DAKAR, 04 MARS 2026(JVFE)-Le 3 mars 2026, la Cour d’appel de Versailles a rendu un arrêt ordonnant une extradition partielle de Madiambal Diagne vers le Sénégal.
“La cour a émis ce jour un avis partiellement favorable sur la demande d’extradition, compte-tenu de la prescription partielle d’une partie des faits visés”, a indiqué cette juridiction dans un communiqué.
Pour rappel, Madiambal Diagne est un Ancien Greffier de l’Administration Judiciaire.
il s’est reconverti dans le journalisme et a fondé Le Quotidien en 2003. Il a dirigé l’Union internationale de la presse francophone (UPF) à plusieurs reprises.
En plus de ses activités de presse, il est l’auteur d’ouvrages politiques, dont Macky Sall, derrière le masque, publié en 2023
Madiambal Diagne est au cœur d’une procédure ouverte par le pôle judiciaire financier de Dakar pour des soupçons d’escroquerie portant sur des deniers publics, d’association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux.
En septembre, les autorités sénégalaises avaient émis un mandat d’arrêt international contre le patron de presse.
Ce dernier, qui avait été convoqué dans le cadre d’une enquête portant sur de présumées transactions financières suspectes, avait quitté le territoire sénégalais pour la France fin septembre.
“C’est pour nous une demi-victoire, parce que nous n’avons pas été entièrement suivis dans notre argumentation”, a déclaré Me Vincent Brengarth, qui défend les intérêts de Madiambal Diagne et précise qu’il compte former un pourvoi en cassation.
Selon Me Brengarth, ce pourvoi n’est pas suspensif de droit, mais “il est évident que compte tenu de l’importance publique de cette affaire, compte tenu de l’importance des enjeux nationaux, internationaux, on n’imagine pas qu’un décret (d’extradition) intervienne dans des conditions aussi dégradées”, a-t-il ajouté, précisant que si un décret intervient, il pourra être contesté auprès du conseil d’Etat.
La justice sénégalaise lui impute “des infractions à caractère financier, escroquerie et blanchiment, à l’occasion de contrats passés entre deux sociétés et avec l’Etat sénégalais”, avait précisé la cour d’appel de Versailles dans un communiqué en novembre.
“Je me sens vraiment serein, confiant”, a déclaré M. Diagne à la presse, entouré de ses soutiens, après le prononcé de la décision.
Il estime néanmoins que “couper la poire en deux” pose “un problème peut-être de droit ou de pratique judiciaire” qui augure d’une “nouvelle bataille judiciaire qui s’engage”.
Le patron de presse a néanmoins réitéré sa “confiance” en la justice française, “parce qu’au Sénégal, je ne pourrais pas prétendre à ce traitement-là”, a-t-il encore jugé.
Mi-décembre, la ministre sénégalaise de la justice Yassine Fall avait indiqué “suspendre toute extradition vers la France jusqu’à ce que la France réponde” à la demande d’extrader M. Diagne vers le Sénégal.
“M. Madiambal (Diagne) est poursuivi pour des faits délictuels et non criminels. C’est une énorme différence (avec) nos demandes d’extradition qui portent principalement sur des crimes de sang ou des trafics en lien avec la criminalité internationale”, avait souligné l’ambassadrice de France au Sénégal Christine Fages, dans un entretien avec la radio publique sénégalaise quelques jours plus tard.
Un commentaire qualifié de “forme d’ingérence” par le ministère sénégalais de la Justice dans un communiqué.
En septembre 2025, il a quitté le Sénégal pour la France via la Gambie, contournant une interdiction de sortie du territoire.
Près d’un mois après avoir échappé de peu à la justice sénégalaise, Madiambal Diagne a été interpellé en France dans la matinée de ce mardi 21 octobre, alors qu’il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international.
Suite à son départ, un mandat d’arrêt international a été émis contre lui le 21 octobre 2025, entraînant son interpellation et son placement sous contrôle judiciaire en France.
Son épouse, Mabintou Diagne, et ses fils ont également été inquiétés dans cette affaire avant de bénéficier d’une liberté provisoire.
La justice française a émis un avis favorable pour certains faits visés par la demande du Sénégal, tout en en écartant d’autres en raison de la prescription ou du principe de double incrimination.
Ses avocats, Me Ousmane Thiam et Me Philippine Vaganay, ont immédiatement annoncé un pourvoi en cassation pour contester la conformité juridique de cette décision. Madiambal Diagne a qualifié ce verdict de « demi-victoire » et de décision « inédite.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
