Guerre au Moyen-Orient : l’Iran annonce de nouveaux tirs de missiles sur Israël ; des drones frappent l’aéroport de la capitale du Koweït,Donald Trump exhorte d’autres pays à envoyer des navires pour sécuriser le détroit d’Ormuz

DAKAR ,14 Mars 2026(JVFE)-La situation maritime dans le détroit d’Ormuz et le golfe Persique est extrêmement tendue en raison d’un conflit ouvert impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran.

Le président américain Donald Trump affirme que l’Iran “est complètement vaincu et veut un accord” mais qu’il ne veut pas de cette dernière possibilité, deux semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient. Dans le même temps, les frappes se poursuivent, une attaque ayant notamment visé l’ambassade américaine en Irak.

Dans le sud du Liban, le Hezbollah a dit mener des affrontements « directs » avec les forces israéliennes. Donald Trump a, lui, exhorter d’autres pays à envoyer des navires pour sécuriser le détroit d’Ormuz.

Donald Trump exhorte d’autres pays à envoyer des navires pour sécuriser le détroit d’Ormuz. « Espérons que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d’autres (…) enverront des navires dans la région afin que le détroit d’Ormuz ne soit plus menacé par un pays totalement décapité », a dit le président américain, estimant que d’autres pays « doivent s’occuper » de la sécurité du détroit d’Ormuz.

« Il n’y a pas de problème » avec le nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei, qui n’est toujours pas apparu publiquement plusieurs jours après sa désignation, a affirmé le ministre des affaires étrangères iranien.

La télévision d’Etat iranienne a annoncé samedi soir le lancement d’une nouvelle salve de missiles sur Israël. Un peu plus tôt, l’agence de presse Fars avait fait état d’une attaque israélo-américaine de missile sur une zone industrielle à Ispahan dans le centre de l’Iran, qui, selon elle, a fait 15 morts.

Situation des navires américains et internationaux 

  • Destruction de navires iraniens : L’armée américaine a annoncé avoir détruit 16 bateaux poseurs de mines iraniens. Une autre opération a permis de détruire 10 bateaux supplémentaires.
  • Escortes militaires : Donald Trump a annoncé que la marine américaine allait très prochainement escorter des pétroliers dans le détroit d’Ormuz pour garantir la liberté de navigation.
  • Navires marchands touchés : Plusieurs navires commerciaux, dont le vraquier thaïlandais Mayuree Naree, ont été touchés par des projectiles ou déclarés en feu après des attaques dans le détroit d’Ormuz. 

Situation des navires et forces françaises

  • Soldats blessés : Le 12 mars, six soldats français ont été blessés par une attaque de drone en Irak. Un autre soldat français aurait été tué dans le cadre de ce conflit régional.
  • Marins bloqués : Environ une cinquantaine de marins français se trouvent actuellement bloqués dans la zone du détroit d’Ormuz, désormais considérée comme une zone de guerre.
  • Appel à la coalition : Donald Trump a publiquement appelé à la formation d’une coalition internationale pour débloquer le détroit et a explicitement déclaré qu’il comptait sur la France pour y participer. 

Conséquences immédiates

  • Suspension du transit : Des géants du transport maritime comme Maersk et MSC ont suspendu leur passage dans la zone.
  • Impact énergétique : TotalEnergies a suspendu environ 15 % de sa production mondiale de pétrole et de gaz en raison de l’arrêt des activités au Qatar, en Irak et aux Émirats Arabes Unis.

La réponse diplomatique de la France à l’appel de Donald Trump se caractérise par une ambiguïté stratégique, cherchant à concilier solidarité alliée et autonomie de décision.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a précisé que si la France est une alliée au sein de l’OTAN, elle n’a « ni approuvé ni participé » aux frappes initiales contre l’Iran.

Paris privilégie une approche diplomatique pour la réouverture du détroit d’Ormuz, craignant qu’une intervention de force n’aggrave l’escalade régionale. 

Plutôt que de s’intégrer totalement à la coalition américaine, la France pousse pour réactiver l’opération Agenor, une mission de surveillance maritime européenne sous commandement français, afin de maintenir une distinction avec l’approche de Washington.

La ministre des Armées a entamé des discussions avec des partenaires comme le Japon et l’Inde pour bâtir une coalition de sécurisation élargie, tout en maintenant des contacts avec Téhéran pour assurer un passage sûr aux navires civils. 

Face à la flambée des prix de l’énergie, Emmanuel Macron a annoncé la libération coordonnée de 400 millions de barils issus des réserves stratégiques françaises et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Le gouvernement travaille étroitement avec les assureurs et les compagnies maritimes pour gérer les conséquences du blocage sur le commerce mondial. 

Bien que prudente, la France a mobilisé ses moyens navals. Le porte-avions Charles de Gaulle et son groupe aéronaval ont été déroutés vers la zone pour « protéger les alliés » et sécuriser les routes maritimes.

 Paris a réaffirmé son soutien aux pays du Golfe (Émirats arabes unis, Arabie Saoudite) frappés par des tirs iraniens et se dit prête à participer à leur défense conformément aux accords de défense existants.

Malgré l’annonce historique de la libération de 400 millions de barils par les pays de l’AIE (dont 14,5 millions par la France), les prix à la pompe en France restent sous une pression extrême au 14 mars 2026. 

La libération des stocks n’a pas suffi à calmer les marchés ; au contraire, les prix du pétrole ont bondi de 17 % juste après l’annonce en raison des craintes de fermeture prolongée du détroit d’Ormuz.

Les analystes prévoient que le prix du litre de Sans Plomb 95 pourrait rapidement atteindre, voire dépasser, les 2,00 € si le baril de Brent se maintient autour de 100 $.

Sous la pression du gouvernement, certains distributeurs français se sont engagés le 12 mars à appliquer des baisses ciblées de 10 à 30 centimes par litre pour limiter l’impact social. 

Le gouvernement français a présenté le déblocage des réserves comme un outil de stabilisation, mais les marchés financiers l’ont interprété comme un signe de la gravité de la crise énergétique à venir.

Au-delà du prix du brut, les transporteurs maritimes imposent des surcharges de 155 à 230 $ par conteneur liées au coût du carburant, ce qui renchérit indirectement les prix finaux.

 La filière pêche française a déjà alerté sur une flambée des prix du gasoil marin, demandant des mesures d’urgence pour éviter un arrêt d’activité. 

Les contrats à terme suggèrent que les prix continueront de monter la semaine prochaine, portés par le bras de fer militaire entre les États-Unis et l’Iran.

L’opposition appelle déjà à des mesures plus radicales, comme un blocage des prix ou une baisse massive des taxes (TICPE). 

La France affiche des prix parmi les plus élevés d’Europe, principalement en raison d’une fiscalité importante qui représente plus de 50 % du prix final à la pompe. 

Comparaison des prix moyens (au 9 mars 2026)

Les données de la Commission européenne montrent des disparités marquées selon les pays : 

Pays Essence (SP95)Gazole (B7)
France1,95 €2,04 €
Allemagne2,08 €2,16 €
Pays-Bas2,17 €2,26 €
Italie1,87 €1,93 €
Belgique1,71 €1,90 €
Espagne1,60 €1,65 €
Luxembourg1,57 €1,77 €

Faits marquants par zone

  • Voisins plus chers : L’Allemagne et les Pays-Bas restent plus coûteux que la France. En Allemagne, le plein est devenu un enjeu politique majeur alors que le pays tente de préserver sa croissance économique malgré le choc pétrolier.
  • Opportunités transfrontalières : L’Espagne et le Luxembourg demeurent les options les plus économiques pour les frontaliers français, avec des écarts allant jusqu’à 35 centimes par litre sur l’essence par rapport à la France.
  • Inversion historique : En France, comme dans environ un quart des pays européens, le gazole est désormais plus cher que l’essence, une conséquence directe de la perturbation des chaînes d’approvisionnement liées au conflit. 

Tous les pays européens subissent la même onde de choc due au blocage du détroit d’Ormuz, mais la réponse varie selon les aides d’État. Alors que la France mise sur la libération de stocks stratégiques, d’autres pays envisagent des réductions temporaires de taxes, bien que des mesures comme la baisse de la TVA à 5,5 % soient jugées contraires au droit européen.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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