
DAKAR, 07 DECEMBRE 2025(JVFE)-Les actualités économiques récentes montrent des tendances contrastées : une croissance mondiale modérée mais robuste au Sénégal grâce au pétrole et au gaz, tandis que la France navigue entre un déficit public élevé et des prévisions de croissance lente. Au Sénégal, une réévaluation du PIB change la perception de l’endettement, ouvrant des perspectives pour le numérique et la transformation locale. En France, les débats budgétaires se concentrent sur la réduction du déficit et les réformes structurelles, avec une croissance attendue autour de 0,7 % pour 2025.
Les actualités économiques et financières du Sénégal en ce moment (fin 2025) sont marquées par une révision statistique majeure (rebasing) qui a réévalué le PIB et les ratios de dette, rendant l’économie plus attractive malgré des fragilités budgétaires persistantes et une forte mobilisation de la dette externe. Le pays cherche à maîtriser ses dépenses publiques et à consolider son cadre macroéconomique pour une croissance durable, tout en faisant face aux défis de l’inclusion financière et de la gouvernance, malgré des efforts de gestion budgétaire et des signaux d’amélioration.
Le pays cherche à maîtriser ses dépenses publiques et à consolider son cadre macroéconomique pour une croissance durable, tout en faisant face aux défis de l’inclusion financière et de la gouvernance, malgré des efforts de gestion budgétaire et des signaux d’amélioration.
Au Sénégal
- Robustesse et Potentiel : L’économie sénégalaise se montre résiliente, stimulée par la production pétrolière et gazière.
- Réévaluation du PIB : Un “rebasing” statistique ajuste le PIB à 2021, améliorant les indicateurs et attirant les investisseurs.
- Secteurs Clés : Le numérique est un moteur de croissance, avec des projections de 1100 milliards FCFA d’ici 2030, et des projets de nouveau code minier sont en cours.
En France
- Déficit et Dette : Le projet de loi de finances 2025 prévoit un déficit public à 5,4 % du PIB, avec un endettement à 116 % du PIB.
- Croissance : Les prévisions indiquent une croissance modeste de 0,7 % pour 2025, avec une légère accélération prévue pour 2026-2027.
- Défis Budgétaires : Des débats persistent sur les réformes nécessaires pour ramener le déficit sous 3 % du PIB, l’OCDE appelant à des mesures ambitieuses.
Tendances Mondiales
- Ralentissement Général : La croissance mondiale devrait se modérer en 2026, après une année 2025 solide.
- Marchés des Matières Premières : Le marché du cacao connaît une forte baisse des prix, tandis que les prix du nickel restent bas, selon des analyses récentes.
- Impact de l’IA : L’essor de l’intelligence artificielle stimule les investissements dans les data centers, mais soulève des questions sur les risques et la durabilité du secteur.
Points Clés Récents
- Révision Statistique (Rebasing) : Le passage de 2014 à 2021 comme base de calcul du PIB a mécaniquement réduit des ratios comme le taux d’endettement (de >90% à >80%) et la pression fiscale (de 18% à 15%), offrant une image plus fidèle de l’économie et rassurant les investisseurs.
- Finances Publiques : Fin septembre 2025, les finances publiques restaient sous tension, avec un déficit budgétaire élevé (4,88% du PIB) et une forte mobilisation de ressources externes, notamment via le marché régional.
- Dette : La dette publique a continué de grimper, atteignant 80% du PIB en 2023, avec un risque de surendettement jugé élevé par le FMI, ce qui accentue la pression sur la gestion budgétaire.
- Croissance et Inflation : L’économie a montré une résilience avec une croissance estimée à 4,3% en 2023, supérieure aux projections, et une inflation en baisse (5,9% en 2023), bien que la politique monétaire de la BCEAO reste restrictive.
- Gouvernance & Réformes : Le gouvernement met en œuvre des réformes ciblées (transformation systémique, gouvernance économique) et cherche à dynamiser le secteur privé, tout en consolidant ses finances avec des mesures d’économies sur les dépenses.
- Inclusion Financière : Malgré un taux d’inclusion élevé (plus de 77%), des défis persistent pour étendre les bénéfices du mobile money et des services financiers à la population rurale et informelle.
Perspectives et Défis
- Attraction des Investissements : La réévaluation statistique et les réformes visent à attirer davantage de capitaux étrangers.
- Maîtrise des Dépenses : Des efforts sont faits pour mieux maîtriser les dépenses, mais la tension budgétaire demeure.
- Soutien au Secteur Privé : Encourager les PPP, l’innovation et les PME est crucial pour une croissance durable.
- Stabilité Macroéconomique : Le Sénégal s’engage sur la voie de la consolidation budgétaire pour respecter les critères de l’UEMOA à moyen terme.
- L’économie du Sénégal demeure résiliente en 2025, soutenue par le démarrage de la production de pétrole et de gaz ainsi que par la reprise du secteur agricole. La poursuite des progrès en matière de gestion de la dette, de renforcement des institutions budgétaires et de gouvernance sera déterminante pour maintenir une croissance soutenue et la confiance des investisseurs.
- Les autorités ont fait preuve d’un engagement fort en faveur de la transparence et des réformes, en prenant des mesures concrètes pour s’attaquer aux causes profondes de la dette cachée passée et renforcer l’intégrité des finances publiques, tout en reconnaissant que des efforts importants seront encore nécessaires pour faire face aux pressions élevées sur la dette.
- Les discussions ont été productives et se sont concentrées sur les actions requises pour traiter les vulnérabilités budgétaires et de dette mises en évidence par l’épisode de la dette cachée, posant ainsi une base solide pour la poursuite des échanges dans les semaines à venir en vue d’un éventuel nouveau programme soutenu par le FMI.
Une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Edward Gemayel, chef de mission du FMI pour le Sénégal, a séjourné à Dakar du 22 octobre au 6 novembre 2025 pour faire avancer les discussions initiées lors des Assemblées annuelles de 2025 sur un nouveau programme soutenu par le FMI et pour examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre des mesures correctives liées à la dette cachée. La mission a également évalué les développements macroéconomiques récents et la stratégie de réforme à moyen terme des autorités.
Au terme de la mission, M. Gemayel a fait la déclaration suivante :
« L’équipe du FMI a eu des discussions constructives avec les autorités sénégalaises, franchissant des étapes importantes vers la mise en place d’un nouveau programme soutenu par le FMI. Ces échanges ont porté sur les politiques économiques visant à renforcer la soutenabilité budgétaire, améliorer la gestion de la dette et consolider la gouvernance des finances publiques — piliers essentiels pour le succès économique du Sénégal. Cette mission a permis de poser des bases solides pour la suite des discussions, et nous nous réjouissons de poursuivre le dialogue dans les prochaines semaines afin de finaliser un accord sur les politiques économiques et réformes qui soutiendront le nouveau programme.
Les autorités méritent d’être félicitées pour leur engagement continu en faveur de la transparence, de la discipline budgétaire et d’une gestion macroéconomique prudente. Malgré un contexte mondial incertain et des conditions de financement plus strictes, l’économie sénégalaise demeure robuste en 2025, soutenue par la première année complète de production pétrolière et gazière ainsi qu’un rebond de l’agriculture. La croissance du PIB réel est estimée à environ 7,9 % cette année, dont 3,4 % pour le secteur non-hydrocarbures, tandis que l’inflation devrait s’établir en moyenne à 1,4 %.
La performance budgétaire à fin septembre est globalement conforme au budget révisé de 2025, avec des recettes alignées sur les prévisions et une maîtrise des dépenses non prioritaires. Le déficit global devrait se réduire nettement, passant de 13,4 % du PIB en 2024 à 7,8 % en 2025, reflétant l’engagement fort des autorités en faveur de la consolidation budgétaire.
Le projet de loi de finances 2026 confirme cet engagement en ciblant une nouvelle réduction du déficit à 5,4 % du PIB. Cet objectif repose sur une mobilisation ambitieuse des recettes — à travers de nouvelles taxes sur les jeux de hasard, les transferts mobiles et d’autres mesures notamment relatives au foncier, ainsi qu’une suppression progressive des exonérations fiscales — combinée à la poursuite de la discipline en matière de dépenses. Si cette ambition est louable, le rendement fiscal très élevé attendu des mesures annoncées constitue un risque significatif, soulignant la nécessité d’établir des hypothèses plus prudentes. Une approche équilibrée permettrait de préserver les investissements à fort impact et les dépenses prioritaires bien ciblées, indispensables pour maintenir la crédibilité budgétaire et soutenir la croissance.
Le Sénégal continue de faire face à d’importantes pressions liées à la dette. La dette du secteur public et parapublic est estimée à 132 pour cent du PIB à fin 2024, dont 4 % d’arriérés intérieurs de paiement, en attendant les résultats de l’audit en cours mené par l’Inspection générale des finances sur lesdits arriérés de paiement. Les autorités poursuivent la mise en œuvre d’opérations de gestion active de la dette, tant sur la dette intérieure qu’extérieure, afin de réduire les vulnérabilités liées à la dette. En outre, les deux parties ont échangé sur plusieurs options pour adresser les défis budgétaires et de gestion de la dette mis en évidence par les conclusions de l’audit des finances publiques.
Des progrès notables ont été réalisés dans la mise en œuvre des mesures correctives liées au cas de dette cachée, notamment en matière de publication de la dette, mais des actions plus décisives restent nécessaires. Le renforcement des capacités de gestion de la dette et la centralisation des fonctions y afférentes au sein d’un même ministère demeurent des priorités clés pour améliorer le contrôle, la transparence et la redevabilité. L’achèvement de la réforme sur la gestion de la dette et la mise en œuvre complète des mesures correctives restantes seront essentiels pour clore définitivement le dossier de la dette cachée. En complément, la mission et les autorités sénégalaises ont également convenu de la nécessité de réformes soutenues pour appuyer une consolidation budgétaire propice à la croissance et faire progresser les mesures de gouvernance et de lutte contre la corruption, afin de maintenir la confiance et favoriser une croissance durable.
L’équipe du FMI tient à remercier les autorités sénégalaises pour leur accueil chaleureux, leur excellente coopération, ainsi que la franchise et la qualité des échanges tout au long de la mission. »
Au cours de la visite, l’équipe du FMI a rencontré Son Excellence M. Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République ; M. Ousmane Sonko, Premier Ministre ; M. Ahmadou Al Aminou Lo, Ministre d’État auprès du Président de la République, Chargé du Suivi de l’Agenda National de Transformation ; Mme Yacine Fall, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice ; M. Abdourahmane Sarr, Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération ; M. Cheikh Diba, Ministre des Finances et du Budget ; M. Jean-Claude Kassi Brou, Gouverneur de la BCEAO ; M. François Sène, Directeur national de la BCEAO ; ainsi que plusieurs hauts responsables. L’équipe a également eu des échanges fructueux avec les partenaires au développement et d’autres parties prenantes.
Le Fonds Monétaire International (FMI) et le Sénégal sont en négociations complexes pour un nouveau programme de prêt, axées principalement sur la gestion de la dette publique sénégalaise, qui a atteint des niveaux élevés (environ 139 % du PIB) après la révélation de “dettes cachées”. Le FMI salue les progrès du Sénégal, notamment la volonté de renforcer la transparence budgétaire et de maîtriser l’endettement, mais des désaccords subsistent sur les mesures spécifiques, le FMI suggérant une restructuration de la dette qui a été refusée par le Sénégal, préférant compter sur ses propres recettes et économies.
Points clés de la situation actuelle :
- Dette massive : Le Sénégal fait face à une dette publique très importante, avec une révélation récente de dettes non déclarées, compliquant les discussions avec le FMI.
- Négociations bloquées : Des missions successives du FMI n’ont pas abouti à un accord pour un nouveau programme, indiquant des difficultés à concilier les exigences du Fonds et les priorités nationales.
- Divergences sur la dette : Le FMI a proposé une restructuration de la dette, une option que le gouvernement sénégalais a rejetée, préférant des réformes internes pour gérer le fardeau.
- Priorités du Sénégal : Le gouvernement met l’accent sur la transparence budgétaire, la croissance inclusive et la résilience climatique pour stabiliser son économie, selon des piliers stratégiques présentés au FMI.
- Changements à la tête de la mission : Un nouveau chef de mission, Mercedes Vera Martin, prendra ses fonctions début 2026, marquant une nouvelle phase dans les discussions.
En résumé, le Sénégal cherche un soutien financier, mais les négociations avec le FMI sont tendues en raison des défis liés à sa dette, malgré des “progrès significatifs” reconnus par les deux parties.
LA REDACTION
