DAKAR,19 MARS 2026(JVFE)--Le Tchad est en état de choc après qu’une frappe de drone, en provenance du Soudan, a tué au moins 15 à 17 personnes à Tiné, dans l’est du pays, ciblant des personnes endeuillées. Le président Mahamat Déby a menacé de riposter face à cette incursion meurtrière, exacerbant les tensions frontalières liées au conflit soudanais.
Le drone a visé des civils rassemblés pour des funérailles à Tiné, à la frontière soudanaise.
Cette frappe est la conséquence directe du débordement du conflit au Soudan, où le gouvernement tchadien avait déjà fermé sa frontière fin février en raison d’incursions.
Le gouvernement tchadien a qualifié l’acte de lâche et a affirmé sa volonté de protéger son territoire, intensifiant le risque d’un affrontement direct.
La zone frontalière du Darfour est le théâtre de nombreux trafics et incursions de groupes armés, créant une insécurité chronique dans l’est du Tchad.
En uniforme militaire, le chef de l’Etat tchadien a convoqué une réunion de sécurité d’urgence mercredi soir, au cours de laquelle il a ordonné la mise en état d’alerte maximale de l’armée. Il a également ordonné la fermeture totale de la frontière avec le Soudan.
Il a qualifié l’attaque visant la ville frontalière de Tiné d’« outrageuse et d’agression flagrante » contre l’intégrité territoriale du Tchad.
Il a précisé que cette attaque avait eu lieu malgré les avertissements adressés aux deux camps en conflit au Soudan et la fermeture antérieure de la frontière.
Le mois dernier, le Tchad a fermé sa frontière avec le Soudan « jusqu’à nouvel ordre » afin de mettre un terme aux incursions répétées de groupes armés soudanais.
Il a toutefois autorisé des « dérogations exceptionnelles » pour raisons humanitaires, après autorisation des autorités compétentes.
Selon des habitants de Tiné, les victimes de l’attaque de mercredi étaient des personnes en deuil. L’une d’elles, citée par l’agence Reuters, a déclaré qu’elles s’étaient réunies dans une maison pour une cérémonie funéraire au cours de laquelle des lectures du Coran ont été effectuées.
L’attaque a suscité une vague de condamnations, notamment de la part de l’Assemblée nationale et des députés du parti au pouvoir.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

