Sécurité régionale:

Sanna Manjang, suspecté lié à l’escadron de la mort de l’ancien président Yahya Jammeh, est remis aux autorités gambiennes par des responsables sénégalais

DAKAR, 03 DECEMBRE 2025( JVFE)Ancien membre des “Junglers” (les Broussards), un escadron de la mort mis en place par le président Yayah Jammeh, le lieutenant-colonel Sanna Manjang a été arrêté dans la matinée du samedi 29 novembre en Casamance, lors d’une opération conjointe de sécurisation effectuée par les armées sénégalaises et gambiennes.

L’information est donnée par le gouvernement gambien, par la voix de son ministère de l’information, qui a exprimé sa reconnaissance aux autorités sénégalaises pour “leur coopération constante et leur solidarité dans les dossiers relevant de la sécurité régionale et de la justice”.

L’ancien officier Sanna Manjang a été sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis en février dernier par le Tribunal de première instance de Banjul, à la suite des conclusions et recommandations des travaux de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC).

Il est accusé d’être impliqué dans plusieurs cas de tortures, de meurtres et de disparitions forcées commis par les “Junglers” durant le règne du président Yayah Jammeh.

Comment le chef des “Junglers” a-t-il été arrêté ?

Le fugitif le plus recherché de la Gambie, le lieutenant-colonel Sanna Manjang, chef des Junglers, l’escouade la plus redoutée et symbole des abus cités sous le régime de Yahya Jammeh, a été capturé samedi à l’issue d’une opération secrètement coordonnée entre les forces de sécurité sénégalaises et gambiennes dans les forêts profondes de Casamance.

Selon des responsables gouvernementaux, l’ancien officier Sanna Manjang se cachait depuis près de neuf ans dans cette zone frontalière poreuse, entre la Casamance, région sud du Sénégal, et son pays, la Gambie.

Considéré comme l’un des hommes de main les plus impitoyables du régime de Yahya Jammeh, Sanna Manjang aurait été impliqué dans certaines des pires atrocités commises entre 1994 et 2016.

Quel a été son rôle pendant le règne de Jammeh ?

Le lieutenant-colonel Sanna Mandjang, chef des junglers, a été l’un des hommes les plus redoutés du régime du président Jammeh.

Son arrestation marque un tournant décisif dans la traque des fugitifs du régime déchu en décembre 2016, après 22 années passées au pouvoir.

La justice gambienne le cite notamment dans l’assassinat du journaliste Deyda Hydara, le massacre des 59 migrants ouest-africains, des disparitions forcées, des tortures systématiques et même le meurtre de certains proches du président Jammeh (Kajali Jammeh et Haruna Jammeh).

Il a également été cité dans le meurtre de Daba Marena (ancien chef des Services secrets), Ndure Cham (ancien chef d’Etat-major), Dawda Nyassi (soldat), Mahawa Cham, Saul Ndow, et Yama Colley.

Devant la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC), plusieurs témoins l’ont décrit comme le chef de file de maintes missions de capture et d’exécution.

Dans des vidéos publiées ces dernières années sur les réseaux sociaux, Sanna Manjang s’est toujours défendu d’être un bon patriote et un serviteur indéfectible de l’ancien président Yahya Jammeh.

L’opération ayant conduit à son arrestation illustre une nouvelle phase dans la coopération sécuritaire entre Dakar et Banjul, une collaboration discrète mais constante depuis 2017 pour retrouver les anciens agents du régime de Yahya Jammeh.

Pour les autorités gambiennes, il s’agit d'”une avancée majeure vers la justice et la reddition des comptes”.

Sanna Manjang doit désormais être transféré à Banjul, et les discussions sont en cours dans ce sens.

Le gouvernement a réaffirmé son engagement envers la justice, la responsabilité et la protection des droits humains, tout en saluant la coopération « constante et déterminante » du Sénégal dans cette opération.

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