Trump salue de «très bonnes» discussions avec l’Iran

DAKAR, 07 février 2026(JVFE)-Le président américain, Donald Trump, a salué les « très bonnes » discussions avec l’Iran organisées vendredi à Oman, affirmant qu’elles allaient se poursuivre « en début de semaine prochaine ».

Les négociations actuelles entre l’Iran et les États-Unis, qui se déroullés à Mascate (Oman), sont marquées par une composition inhabituelle mêlant diplomatie de haut niveau, liens politiques directs et présence militaire. 

Voici la composition des délégations telle qu’elle a été rapportée par JVFE :

Délégation des États-Unis 

Menée par l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient, l’équipe américaine reflète une approche hybride (politique et sécurité) : 

  • Steve Witkoff : Envoyé spécial du président des États-Unis et chef de la délégation.
  • Jared Kushner : Gendre et conseiller de Donald Trump, sa présence est vue comme un signal de l’autorité directe de la Maison Blanche dans les pourparlers.
  • Amiral Brad Cooper : Commandant du CENTCOM (commandement central américain). Sa participation souligne la dimension sécuritaire et les pressions militaires entourant les discussions. 

Délégation de l’Iran

L’équipe iranienne est composée de diplomates de carrière et de responsables de la sécurité nationale : 

  • Abbas Araghchi : Ministre des Affaires étrangères et chef de la délégation.
  • Hauts responsables du Conseil suprême de sécurité nationale : Accompagnent le ministre pour garantir que les discussions respectent les limites fixées par le Guide suprême.
  • Experts diplomatiques et économiques : Notamment pour aborder la question cruciale de la levée des sanctions. 

Médiation

Les discussions sont indirectes : les deux délégations ne se rencontrent pas face à face (bien qu’une poignée de main ait été évoquée comme possible). 

  • Badr Albusaidi : Le ministre des Affaires étrangères d’Oman assure la navette entre les deux parties pour transmettre les propositions. 

Tout en saluant ces pourparlers, M. Trump a maintenu la pression sur l’Iran, avec de nouvelles sanctions et un décret faisant planer samedi la menace de droits de douane supplémentaires sur les pays qui continuent de commercer avec l’Iran.

«Nous avons (…) eu de très bonnes discussions sur l’Iran, l’Iran semble vouloir absolument conclure un accord», s’est félicité vendredi devant des journalistes à bord d’Air Force One le président américain.

«Nous allons nous rencontrer à nouveau en début de semaine prochaine», a-t-il ajouté.

L’Iran a aussi affirmé qu’il allait poursuivre ses négociations avec les États-Unis, à l’issue d’une session de pourparlers à Oman tenue dans une «atmosphère très positive» selon Téhéran.

Des discussions, directes selon le site américain Axios, ont eu lieu entre le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi et l’émissaire du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, accompagné du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, sous la médiation du sultanat d’Oman.

Ces discussions étaient les premières depuis les frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens en juin, lors de la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque contre l’Iran lancée par Israël, allié de Washington.

Elles se sont tenues alors que Donald Trump a récemment déployé une importante force navale américaine dans le Golfe et multiplié les menaces d’intervention militaire en Iran, d’abord en réponse à la répression sanglante par le pouvoir iranien du mouvement de contestation en janvier puis en raison du programme nucléaire iranien.

Le ministre iranien a dit espérer que Washington s’abstiendrait de toute nouvelle «menace» pour que les pourparlers puissent se poursuivre.

«Dans une atmosphère très positive, nos idées ont été échangées», a-t-il déclaré à la télévision d’État iranienne.

Il a ajouté que les deux parties étaient «convenues de poursuivre les négociations, mais que les modalités et le calendrier seraient décidés ultérieurement».

Une telle situation décrit une stratégie diplomatique classique de “la carotte et du bâton”. Elle souligne le contraste entre l’ouverture au dialogue et le maintien d’une contrainte économique sévère.

Voici une notre analyse rapide du contexte et des enjeux de cette position :

Le double jeu diplomatique

  • Les pourparlers : En saluant les discussions, Donald Trump cherche à se présenter comme un négociateur prêt à conclure un “meilleur accord” que l’accord sur le nucléaire de 2015 (JCPOA), dont il s’est retiré en 2018.
  • La “Pression Maximale” : L’usage de sanctions et de décrets n’est pas seulement punitif ; c’est un levier de négociation. L’objectif est d’asphyxier l’économie iranienne pour forcer Téhéran à revenir à la table avec des concessions majeures.

Le mécanisme des sanctions secondaires

Le passage mentionnant la “menace de droits de douane supplémentaires aux pays qui continuent de commercer avec Téhéran” fait référence aux sanctions secondaires.

CibleMécanismeImpact
IranSanctions directes sur le pétrole et la banque.Chute des revenus de l’État et dévaluation de la monnaie.
Pays tiersMenace de droits de douane ou exclusion du marché US.Force les alliés (Europe, Inde, Japon) à choisir entre le marché iranien et le marché américain.

L’objectif stratégique

Cette approche vise à isoler totalement l’Iran sur la scène internationale. En utilisant le commerce américain comme une arme (le “weaponized trade”), les États-Unis transforment un différend bilatéral en une crise mondiale où chaque partenaire commercial de l’Iran doit évaluer ses propres risques économiques.


Tout en saluant ces pourparlers, M. Trump a maintenu la pression sur l’Iran, avec de nouvelles sanctions et un décret faisant planer la menace de droits de douane supplémentaires aux pays qui continuent de commercer avec Téhéran.

De son côté, M. Araghchi, qui avait aussi parlé vendredi d’une « très bonne » atmosphère lors des discussions, a parlé samedi d’un « bon départ » et a dit s’être mis d’accord avec Washington pour tenir « bientôt » une nouvelle session de pourparlers.

Lors d’un entretien avec la chaîne qatarie Al Jazeera, dont des extraits ont été diffusés sur son compte Telegram, il a fait état d’une « poignée de main » avec les membres de la délégation américaine, même si les négociations étaient « indirectes ».

Outre M. Araghchi, l’émissaire du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner participaient aux négociations.

Mais le chef de la diplomatie iranienne a estimé qu’il y avait « encore un long chemin à parcourir pour établir la confiance » et rappelé les lignes rouges de la République islamique.

Les discussions se concentrent «exclusivement sur la question nucléaire»: «nous n’abordons aucun autre sujet avec les Américains», a affirmé M. Araghchi à l’agence de presse Irna.

Samedi, lors d’une conférence au Qatar, il s’en est pris à Israël, fustigeant la «doctrine de domination» de ce pays qui lui permet, selon lui d’élargir son arsenal militaire tout en faisant pression sur les autres pays de la région pour qu’ils se désarment.

Les pays occidentaux et Israël accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique, ce que Téhéran dément tout en insistant sur son droit à développer une filière nucléaire civile.

Donald Trump avait affirmé en juin que les frappes américaines avaient «anéanti» les capacités nucléaires iraniennes, mais l’ampleur exacte des dégâts reste inconnue.

La France a affirmé vendredi que l’Iran devait renoncer à être une «puissance déstabilisatrice», citant notamment son programme nucléaire.

L’Iran et les États-Unis avaient déjà mené des négociations au printemps dernier, gelées par la guerre des 12 jours. Elles achoppaient notamment sur la question de l’enrichissement d’uranium par Téhéran.

Face aux menaces de Washington, Téhéran a répété qu’il riposterait contre les bases américaines de la région en cas d’attaque.

Les pourparlers à Oman ont eu lieu après que le pouvoir iranien a écrasé dans le sang un vaste mouvement de contestation en janvier.

L’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, a dit avoir confirmé 6.955 morts, dont une majorité de manifestants, et a recensé plus de 51.000 arrestations.

« L’enrichissement [nucléaire] est notre droit inaliénable et doit se poursuivre », a-t-il dit, tout en ajoutant être prêt à un accord qui « rassure » les États-Unis à ce sujet.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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