MADAGASCAR : près de 950 travailleurs partent annuellement pour le Canada

Dakar ,13 juilletb 2025(JVFE)-Le Canada est une destination de plus en plus prisée par les travailleurs malgaches. Chaque année, environ 950 Malgaches s’envolent pour le Canada pour s’y installer, selon Michelle Rakotonaivo, vice-présidente de la Chambre de commerce et de coopération Canada-Madagascar (CanCham) lors de la signature du protocole d’accord entre le Ministère du Travail, de l’emploi et de la fonction publique et la Chambre de Commerce et de Coopération Canada-Madagascar (CanCham) sur la promotion de la migration vers le Canada.

Ce partenariat vise à fluidifier les procédures administratives liées à la migration professionnelle. Les deux entités s’engagent à collaborer pour partager des données essentielles sur les opportunités d’emploi et les besoins sectoriels et ainsi éviter tout abus. Les arnaques au recrutement deviennent une tendance inquiétante. Elles impliquent souvent de fausses annonces en ligne sur les réseaux sociaux et autres portails d’emplois non fiables.

Entre 2020 et 2024, 1491 contrats de travail de travailleurs malgaches en partance pour le Canada ont été visés par les inspecteurs du travail, selon la ministre du travail, Hanitra Razakaboana.

Une volonté croissante de départ qui n’est pas surprenante. Madagascar figure parmi les pays les plus pauvres de la planète. Face à cette réalité, le choix de l’exil devient presque une évidence. Le phénomène, souvent qualifié de « fuite des cerveaux », touche particulièrement les profils hautement qualifiés. Ingénieurs, techniciens spécialisés, hauts fonctionnaires… tous cherchent à valoriser leurs compétences ailleurs, là où leur savoir est reconnu et rémunéré à sa juste valeur. L’exil de compétences affecte le pays, mais surtout des secteurs clés comme la santé ou d’autres plus techniques. Cela fait plus d’une décennie que le pays peine, par exemple, à retenir ses ingénieurs hydrographes formés dans ses universités. Même des hauts responsables ministériels n’hésitent plus à s’installer à l’étranger, quitte à occuper des postes sans lien avec leur expertise initiale.

Cet exil ne concerne plus seulement les cerveaux. La main-d’œuvre qualifiée ou prend aussi le large. Au Canada, la majorité des travailleurs malgaches occupent des postes dans des secteurs où la main-d’œuvre locale se fait rare.

Malgré tout ,le Programme d’immigration au Canada atlantique (PICA)  demeure une voie d’accès à la résidence permanente pour les travailleurs étrangers qualifiés et les diplômés étrangers qui veulent travailler et vivre dans l’une des 4 provinces de l’Atlantique,

En effet ,dés ce 27 septembre 2024, les employeurs canadiens n’auront le droit de recruter qu’un maximum de 10 % de travailleurs temporaires étrangers, dans leurs effectifs.

En leur notifiant cette décision, fin août, le gouvernement fédéral canadien a procédé pour la deuxième fois en un an, à la réduction des quotas pour cette catégorie de travailleurs souvent peu qualifiés et bon marché.

“Le Programme des travailleurs étrangers temporaires est conçu comme une mesure d’exception, lorsqu’aucun Canadien ou résident permanent qualifié n’est en mesure de pourvoir un poste vacant. Malheureusement, le Programme a servi à éviter l’embauche de travailleurs talentueux au Canada “, explique le gouvernement canadien dans un communiqué.

Les autorités affirment également qu’elles prennent la mesure pour “éliminer la fraude et le recours abusif au Programme”, encourageant les entreprises à “investir dans les travailleurs locaux”.

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