Les dirigeants européens vont se retrouver dans le Palais des souverains, au même endroit où, fin 2013, le président ukrainien Viktor Ianoukovytch avait refusé de signer l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne. Douze ans plus tard, ces pays d’Europe centrale et nordique, pour certains limitrophes de la Russie et autrefois sous le contrôle de l’Union soviétique, se savent de nouveau menacés par les ambitions impérialistes de Moscou. Ils vont donc réitérer leur soutien vis-à-vis de Kiev, et notamment la poursuite de l’aide militaire. Les trois pays baltes donnent l’exemple en consacrant 0,25% de leur PIB pour les besoins militaires de l’Ukraine.
Une session à huis clos, à laquelle le président ukrainien devrait participer, sera consacrée aux négociations de paix. Dans les trois pays baltes, la position est commune : rejeter toutes les propositions de neutralité, de désarmement ou de concessions territoriales. Pour cela, il faut renforcer la position ukrainienne en augmentant la pression sur la Russie. La déclaration commune à l’issue du sommet sera là pour convaincre les autres membres de l’Union européenne et de l’Otan de poursuivre sur la même voie.
Le président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky a dit lundi que son pays était prêt à prendre les mesures «nécessaires» pour faire avancer les pourparlers de paix avec la Russie avant la tenue de nouvelles discussions bilatérales en Turquie.
«Notre délégation est maintenant à Istanbul et nous sommes prêts à prendre les mesures nécessaires pour la paix. Naturellement, un point de départ serait un cessez-le-feu et des actions humanitaires, la libération des prisonniers et le retour des enfants enlevés», a-t-il déclaré depuis la Lituanie, tout en appelant à sanctionner la Russie si cette rencontre en Turquie n’apportait «rien».
La Première ministre danoise soutient le droit de l’Ukraine à riposter après les attaques de dimanche contre des bases aériennes russes, les qualifiant de « réussies ». Lors d’un sommet en Lituanie, elle a exhorté l’Europe à se réarmer, soulignant que la Russie demeure une menace commune et que l’Ukraine doit gagner la guerre.
L’attaque menée dimanche par l’Ukraine contre plusieurs bases aériennes russes montre que Kiev réussit à se défendre, a déclaré lundi la Première ministre danoise Mette Frederiksen.
« Je pense qu’ils (l’Ukraine) ont le droit de se défendre et parfois cela implique de riposter, donc il semble que cela ait été un succès », a déclaré Frederiksen lorsqu’on lui a demandé de commenter l’attaque de l’Ukraine.
Le service de renseignement intérieur ukrainien, le SBU, a reconnu avoir mené l’attaque, nom de code « Opération Toile d’araignée », planifiée depuis plus d’un an et demi.
Lors d’une réunion des dirigeants des pays nordiques, baltes et d’Europe de l’Est dans la capitale lituanienne, Frederiksen a également déclaré lundi qu’il était crucial de se concentrer sur le réarmement de l’Europe.
« La Russie est une menace pour nous tous et nous devons donc renforcer notre flanc oriental… Nous devons continuer à faire pression pour un cessez-le-feu mais en même temps nous devons faire ce qui est nécessaire sur le champ de bataille en Ukraine pour qu’ils puissent réellement gagner cette guerre », a-t-elle déclaré.

