Dakar,31 juillet 2025(jvfe)- Le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, s’est exprimé ce mercredi 30 juillet 2025 lors de son point de presse hebdomadaire, à la suite du Conseil des ministres, sur l’interpellation de Mamadou Hawa Gassama, présenté comme membre du Conseil National de Transition du Mali.
Pour rappel des faits,Mamadou Hawa Gassama, membre du CNT malien, l’organe législatif de la Transition malienne, a été arrêté le 2 juillet à Abidjan, où il est emprisonné depuis. Poursuivi notamment pour « offense au chef de l’État », à cause des propos virulents tenus contre le président ivoirien dans une interview datant de 2022, Mamadou Hawa Gassama a écrit en fin de semaine dernière une lettre d’excuses à Alassane Ouattara. La lettre s’est retrouvée pendant le weekend sur les réseaux sociaux. La procédure judiciaire suit son cours.
« Vous êtes une personnalité que j’admire et respecte pour son dévouement et son engagement dans la résolution des crises politiques et le maintien de la paix dans la zone Cédéao ». Dans cette lettre datée du 10 juillet, Mamadou Hawa Gassama présente ses « plus sincères regrets » et ses « plus profondes excuses » à Alassane Ouattara, assurant qu’il n’avait « jamais été question » de lui « manquer de respect ».
Au cours de l’interview qui a justifié son arrestation à Abidjan, le membre du CNT malien traitait pourtant le président ivoirien de « faso den djougou », littéralement « mauvais fils du pays » en bambara, l’insulte favorite des soutiens de la Transition contre ceux qu’ils considèrent comme – ou veulent faire passer pour – de mauvais patriotes et des ennemis du Mali. Insulte dont sont en fait affublés tous ceux qui osent émettre la moindre critique sur le régime en place. Mamadou Hawa Gassama affirmait même détenir « des preuves » contre le président ivoirien.
À l’époque, la Cédéao imposait des sanctions économiques au Mali, douloureuses pour la population, dans le but de contraindre le régime militaire putschiste à rétablir l’ordre constitutionnel en organisant des élections dans un délai « raisonnable ».
Ce 30 juillet 2025,Interrogé sur les circonstances de son arrestation en Côte d’Ivoire, le ministre a déclaré :« Je crois pas que le passeport dont il disposait était un passeport diplomatique. Ce qui lui aurait conféré une certaine immunité. Des éléments qui nous reviennent, il était ouvrier ».
« Oui, pour ce qui est de Monsieur Gassama, il a été pris ici. À partir du moment où une procédure est engagée, vous comprendrez que je me réserve de tout commentaire sur cette interpellation », a-t-il ajouté.
Interrogé sur une éventuelle immunité parlementaire que Gassama pourrait revendiquer, le ministre ivoirien a répondu avec réserve, indiquant que si immunité il y avait, elle ne s’appliquerait que dans son pays d’origine.

