DAKAR,31 MARS 2026(JVFE)-En ce mardi 31 mars 2026, au 32e jour du conflit au Moyen-Orient, Téhéran a été secouée par une série d’explosions ayant entraîné d’importantes coupures de courant.
Selon les agences de presse iraniennes Fars et Tasnim, les déflagrations ont principalement touché des infrastructures stratégiques :
Plusieurs quartiers, notamment dans l’est et l’ouest de la capitale, ont été plongés dans le noir après qu’une sous-station liée à une installation électrique a été frappée.
Des frappes intenses ont également visé des sites militaires dans le centre du pays, particulièrement dans la région d’Ispahan.
Des témoins ont rapporté que les secousses étaient assez fortes pour faire trembler les habitations.
Ces événements marquent une escalade majeure dans la confrontation impliquant Israël et les États-Unis :
Donald Trump a récemment menacé d’« anéantir » les sites énergétiques iraniens si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert.
Israël affirme avoir déjà détruit plus de 80 % des systèmes de défense antiaérienne de l’Iran.
En représailles, Téhéran a ciblé des intérêts économiques dans le Golfe, notamment un pétrolier koweitien à Duba
Les médias iraniens ont fait état d’explosions et de coupures de courant à Téhéran mardi matin.mardi au 32e jour après le déclenchement du conflit
L’agence de presse Fars a évoqué « plusieurs explosions » et des coupures de courant « dans certaines parties » de la capitale iranienne. L’agence Tasnim a mentionné des explosions entendues dans l’est et dans l’ouest de Téhéran ainsi que des perturbations dans l’approvisionnement en énergie dans l’est, avant d’affirmer qu’une sous-station d’une centrale énergétique avait été frappée.
L’armée israélienne avait peu avant appelé les habitants d’un quartier résidentiel de Téhéran à rester à l’abri en prévision d’une attaque visant « une infrastructure militaire ».
Quatre soldats israéliens tués au Liban-Sud
L’armée israélienne a annoncé mardi la mort de quatre soldats lors du même « incident » dans le sud du Liban, portant à 10 le nombre de ses militaires tués depuis la reprise des hostilités avec le Hezbollah le 2 mars.
L’armée a identifié trois soldats d’une brigade de reconnaissance morts « au combat » lundi et ajouté qu’un quatrième avait été tué, sans que son nom puisse être rendu public dans l’immédiat. « Un soldat a en outre été grièvement blessé et un réserviste légèrement blessé dans l’incident », a ajouté la même source.
Israël a rempli plus de la moitié de ses objectifs de guerre, dit Netanyahu
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé avoir rempli plus de la moitié de ses objectifs de guerre contre l’Iran, sans s’avancer toutefois sur un calendrier précis, au cours d’un entretien accordé à la chaîne américaine conservatrice Newsmax.
« La moitié du chemin est clairement dépassée. Mais je ne veux pas fixer de calendrier », a répondu le dirigeant en précisant qu’il parlait « en termes de missions, et pas nécessairement en termes de durée ».
« A terme, je pense que ce régime va s’effondrer de l’intérieur », a par ailleurs considéré Benjamin Netanyahu, à propos de l’Iran.
Explosions à Jérusalem, Israël dit intercepter des missiles iraniens
Un journaliste de l’AFP a entendu mardi au moins 10 explosions retentir au-dessus de Jérusalem après que l’armée israélienne a indiqué chercher à intercepter des missiles tirés depuis l’Iran.
« L’armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l’Iran en direction du territoire d’Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter cette menace », a indiqué l’armée sur Telegram, avant de lever l’alerte quelques minutes plus tard.
La radio-télévision d’Etat iranienne Irib a annoncé de son côté le tir de missiles en direction d’Israël.
Regain d’optimisme sur les marchés après des informations sur un revirement de Trump
Les Bourses asiatiques limitent leurs pertes et le pétrole décline mardi après des informations de presse selon lesquelles Donald Trump envisagerait de mettre fin à l’intervention militaire en Iran, même sans obtenir la réouverture du détroit d’Ormuz.
Selon le Wall Street Journal, le président américain aurait indiqué à ses conseillers qu’il était prêt à interrompre la campagne militaire que mènent les Etats-Unis contre l’Iran depuis plus d’un mois, estimant que forcer la réouverture du détroit d’Ormuz prolongerait le conflit « au delà de son calendrier de quatre à six semaines ». D’après le quotidien, Washington voudrait tenter d’obtenir de Téhéran par la voie diplomatique le déblocage de cette voie de passage stratégique, par où transite d’ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux. En cas d’échec de cette stratégie, M. Trump prévoirait de solliciter ses alliés en Europe et dans le Golfe pour forcer la réouverture du détroit, ont indiqué des responsables américains au WSJ.
Son chef de la diplomatie, Marco Rubio, s’est dit optimiste sur la possibilité de pouvoir travailler avec des interlocuteurs – non identifiés – du pouvoir iranien, après « quelques échanges » positifs.
Lundi, continuant de souffler le chaud et le froid, Donald Trump avait toutefois menacé l’Iran de s’en prendre à ses sites énergétiques si leurs discussions n’aboutissaient pas « rapidement » et si le détroit d’Ormuz n’était « pas immédiatement » rouvert. Le président américain a évoqué comme cibles l’île de Kharg, haut-lieu du pétrole iranien, mais aussi ses centrales électriques, puits de pétrole, et « peut-être toutes les usines de dessalement » du pays, sur son réseau Truth Social. Dimanche, il avait déjà évoqué une possible opération terrestre pour s’emparer du terminal de Kharg et « prendre le pétrole » iranien.
Frappes contre des forces pro-Iran en Irak
Les Forces de mobilisation populaire (PMF), une coalition d’anciens paramilitaires englobant des groupes armés pro-Iran en Irak, ont annoncé avoir été visées par des frappes aériennes américano-israéliennes au cours de la nuit, dans le centre et l’ouest du pays. Il n’y a aucun blessé, selon leur communiqué.
L’Iran attaque un pétrolier du Koweït à Dubaï
L’Iran a conduit une attaque « directe » contre un pétrolier sous pavillon koweïtien, au niveau du port de Dubaï, aux Emirats arabes unis, sans faire de blessés, a rapporté mardi l’agence de presse koweïtienne Kuna.
Le navire, Al-Salmi, « était entièrement chargé au moment de l’incident. L’attaque a causé des dégâts matériels sur la coque du navire et un incendie à bord, avec un risque de marée noire dans les eaux environnantes », a écrit l’agence, citant la société pétrolière nationale Kuwait Petroleum Corporation.
Les autorités dubaïotes ont confirmé sur X qu’un pétrolier koweïtien avait été ciblé par un drone dans les eaux de Dubaï, provoquant un incendie, ensuite éteint.
Quatre blessés à Dubaï après une chute de débris
Quatre personnes ont été blessées à Dubaï, aux Emirats arabes unis, par la chute de « débris » causée par la défense anti-aérienne, a rapporté le bureau de presse de Dubaï.
« Les autorités à Dubaï ont réagi à un incendie dans une maison abandonnée d’Al Badaa provoqué par des débris après une interception de la défense aérienne. Quatre blessés légers ont été signalés parmi des individus (qui se trouvaient) à proximité de la maison », a écrit le bureau dans un communiqué, sans préciser l’origine des débris.
Les marchés financiers affichent un regain d’optimisme ce mardi 31 mars 2026, soutenu par des informations selon lesquelles Donald Trump envisagerait de mettre fin à l’intervention militaire américaine contre l’Iran. Cette perspective de désescalade, malgré la poursuite du conflit au Moyen-Orient, permet aux bourses asiatiques de limiter leurs pertes et fait baisser les cours du pétrole.
Les Bourses asiatiques limitent leurs pertes et le pétrole décline mardi après des informations de presse selon lesquelles Donald Trump envisagerait de mettre fin à l’intervention militaire en Iran, même sans obtenir la réouverture du détroit d’Ormuz.
– Regain d’optimisme sur les marchés –
Après avoir décroché de plus de 2% dans les premiers échanges, l’indice Nikkei à Tokyo abandonnait toute juste 0,12% à 51.820,30 à la mi-séance. L’indice Hang Seng de Hong Kong progressait de 0,5% et Sydney avançait de 0,8%.
A Séoul le Kospi réduisait ses pertes, à -2%. Taipei reculait de 0,8%.
Selon le Wall Street Journal, le président américain aurait indiqué à ses conseillers qu’il était prêt à interrompre la campagne militaire que mènent les Etats-Unis contre l’Iran depuis plus d’un mois, estimant que forcer la réouverture du détroit d’Ormuz prolongerait le conflit “au delà de son calendrier de quatre à six semaines”.
D’après le quotidien, Washington voudrait tenter d’obtenir de Téhéran par la voie diplomatique le déblocage de cette voie de passage stratégique, par où transite d’ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
En cas d’échec de cette stratégie, M. Trump prévoierait de solliciter ses alliés en Europe et dans le Golfe pour forcer la réouverture du détroit, ont indiqué des responsables américains au WSJ.
– Apaisement du pétrole –
Les cours du pétrole, qui avaient grimpé mardi matin après l’attaque par l’Iran d’un pétrolier sous pavillon koweïtien au niveau du port de Dubaï, repartaient à la baisse.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord perdait 1,37% à 105,92 dollars vers 02H20 GMT, tandis que son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, lâchait 0,92% à 101,93 dollars.
Le WTI avait clôturé lundi au-dessus des 100 dollars pour la première fois depuis le début de la guerre.
“Les actifs risqués attendaient la moindre excuse pour rebondir”, pour Anna Wu de VanEck Associates Corp.
“Ce changement de scénario est donc une dose d’adrénaline pour l’humeur du marché”, même s’il est trop tôt pour que le marché base ses orientations sur cette hypothèse, souligne-t-elle, citée par l’agence Bloomberg.
Donald Trump avait soufflé le chaud et le froid lundi en menaçant Téhéran d'”anéantir” ses infrastructures pétrolières, tout en faisant état de “discussions sérieuses” avec des interlocuteurs iraniens.
Ses propos avaient été accueillis avec prudence par les investisseurs, se demandant “dans quelle mesure on peut accorder du crédit à ces déclarations, d’où un certain scepticisme sur les marchés”, a commenté l’analyste de Monex Keita Yamaguchi.
– Le yen scruté de près –
La devise japonaise se renforçait à 159,65 yens pour un dollar vers 02H20 GMT après de nouveaux propos de la ministre nipponne des Finances, Satsuki Katayama, qui a évoqué mardi une possible “action audacieuse”, menace à peine voilée d’une intervention pour soutenir le yen.
Le dollar a nettement progressé la veille, porté par son statut de valeur refuge face aux craintes d’escalade du conflit au Moyen-Orient, effectuant pour la première fois depuis juillet 2024 une percée au delà des 160 yens.
La dernière intervention du Japon pour soutenir sa devise nationale remonte précisément à cette période, lorsque le yen évoluait à des niveaux similairement bas.
– La tech en berne –
Alors que les marchés surveillent l’évolution des tensions au Moyen-Orient, “les investisseurs devraient porter leur attention sur les entreprises qui accélèrent la répercussion sur leurs prix de la hausse des matières premières pour préserver leur rentabilité”, a estimé Takuma Ikemoto du Tokai Tokyo Intelligence Lab.
Les valeurs technologiques en Asie étaient particulièrement à la peine après la débâcle de leurs cousines américaines lundi, les acteurs du secteur des puces mémoires ayant encore subi les effets de la présentation par Google d’un algorithme réduisant sensiblement les besoins en mémoire des grands modèles d’intelligence artificielle (IA).
Le nippon Tokyo Electron lâchait 2,5% et Kioxia chutait de 3,1%, tandis qu’à Séoul Samsung Electronics reculait de 2,4%.
Le président américain envisagerait d’interrompre la campagne militaire, estimant qu’une prolongation pour forcer la réouverture du détroit d’Ormuz durerait trop longtemps.
Washington chercherait à obtenir le déblocage du détroit d’Ormuz par la diplomatie plutôt que par la force.
Après des jours de tensions, ce signal a apporté un soulagement temporaire aux investisseurs, les cours du pétrole ayant réagi à la baisse face à la perspective d’un allègement des tensions sur l’approvisionnement.
Malgré cet optimisme, le contexte reste tendu, marqué par des explosions rapportées à Dubaï et la poursuite des frappes dans la région.
Cet espoir d’apaisement diplomatique permet de contrer partiellement l’incertitude extrême qui pesait sur les actifs mondiaux en fin de semaine dernière.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
