CAC 40:la Bourse de Paris plombée par la peur d’une chute du gouvernement

Dakar,26 aout 2026 (JVFE)-Le CAC 40 a perdu 1,74 % ce mardi matin après l’annonce d’un vote de confiance par le Premier ministre lundi. Le taux auquel la France emprunte a, lui, brutalement augmenté.

  • François Bayrou se soumettra le 8 septembre prochain à un vote de confiance de l’Assemblée nationale, ce qui ouvre la voie à une chute du gouvernement.
  • Le vote d’un budget pour 2026 et ses milliards d’économies semble plus incertain que jamais.

Dans la matinée, l’indice phare français, le CAC 40, a ouvert en net recul (-1,36%), après avoir déjà clôturé à -1,59% la veille. Ce sont surtout les banques qui paient le prix fort. Les actions des banques françaises souffrent particulièrement, tant la situation politique obscurcit l’horizon des titres de dette de la France, qu’elles détiennent massivement

À 9h30, BNP Paribas perdait ainsi 6,19%, Société Générale 6,31% et Crédit Agricole 4,51%. Ces titres “souffrent du fait que les marchés tablent sur une dégradation prochaine de la dette française par les agences de notation”, explique à l’AFP Christopher Dembik, conseiller en investissement pour Pictet AM.

Pour l’heure, ces chutes ne sont pas comparables à celles observées en juin 2024, juste après la dissolution de l’Assemblée nationale. Mais les marchés sont déjà fébriles, et un autre élément inquiète : le rendement des emprunts d’État de la France (OAT 10 ans). Il s’agit du taux auquel la France emprunte pour s’endetter. Plus il est élevé, moins les investisseurs ont confiance dans la capacité du pays à rembourser sa dette.

Ce mardi, il s’affiche à plus de 3,5%. À l’exception de quelques sommets similaires à l’automne 2023 et au mois de mars 2025, jamais emprunter n’avait coûté aussi cher à la France depuis 2011. Après une hausse ininterrompue depuis la sortie de crise du Covid-19, le taux se rapproche de celui imposé à l’Italie (3,61%), et est désormais supérieur à celui de la Grèce (3,45%) et de l’Espagne (3,34%), tandis que l’écart avec l’Allemagne (2,74%) ne cesse de se creuser.

À plus long terme, une OAT si élevée pour la France reste une mauvaise nouvelle pour les entreprises comme pour les ménages. Si le remboursement de la dette coûtera de plus en plus cher dans le budget de l’État, il signifie aussi qu’emprunter de l’argent à sa banque sera de plus en plus onéreux : les taux d’intérêts bancaires, par exemple lors d’un emprunt immobilier, suivent généralement la même tendance que l’OAT à 10 ans…

La Bourse se réveille avec la gueule de bois ce mardi. Le CAC 40 affichait une baisse de 1,74 % vers 11 heures, à 7 706 points, après avoir déjà perdu 1,59 % hier lundi. La faute à un homme : François Bayrou. Anticipant un budget 2026 très compliqué, le Premier ministre a décidé, lundi, d’organiser un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre. Avec ce coup de poker, l’exécutif espère obtenir le soutien d’une majorité de députés et faire voter plus facilement les 44 milliards d’euros d’économies qu’il juge indispensables pour le budget de 2026.

Sauf que c’est un autre scénario qui semble se préciser. Le Rassemblement national ayant annoncé qu’il ne soutiendra pas le plan gouvernemental, l’équipe de François Bayrou a donc de grandes chances d’être renversée, avant même le débat budgétaire. Un scénario catastrophe pour les marchés financiers.

Les banques, premières victimes d’une crise politique

« Le “choc politique” ravive le risque souverain français et l’incertitude réglementaire et budgétaire. Les secteurs les plus domestiques et dépendants des décisions publiques décrochent logiquement davantage », explique dans une note Antoine Fraysse-Soulier, analyste chez eToro. Les fournisseurs de services aux collectivités, comme Engie (-2,5 %) et Veolia (-3 %), mais aussi les contractants et concessionnaires, comme Vinci (-5,2 %), Bouygues (-3 %) ou Eiffage (-6 %) ont accusé la nouvelle en Bourse.

Les banques françaises ont aussi particulièrement pâti de la nouvelle. BNP Paribas dévissant de 5,76 %, alors Société générale et Crédit agricole ont perdu chacune plus de 6 %. Ces entreprises « souffrent du fait que les marchés tablent sur une dégradation prochaine de la dette française par les agences de notation », expliquait ainsi à l’AFP Christopher Dembik, conseiller en investissement pour Pictet AM.

En cas de nouvelle crise politique et d’une absence de plan pour réduire le déficit public, S&P, Moody’s et Fitch pourraient réduire la note française et faire donc augmenter le coût auquel le pays emprunte sur les marchés financiers.

L’écart avec le taux allemand se creuse

D’ailleurs le taux de l’obligation d’État à dix ans (OAT) s’est déjà envolé dans la journée de lundi, passant de 3,42 % à 3,51 %. Cette hausse soudaine aggrave l’écart avec le taux appliqué à l’Allemagne – écart appelé « spread » – qui s’établit 0,77 point de pourcentage en dessous de son équivalent français. L’écart n’était que de 0,7 point avant le discours du Premier ministre. Plus symbolique, le taux français se rapproche de celui imposé à l’Italie (3,57 %), jusqu’ici vu comme le plus mauvais élève d’Europe de l’Ouest.

Une situation qui n’est cependant pas sans précédent pour la France. Lors de la chute du gouvernement Barnier, début décembre dernier, les marchés avaient déjà été mis à rude épreuve. Le taux à dix ans de la France était passé de 2,9 % le 1er décembre 2024 à 3,4 % le 5 janvier 2025. Ce stress financier n’avait cependant pas empêché le CAC 40 de gagner 3 % durant la même période. Reste à voir si la Bourse française resterait imperméable à une nouvelle crise politique.

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