Dakar,24 juin 2025 (JVFE)-En 2023, l’investissement direct étranger (IDE) mondial a diminué de 2 % pour s’établir à 1 300 milliards de dollars. Les investissements étrangers ont diminué modérément dans la plupart des régions.

En fait, et dès lors que l’on exclut du calcul quelques situations exceptionnelles, le rapport révèle une baisse plus marquée de plus de 10 % des investissements étrangers mondiaux pour la deuxième année consécutive. Cette baisse est due à l’augmentation des tensions commerciales et géopolitiques dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale.
Les flux d’IDE vers les pays en développement ont diminué de 7 % pour atteindre 867 milliards de dollars l’année dernière, reflétant une baisse de 8 % dans les pays en développement d’Asie .
Ce chiffre a baissé de 3 % en Afrique et de 1 % en Amérique latine et dans les Caraïbes.
D’autre part, les flux vers les pays développés ont été fortement affectés par les transactions financières des entreprises multinationales, motivées en partie par la mise en place d’un taux d’imposition global minimum sur les bénéfices de ces sociétés.
Les flux vers la plupart des régions d’Europe et d’Amérique du Nord ont diminué respectivement de 14 % et de 5 %.
L’insuffisance des investissements ralentit le développement durable
Le resserrement des conditions de financement en 2023 a fait chuter d’un quart le nombre d’opérations internationales de financement de projets, lesquelles sont essentielles au financement d’infrastructures et de services publics tels que l’électricité et les énergies renouvelables.
Cela a entraîné une réduction de 10 % des investissements dans les secteurs liés aux objectifs de développement durable (ODD), plus particulièrement les systèmes agroalimentaires, l’eau et l’assainissement. Ces secteurs ont enregistré moins de projets financés par la communauté internationale en 2023 qu’en 2015, lors de l’adoption de ces objectifs.
Une impulsion mondiale pour la facilitation de l’investissement
Le rapport montre qu’en 2023, 86 % des mesures de politique d’investissement adoptées par ces économies étaient favorables aux investisseurs.
Étant donné le besoin d’accès à l’information, de transparence des règles et réglementations et de rationalisation des procédures administratives, les outils numériques sont devenus la clé d’une mise en œuvre efficace.
Depuis qu’ONU commerce et développement a lancé son menu d’action mondial pour la facilitation des investissements en 2016, le nombre de guichets uniques en ligne dans les pays en développement a presque quadruplé, passant de 17 à 67. Dans les économies développées, ce nombre a plus que doublé, passant de 12 à 25.
De même, les portails d’information pour l’enregistrement des entreprises et des investisseurs dans les pays en développement sont passés de 87 en 2016 à 135 en 2024, tandis que les pays développés ont vu leur nombre augmenter de 42 à 51.
Pour les pays en développement, la numérisation n’est pas seulement une solution technique, mais aussi un tremplin pour une mise en œuvre plus large de l’administration numérique, permettant de remédier aux faiblesses sous-jacentes de la gouvernance et des institutions, lesquelles entravent souvent l’investissement.



L’année 2024 a marqué un tournant pour le continent africain sur le plan économique, avec une envolée de 75 % des investissements étrangers, atteignant un montant record de 97 milliards de dollars. Cette dynamique, soulignée par un rapport de la CNUCED publié jeudi, résulte notamment des avancées en matière de libéralisation économique et des politiques favorables à l’accueil des capitaux.
Publiée jeudi 19 juin 2025, l’étude, intitulée Rapport sur l’investissement dans le monde, met en lumière le rôle prépondérant d’un accord de financement international de projets urbains en Égypte dans cette hausse spectaculaire. Même en excluant cette opération, les investissements directs étrangers (IDE) enregistrent une progression de 12 %, pour culminer à environ 62 milliards de dollars, représentant 4 % des flux mondiaux.
Un contraste marqué à l’échelle mondiale
Alors que l’Afrique bat des records, le reste du monde observe une tendance opposée : les IDE globaux chutent de 11 %, poursuivant une baisse amorcée l’année précédente et traduisant un ralentissement général des flux de capitaux productifs.
Ce constat arrive à la veille de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FFD4), un événement stratégique où les leaders mondiaux aborderont l’écart préoccupant entre les besoins de développement et les financements disponibles.
Les économies avancées, notamment en Europe, sont les plus touchées par cette baisse. Si les pays en développement semblent maintenir des niveaux d’investissement constants, ce vernis masque un déséquilibre dans l’allocation des fonds, souvent détournés des secteurs cruciaux, comme les infrastructures et les technologies.
«Ce ne sont pas les potentiels qui manquent, mais le système continue de favoriser les destinations les plus simples, au détriment des plus nécessaires», a déploré Rebeca Grynspan, Secrétaire générale de l’ONU Commerce et Développement.
L’Afrique renforce son attractivité
Sur le continent africain, les mesures facilitant les investissements ont représenté 36 % des politiques pro-investisseurs adoptées. La libéralisation a également joué un rôle central en Afrique comme en Asie, constituant 20 % des réformes menées en 2024.
En termes de provenance, l’Europe conserve la première place parmi les investisseurs sur le continent, suivie des États-Unis et de la Chine. Cette dernière, avec un stock d’IDE évalué à 42 milliards de dollars, élargit ses domaines d’activité à l’agroalimentaire et à la pharmacie. De plus, un tiers des projets liés à l’initiative Belt and Road se focalisent désormais sur des infrastructures sociales ou des énergies vertes.
Des progrès régionaux significatifs
La majorité des régions africaines ont enregistré une croissance des investissements étrangers, l’Afrique du Nord se distinguant particulièrement. En Égypte, les engagements IPF ont doublé, tandis que la Tunisie a connu une hausse de 21 % de ses IDE, atteignant 936 millions de dollars. Le Maroc, de son côté, a vu ses investissements grimper de 55 %, à 1,6 milliard de dollars.
Globalement, la valeur des contrats de financement de projets internationaux (IPF) a augmenté de 15 %, portée par des chantiers majeurs dans l’énergie et les infrastructures de transport. Bien que le nombre de projets ait légèrement reculé de 3 %, les énergies renouvelables tirent leur épingle du jeu, avec sept grands projets — évalués à près de 17 milliards de dollars — dédiés notamment à l’éolien, au solaire et aux câbles sous-marins en Égypte. D’autres initiatives similaires ont vu le jour en Tunisie, au Maroc et en Namibie.
Un recul des nouveaux investissements
Malgré ces indicateurs positifs, l’Afrique a enregistré une baisse de 5 % du nombre d’annonces de nouveaux projets, leur valeur chutant de 37 %, passant de 178 à 113 milliards de dollars. Seule l’Afrique du Nord tire son épingle du jeu avec une hausse de 12 % des investissements dans les nouveaux projets, représentant à elle seule deux tiers des dépenses du continent.
Parmi les secteurs porteurs figurent la construction et les produits métalliques, tandis que l’approvisionnement en électricité et en gaz subit une baisse brutale de 51 milliards de dollars. Par ailleurs, les opérations de fusions-acquisitions transfrontalières — représentant habituellement 15 % des IDE africains — sont passées en territoire négatif.

