RDC :Avancée du M23,85 000 réfugiés dans des conditions catastrophiques au Burundi

 DAKAR, 17 DECEMBRE 2025(JVFE)-Au moins 85 000 personnes ont fui l’est de la République démocratique du Congo (RDC) après la dernière percée du groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, et survivent dans des conditions catastrophiques au Burundi, ont indiqué mardi plusieurs responsables burundais.

Après s’être emparé des grandes villes de Goma en janvier et Bukavu en février dans l’est de la RDC, le M23 a lancé une nouvelle offensive début décembre dans la province orientale du Sud-Kivu, le long de la frontière burundaise, au moment où la RDC et le Rwanda signaient un accord de paix à Washington sous l’égide du président américain Donald Trump.

Mardi, le dirigeant de la branche politique du M23, Corneille Nangaa, a annoncé dans un communiqué que le groupe antigouvernemental « retirera unilatéralement ses forces » d’Uvira, ville stratégique de plusieurs centaines de milliers d’habitants dont il s’était emparé mercredi dernier, « comme l’a demandé la médiation américaine », sans préciser de calendrier.

« Environ 25 000 réfugiés sont actuellement recensés à Gatumba (ouest du Burundi) et près de 40 000 à Buganda (nord-ouest), des chiffres qui augmentent quotidiennement », a rapporté le Burundais Ezéchiel Nibigira, président de la commission de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), une organisation régionale dont fait aussi partie la RDC et dont le Rwanda s’est retiré en juin.  

« La majorité de ces réfugiés sont des femmes et des enfants vivant dans une extrême précarité et totalement démunis », a poursuivi M. Nibigira, pointant lors d’une conférence de presse « un manque criant » de nourriture, d’abris, d’eau potable et de services de santé de base.

« Cette situation aggravée par le contexte de promiscuité, de surpeuplement et d’insuffisance des infrastructures expose les populations réfugiées à de graves risques sanitaires, avec des craintes sérieuses liées à l’apparition et à la propagation de maladies contagieuses », a-t-il déploré, lançant un « appel solennel urgent à la solidarité régionale et internationale ».

Dans le sud-ouest du Burundi, l’administrateur de Rumonge, Augustin Minani, a décrit à l’AFP une situation « catastrophique » dans cette commune, avec 20 000 à 25 000 réfugiés en provenance de RDC, dont quelque 3000 arrivés mardi.

« Ils manquent de tout. Ils ont reçu un peu d’aide, mais la grande majorité meurt de faim car il n’y a rien à manger, il n’y a pas de médicaments, pas d’abris. Les gens dorment à la belle étoile sur la plage ou dans le stade de Rumonge », s’est-il indigné.

L’ONU faisait état mercredi dernier de plus de 200 000 déplacés du fait de cette offensive, dont on ignore combien au total se trouvent aujourd’hui au Burundi.

Les rebelles du M23 annoncent leur retrait d’une ville occupée dans l’est du Congo

Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont déclaré mardi qu’ils se retireraient de la ville d’Uvira, prise la semaine dernière, alors que les combats s’intensifient en République démocratique du Congo malgré un accord de paix négocié par les États-Unis.

Corneille Nangaa, chef de l’Alliance de la rivière Congo, dont fait partie le M23, a déclaré que ce retrait avait été demandé par les Américains et qu’il s’agissait d’une « mesure unilatérale visant à instaurer la confiance » afin de faciliter le processus de paix.

La déclaration appelait également à la démilitarisation d’Uvira, à la protection de sa population et de ses infrastructures, ainsi qu’à la surveillance du cessez-le-feu par le déploiement d’une force neutre. Elle ne précisait pas si le retrait du M23 dépendant de la mise en œuvre de ces mesures.

Des habitants ont rapporté mardi que les rebelles étaient toujours présents dans la ville.

Le M23 a pris le contrôle d’Uvira la semaine dernière à la suite d’une offensive rapide lancée au début du mois. Selon les autorités régionales, plus de 400 personnes ont été tuées et environ 200 000 ont été déplacées.

La dernière offensive des rebelles a eu lieu malgré l’accord de paix négocié par les États-Unis et signé au début du mois par les présidents congolais et rwandais.

La semaine dernière, les États-Unis ont accusé le Rwanda de violer l’accord en soutenant la nouvelle avancée des rebelles dans l’est du Congo, riche en minerais, et ont averti que l’administration Trump prendrait des mesures contre ceux qui perturberaient l’accord.

L’accord n’incluait pas le groupe rebelle. Ce dernier négocie séparément avec la RDC et a accepté plus tôt cette année un cessez-le-feu que les deux parties s’accusent mutuellement d’avoir violé. Cependant, l’accord oblige le Rwanda à cesser de soutenir les groupes armés tels que le M23 et à œuvrer pour mettre fin aux hostilités.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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