
Dakar,07 SEPTEMBRE 2025(JVFE)-Abdou Diouf (), né le 7 septembre 1935 à Louga, est un homme d’État sénégalais, président de la République de 1981 à 2000, après avoir été Premier ministre de 1970 à 1980.
Le 1er janvier 1981 , à la suite de la démission du président Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf devient le 2e président de la République du Sénégal. En effet, la Constitution sénégalaise prévoyait que le Premier ministre termine le mandat présidentiel jusqu’à la prochaine élection en cas de vacance du pouvoir.
Ce dimanche 7 septembre 2025, le président Abdou Diouf fête ses 90 ans.
Il occupe très tôt de hautes fonctions administratives au Sénégal. Le 11 décembre 1961 , il est nommé gouverneur de la région du Sine Saloum à l’âge de 26 ans, avant de devenir directeur de cabinet du président Léopold Sédar Senghor en 1963, puis secrétaire général de la présidence de la République en 1964.
Abdou Diouf est une figure importante de la Francophonie, ayant été le président du Sénégal de 1981 à 2000, puis Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) de 2002 à 2014. Son mandat à la tête de la Francophonie a marqué une période de croissance et d’approfondissement de l’action de l’organisation dans le monde.
Sa carrière et la Francophonie
- Président du Sénégal: Avant de s’engager dans la Francophonie internationale, Abdou Diouf a servi comme président du Sénégal pendant près de 20 ans, de 1981 à 2000.
- Secrétaire général de la Francophonie: Après sa présidence, il a été élu Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) pour deux mandats, de 2002 à 2014.
- Héritage: Son passage à la tête de l’OIF est souvent considéré comme une période de consolidation des acquis de l’organisation et de renforcement de sa présence sur la scène internationale.
Quelques faits clés sur Abdou Diouf et la Francophonie
- Il a été le premier et le seul Secrétaire général de la Francophonie issu d’un pays membre africain.
- Sa vision de la Francophonie était celle d’une communauté de valeurs, de solidarité et d’échanges culturels et linguistiques.
Abdou Diouf invite les États à élaborer et à faire respecter les règles de droit sur leur propre territoire, comme un moyen de respecter les règles démocratiques et de dénoncer la dictature. Il définit l’avocat d’une manière toute personnelle : être avocat, c’est, en effet, à travers la défense d’un homme vouloir, à chaque fois, défendre la justice, la liberté, l’humanité, vouloir, à chaque fois, que la justice soit
juste pour tous et partout (p. 212). Il n’y a pas de place à l’affirmation d’un besoin d’uniformisation des droits francophones ou une approche sur une exigence comparatiste. Cela n’a aucune
importance, puisque tout droit, digne de ce nom, doit reconnaître et appliquer des
valeurs communes universelles et tous les acteurs sans exception doivent les respecter et les appliquer. Le message d’Abdou Diouf apparaît tellement universel qu’il peut être accepté,
médité et appliqué par toutes les grandes communautés linguistiques : anglaise,
espagnole, portugaise, russe, chinoise, allemande… Pour sa part, le lecteur francophone y trouvera l’espoir d’un monde meilleur par le respect et la promotion de grandes valeurs universelles. Il s’agit d’un ouvrage salutaire pouvant livrer de l’espoir à la communauté des hommes et des femmes et invitant toujours à faire primer l’idéal sur un intérêt particulier. Un grand souffle !
Abdou DIOUF. – Passion francophone, Discours et interventions 2003-2010,
Bruxelles, Bruylant, 2010, 306 pages.
Monsieur Diouf a dit : « Le français appartient, comme toutes les langues, au trésor linguistique de l’humanité. » Il ne tient qu’à nous tous et toutes, sous votre gouverne, de protéger ce trésor qui nous unit au sein de la grande famille de la Francophonie. par Jean Vaillancourt.
Après l’alternance, Abdou DIOUF devient Secrétaire général de la Francophonie de 2003 à 2015. «J’ai été mis aux affaires pendant que j’étais jeune : à 26 ans, gouverneur de l’une des régions les plus importantes du Sénégal, à 27 ans, secrétaire général de la présidence de la République, à 32 ans, ministre de Senghor, à 34 ans, Premier ministre, et à 45 ans, président de la République du Sénégal», écrit Abdou DIOUF, dans ses mémoires.
D’ailleurs, le Président DIOUF nous dit que “c’est au sortir des événements de Gambie, après son [armée] eut chassé les rebelles qui avaient renversé DIAWARA, que débutèrent en Casamance, dans le sud du Sénégal, les premières manifestations insurrectionnelles, plus précisément le 26 décembre 1982.” (p.217). Quelle ironie ! C’est pourtant pour anticiper les éventuels débordements d’insécurité et d’instabilité sur la Casamance que le Président DIOUF a envoyé les troupes sénégalaises. Comme on dit : “gouverner, c’est prévoir”. Mais, est-ce qu’on peut tout prévoir ? La preuve, il y a quand même eu de l’instabilité au Sud du Sénégal. Après le coup d’Etat manqué du 30 décembre 2014 et l’expulsion de l’opposant gambien, Cheikh Sidya BAYO, certains droits-de-l’hommistes ont critiqué le Sénégal en oubliant qu’il y a des enjeux géostratégiques à considérer.
Pour finir, on vante les mérites du Sénégal pour n’avoir pas connu de coup d’Etat militaire. Je pense qu’il faut rendre hommage au Président SENGHOR pour sa sagesse et au Président DIOUF pour son habilité (“j’ai une pensée reconnaissante pour une dame, un haut magistrat du Sénégal, qui à un moment donné m’a aidé à déjouer ce qui aurait pu nous priver de notre exception.” (p. 269).

Car, à des moments de l’histoire du Sénégal, l’armée s’est bien immiscée dans la conduite des affaires politiques sous SENGHOR dans le contexte des événements de 1968 (pp. 122-123) et même fomenter un coup d’Etat contre DIOUF (pp. 269-273). Que le Ciel en soit remercié ! Que Dieu bénisse toujours le Sénégal et l’Afrique !

Un des points sombres de la démocratie sénégalaise ce sont ces bavardages, ces invectives, insultes ou calomnies qui nuisent gravement à la qualité du débat politique. Ce sont souvent des stratégies personnelles pour être à la lumière. Or, ceux qui connaissent le président Abdou DIOUF, savent en raison de ses origines aristocratiques qu’il a été à la bonne école, celle du premier président du Sénégal de 1960 à 1980. En effet, le président Abdou DIOUF est un homme d’Etat avenant, particulièrement cérémonieux et respectueux des autres. Par ailleurs, et en sa qualité d’ancien président, il a inauguré cette règle constitutionnelle que les autres anciens chefs d’État sénégalais ont également suivie : à savoir ne pas interférer dans les débats de politique politicienne, en prenant de la hauteur. «Il n’y a pas de bonne démocratie, il n’y a que de bons démocrates», je l’ai déjà dit.
L’Afrique et le Sénégal sont confrontés à de graves conflits des enjeux politiques, économiques et sociaux. À ce propos, le président Abdou DIOUF, un grand sage, désintéressé, pourrait être une personne-ressource, pour apaiser, intercéder, orienter et aider à s’orienter vers la paix, la démocratie et le bien-être de tous.Fin

