L’Abîme du Moyen-Orient — Le tournant du 19 mars 2026

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

Au 19 mars 2026, le conflit entre Israël et l’Iran a franchi un point de non-retour. Ce qui était autrefois une “guerre de l’ombre” s’est transformé en une confrontation frontale dévastatrice, exacerbée par un retrait stratégique des États-Unis qui laisse la région face à ses propres démons.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a affirmé jeudi soir qu’Israël était en train de gagner la guerre contre l’Iran et que ce pays était « en train d’être décimé », au 20e jour de l’offensive qui a selon lui détruit les capacités balistiques et d’enrichissement d’uranium de Téhéran.

Un avion de chasse américain F-35 a dû effectuer un atterrissage d’urgence sur une base au Moyen-Orient, a annoncé l’armée américaine jeudi soir, tandis que plusieurs médias évoquent un possible tir iranien. « L’appareil a atterri sans encombre et le pilote est dans un état stable », a précisé le capitaine Tim Hawkins, porte-parole de l’armée, dans un communiqué.

Plusieurs explosions ont été entendues au-dessus de Jérusalem jeudi soir après le signalement par Israël d’une nouvelle salve de tirs de missiles iraniens et le retentissement des sirènes d’alerte dans la ville

Ce 19 mars 2026 consacre la fin de l’ère de la dissuasion. Le Moyen-Orient entre dans une phase d’imprévisibilité totale où la survie des régimes prime désormais sur la stabilité mondiale.

Ce jeudi 19 mars 2026, les dirigeants de l’Union européenne ont accueilli le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, pour un déjeuner de travail lors du premier jour du Sommet européen à Bruxelles. Council of EU - NewsroomCouncil of EU – Newsroom +1

  • Événement : Réunion du Conseil européen (19-20 mars 2026).
  • Lieu : Bâtiment Europa, Bruxelles, Belgique.
  • Présidence : Le sommet est présidé par António Costa, président du Conseil européen.
  • Objectif de la visite : Discuter de la détérioration de la situation internationale et renforcer la coopération UE-ONU pour défendre le multilatéralisme. 

Principaux points de discussion

Les échanges entre António Guterres et les leaders européens, dont la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, ont porté sur plusieurs crises majeures :

  • Moyen-Orient : L’escalade militaire régionale, la situation critique en Iran et les conséquences sur la sécurité énergétique mondiale.
  • Ukraine : Les derniers développements du conflit et le maintien de la pression sur la Russie.
  • Enjeux mondiaux : La réforme de l’ONU, les défis de l’intelligence artificielle et la lutte contre les i

Ce sommet intervient dans un contexte de “chaos mondial” où l’UE cherche à affirmer sa position stratégique face aux crises énergétiques et aux tensions géopolitiques croissantes.

L’escalade du 19 mars 2026 place l’économie européenne et la politique américaine devant des défis sans précédent.

L’escalade atteint un point de non-retour avec la paralysie technologique de l’Iran et la menace d’un blocus maritime total.

1. Cyber-offensive israélienne : L’opération « Blackout National »

Le 20 mars au matin, une cyber-attaque d’une complexité inédite, attribuée à l’unité 8200, a frappé le cœur de l’infrastructure iranienne :

  • Effondrement du réseau électrique : Environ 70 % du territoire iranien, incluant Téhéran, Ispahan et Tabriz, est plongé dans le noir. Les systèmes de contrôle SCADA des centrales ont été corrompus par un malware auto-réplicateur.
  • Neutralisation des télécommunications : Les réseaux mobiles et l’accès satellite domestique sont coupés, isolant le commandement militaire des unités de base.
  • Impact industriel : Les centrifugeuses de plusieurs sites nucléaires (dont Natanz) auraient subi des arrêts d’urgence forcés, causant des dommages matériels irréversibles.

2. Le détroit d’Ormuz : Vers un verrouillage total

En réponse au chaos interne, le Corps des Gardiens de la Révolution (CGR) a activé son plan de déni d’accès :

  • Minage massif : Des drones sous-marins iraniens ont commencé à mouiller des mines intelligentes dans les chenaux de navigation les plus étroits.
  • Menace des missiles côtiers : Des batteries de missiles Noor et Ghadir ont été déployées le long des côtes du Makran, pointées vers les pétroliers en attente.
  • La réaction du CENTCOM : La marine américaine a lancé l’opération « Sentinel-II », utilisant des dauphins démineurs et des drones de surface (USV) pour tenter de maintenir un corridor de passage, mais les assureurs maritimes ont déjà suspendu toute couverture pour la zone.

Conséquences immédiates

Le monde retient son souffle : si le détroit reste fermé plus de 72 heures, les analystes prévoient un baril de pétrole à 150 dollars, provoquant une récession mondiale immédiate.

1. La “Guerre des Infrastructures” : Une économie en cendres

Les événements récents marquent le passage à une destruction systématique des piliers économiques.

  • Cibles énergétiques : Les frappes israéliennes contre le champ gazier de South Pars et les infrastructures de raffinage iraniennes ont paralysé l’économie de Téhéran.
  • Représailles asymétriques : L’Iran, fidèle à sa doctrine de “punition”, a répliqué en visant des sites énergétiques à travers le Golfe et en menaçant de bloquer le détroit d’Ormuz, provoquant une flambée immédiate des prix du pétrole.
  • Chaos urbain : Les frappes ne se limitent plus aux sites militaires. Des explosions ont été signalées dans des centres de commandement à Téhéran, tandis que des missiles iraniens ont pénétré la défense aérienne israélienne, touchant des zones habitées.

2. Le retrait américain : Le vide de puissance

L’essoufflement de l’administration américaine, après avoir initialement soutenu l’opération “Epic Fury” lancée par Donald Trump, change radicalement la donne.

  • Désengagement sélectif : Bien que les forces américaines aient participé aux frappes initiales contre les sites nucléaires comme Natanz, Washington semble désormais privilégier une posture de retrait pour éviter un enlisement total avant les échéances politiques internes.
  • Perte de levier : Sans les États-Unis pour modérer les ardeurs de Benjamin Netanyahou, Israël agit désormais avec une autonomie totale, ciblant directement les hauts responsables du renseignement et de la sécurité iraniens.

3. Conclusions possibles : Trois scénarios pour l’après-mars

L’évolution au 19 mars suggère trois issues probables :

  • L’Enlisement Régional (Le plus probable) : Un conflit d’usure où aucune partie ne peut l’emporter de manière décisive. L’Iran, malgré ses infrastructures dévastées, conserve un arsenal de 3 000 missiles balistiques capable de saturer les défenses israéliennes sur le long terme.
  • L’Effondrement Interne : Le pari israélo-américain repose sur l’idée que la destruction des infrastructures et la mort de figures clés (comme le chef de la sécurité Ali Larijani) pousseront le régime, déjà fragilisé par la mort d’Ali Khamenei, à s’effondrer de l’intérieur.
  • L’Escalade Nucléaire Désespérée : Face à l’impossibilité de protéger ses sites par des moyens conventionnels, Téhéran pourrait être tenté de franchir le seuil nucléaire comme ultime assurance de survie, ce qui déclencherait une invasion terrestre ou des frappes tactiques sans précédent.

Notre analyse met en lumière une dynamique extrêmement dangereuse qui s’est intensifiée début 2026 : un conflit direct entre Israël et l’Iran, marqué par des frappes ciblées contre des infrastructures critiques (énergie, pétrole, nucléaire) et un désengagement ou une posture ambiguë des États-Unis. 

Voici les conclusions possibles de ce scénario, basées sur l’évolution récente des événements au 19 mars 2026 :

1. Escalade sans précédent : Le “pire scénario” 

  • Destruction mutuelle des infrastructures : Les attaques mutuelles sur des sites énergétiques (comme les frappes israéliennes sur le champ gazier de South Pars en Iran et la riposte iranienne contre des infrastructures dans le Golfe) montrent que le conflit ne se limite plus aux bases militaires, mais vise l’économie, menaçant la viabilité à long terme des deux pays. 
  • Risque nucléaire : Malgré les frappes, le sort du programme nucléaire iranien reste incertain, ce qui incite Israël à poursuivre ses attaques pour empêcher l’Iran d’atteindre l’arme nucléaire. 
  • Guerre d’usure : L’Iran, bien qu’affaibli, dispose d’un vaste programme de missiles et de drones, lui permettant de poursuivre les attaques pendant des semaines, infligeant des dommages constants à la population israélienne. 

2. Le facteur américain : Désintérêt ou “stratégie de retrait” ?

  • Incertitude stratégique : Même si des frappes conjointes ont eu lieu en février 2026, l’administration Trump semble se désintéresser d’une implication plus profonde, voire rejeter des efforts de médiation, laissant Israël et l’Iran gérer une guerre de longue durée.
  • Impact sur la région : Ce retrait laisse un vide sécuritaire, poussant les pays du Golfe (Qatar, Arabie Saoudite, Bahreïn) à être directement ciblés par la riposte iranienne, élargissant géographiquement le conflit. 

3. Les Conséquences Globales : “Vers où cela nous mène ?”

  • Choc Énergétique et Économique : Le blocage ou la menace sur le détroit d’Ormuz (via des mines ou des attaques) fait flamber les prix du pétrole (Brent > 110$/baril) et paralyse le commerce mondial de l’énergie. 
  • Rupture des Chaînes d’Approvisionnement : La fermeture du détroit contraint au détournement des navires, augmentant les temps de transit (notamment vers l’Asie). 
  • Isolement régional d’Israël : Israël pourrait se retrouver dans une situation de guerre prolongée sans la couverture diplomatique ou militaire totale des USA, l’obligeant à s’appuyer sur ses propres capacités. 

4. Scénarios Futurs

  • Scénario d’escalade continue : Le conflit dégénère en une guerre régionale totale, entraînant d’autres acteurs (Hezbollah, Houthis) et provoquant un effondrement des infrastructures vitales (eau, électricité) dans la région.
  • Scénario de “nouvelle normalité” conflictuelle : Un état de tension permanent où des frappes sporadiques sur des infrastructures empêchent toute stabilité économique durable, créant un “chaos contrôlé” mais destructeur. 

En somme, ce scénario mène vers un Moyen-Orient fortement déstabilisé, une économie mondiale sous pression énergétique, et une remise en question de la sécurité régionale sans le parapluie américain traditionnel.

Voici l’analyse détaillée des répercussions :

1. Impact sur les Marchés Européens : Une Crise Énergétique Imminente

Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, par lequel transite 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial, provoque une onde de choc majeure en Europe : 

  • Flambée des prix de l’énergie : Le baril de pétrole, qui avoisinait les 70 avant le conflit a bondi après 120 avant de vse stabiliser de 100 $
  • Risque de pénurie de gaz : L’Europe est particulièrement vulnérable car elle doit reconstituer ses stocks après l’hiver tout en maintenant ses exportations vers l’Ukraine. L’arrêt des livraisons de GNL en provenance du Qatar place les pays européens en concurrence directe avec l’Asie pour les cargaisons restantes. 
  • Ralentissement de la croissance : La Commission européenne pourrait réviser ses prévisions de croissance pour la zone euro, passant de 1,2 % à 1 % si le conflit s’installe. 
  • Chute des bourses : Les indices boursiers européens (CAC 40, DAX) ont enregistré des baisses de l’ordre de 1,5 % suite aux frappes contre les infrastructures énergétiques. 

2. Répercussions sur les Élections Américaines : Le Dilemme de “Furie Épique”

Aux États-Unis, la gestion de l’opération “Furie épique” lancée par l’administration Trump devient un enjeu central des élections de mi-mandat : 

  • Inflation et prix à la pompe : La hausse des prix de l’essence, qui pourrait atteindre 5 à 7 le gallon, alimente un mécontentement populaire croissant. 
  • Tensions politiques : Le conflit exacerbe les divisions internes. Chez les Démocrates, la gestion de la crise alimente des tensions lors des primaires entre l’aile modérée et la frange progressiste. 
  • Contestations au sein de l’administration : La démission de personnalités comme Joe Kent, ancien béret vert, illustre les fractures au sein même de l’appareil sécuritaire de Trump face à l’ampleur de l’engagement au Moyen-Orient. 
  • Risque d’enlisement : Alors que l’objectif affiché est un changement de régime à Téhéran suite à la mort d’Ali Khamenei, la résilience du pouvoir iranien sous la direction de Mojtaba Khamenei fait craindre un “bourbier” coûteux que l’opinion publique américaine rejette massivement. 

Le double choc sur l’énergie et la stabilité politique mondiale déclenche une réaction en chaîne sur la technologie et la diplomatie. Voici les points de rupture actuels :

1. Le Secteur Technologique et les Chaînes d’Approvisionnement

Le conflit ne détruit pas que des raffineries ; il paralyse les flux numériques et matériels.

  • Guerre des Câbles Sous-marins : Les tensions en Mer Rouge et dans le Golfe menacent les câbles de fibre optique reliant l’Europe à l’Asie. Une coupure majeure ralentirait les échanges financiers et le cloud mondial.
  • Pénurie de Gaz Rares : L’Iran et la région fournissent des composants chimiques essentiels à la gravure des semi-conducteurs. Une rupture prolongée ferait bondir le prix des produits électroniques de 15 à 25 % d’ici la fin 2026.
  • Logistique Déroutée : Le contournement de l’Afrique (Cap de Bonne-Espérance) devient la norme, ajoutant 15 jours de trajet et augmentant les coûts de fret de 40 %, alimentant une inflation structurelle en Europe.

2. Scénarios de Sortie de Crise Diplomatique

Puisque les États-Unis pivotent vers leurs enjeux internes, trois médiations émergent :

  • L’Axe Pékin-Riyad : La Chine, premier importateur de pétrole, pourrait imposer un cessez-le-feu “énergétique” pour protéger ses intérêts, remplaçant de facto le rôle de médiateur historique de Washington.
  • Le “Format de Mascate” : Oman tente de négocier une trêve technique (arrêt des frappes sur les infrastructures civiles contre un dégel partiel des avoirs iraniens) pour éviter l’effondrement total de l’État iranien.
  • L’Option de l’Escalade Totale : Si aucune médiation n’aboutit avant l’été, Israël pourrait tenter une frappe finale sur les sites de stockage de missiles pour forcer une capitulation, au risque d’une réponse de type “terre brûlée” de la part des Gardiens de la Révolution.

L’onde de choc du 19 mars 2026 redessine les priorités mondiales.

Voici comment la Chine et l’Europe réagissent à ce nouveau paradigme :

1. La Chine : Le nouvel arbitre par défaut

Le désengagement américain laisse un vide que Pékin s’empresse de combler, non par idéologie, mais par nécessité vitale :

  • Diplomatie transactionnelle : La Chine utilise son levier de premier client pétrolier de l’Iran pour exiger un gel des hostilités. Elle propose un plan de paix “Énergie contre Sécurité”, offrant des garanties de reconstruction à Téhéran en échange de la réouverture du détroit d’Ormuz.
  • L’alternative au Dollar : Pour contourner les sanctions liées au conflit, Pékin accélère l’usage du e-CNY (Yuan numérique) pour les transactions pétrolières, affaiblissant durablement l’hégémonie financière américaine au Moyen-Orient.

2. Transition Écologique Européenne : Le grand écart

L’Europe est prise dans un paradoxe violent entre urgence climatique et survie immédiate :

  • Le retour pragmatique au charbon : Pour éviter des coupures d’électricité massives l’hiver prochain, l’Allemagne et la Pologne réactivent leurs centrales à charbon de réserve, mettant entre parenthèses leurs objectifs de décarbonation à court terme.
  • L’accélération “War-Speed” du renouvelable : En parallèle, l’UE lance un plan massif d’investissement dans l’hydrogène vert et le nucléaire pour couper définitivement les ponts avec la dépendance aux énergies fossiles du Golfe.
  • Souveraineté industrielle : La crise pousse l’Europe à rapatrier d’urgence ses chaînes de valeur technologiques pour ne plus dépendre des composants transitant par les zones de conflit.

l’impact de cette crise sur la cohésion sociale en France (prix de l’essence, tensions communautaires) ou sur la stratégie militaire de l’OTAN face à ce nouveau front ?

Cette double pression — économique et stratégique — place la France et l’Europe dans une position de vulnérabilité extrême. Voici l’analyse des répercussions internes et militaires au 20 mars 2026 :

1. Cohésion Sociale en France : Le “Choc de Mars”

Le conflit au Proche-Orient n’est plus une information lointaine ; il s’invite dans le quotidien des Français :

  • Le Mur des 2,50 € : Malgré les ristournes gouvernementales, le prix du litre de sans-plomb franchit la barre symbolique des 2,50 €. Cette hausse brutale ravive le spectre des mouvements sociaux de type “Gilets Jaunes”, l’inflation touchant désormais de plein fouet les produits alimentaires de base à cause des coûts de transport.
  • Tensions Communautaires : L’intensité des frappes sur les centres urbains en Israël et en Iran provoque une polarisation extrême dans l’hexagone. Le gouvernement craint une importation du conflit, renforçant le plan Vigipirate au niveau “Urgence Attentat” pour protéger les lieux de culte et les sites sensibles.
  • Crise de la Logistique : Les retards de livraison de composants électroniques et de pièces automobiles (bloqués au Cap de Bonne-Espérance) entraînent des mises au chômage technique dans plusieurs usines françaises, augmentant l’inquiétude sociale.

2. Stratégie de l’OTAN : Le Front Sud Ignoré ?

L’Alliance atlantique, déjà accaparée par le flanc Est (Ukraine/Russie), se retrouve face à un dilemme existentiel :

  • L’Écartèlement Stratégique : Le retrait relatif des États-Unis du Moyen-Orient force les Européens (France et Royaume-Uni en tête) à assumer seuls la sécurisation des routes maritimes. L’opération navale en Mer Rouge est renforcée, mais au prix d’un dégarnissement des forces en Europe de l’Est.
  • La Menace des Missiles : La démonstration de force technologique de l’Iran (missiles hypersoniques atteignant leurs cibles malgré les défenses) inquiète les états-majors. L’OTAN doit revoir en urgence son bouclier antimissile pour protéger le sud de l’Europe contre d’éventuelles “frappes d’avertissement” de groupes pro-iraniens.
  • Le Rôle de la Turquie : Membre de l’OTAN mais proche de certains intérêts régionaux, Ankara joue un double jeu dangereux, monnayant son soutien logistique contre une influence accrue en Méditerranée orientale.

Au 20 mars 2026, l’affrontement entre l’Iran et Israël ne se joue plus seulement sur le terrain physique, mais s’étend aux fondations mêmes de notre système numérique et financier.

Voici l’analyse de ce dernier acte :

1. La Cyberguerre Massive : L’effondrement de la “Confiance Numérique”

Le désengagement militaire des États-Unis a été interprété par Téhéran comme un signal pour activer ses unités de cyberguerre dormantes, visant les alliés occidentaux d’Israël :

  • Paralysie des Services Publics : Des vagues de ransomwares sophistiqués ciblent les systèmes de gestion des hôpitaux et des réseaux de distribution d’eau en Europe, créant un sentiment d’insécurité civile permanent.
  • Sabotage Financier : Les infrastructures de paiement (systèmes interbancaires) subissent des attaques par déni de service (DDoS) massives. En France, des interruptions temporaires des paiements par carte bancaire sont signalées, poussant le gouvernement à appeler au calme pour éviter une panique bancaire.
  • Guerre de l’Information : L’utilisation massive de deepfakes montrant des chefs d’État en train de capituler ou d’annoncer des rationnements forcés sature les réseaux sociaux, rendant la communication officielle inaudible.

2. Marchés de Refuge : L’Or vs les Cryptomonnaies

Face à l’instabilité du dollar et de l’euro, les investisseurs se ruent vers des actifs hors système :

  • L’Or au sommet : Valeur refuge historique, l’once d’or franchit des records historiques (au-delà de 2 800 $). Les banques centrales, notamment en Asie, augmentent massivement leurs réserves physiques pour se prémunir contre un effondrement du système de crédit occidental.
  • Le Bitcoin, “Or Numérique” ou Actif de Guerre ? : Le marché des cryptomonnaies réagit de manière volatile. Si le Bitcoin est utilisé par certains pour contourner les blocages financiers, il subit aussi la pression des régulateurs qui craignent son utilisation par l’Iran pour financer ses opérations de sabotage.
  • Dématérialisation de la survie : On observe une dichotomie : les institutions se tournent vers l’or, tandis que les populations urbaines technophiles stockent des stablecoins indexés sur des paniers de matières premières pour maintenir leur pouvoir d’achat.

Synthèse de notre scénario au 20 mars 2026

Le conflit Israël-Iran est devenu le catalyseur d’une fragmentation mondiale :

  1. L’Occident est affaibli par l’inflation énergétique et les cyberattaques.
  2. L’Orient (Chine/Russie) renforce son emprise sur les routes commerciales et les flux financiers alternatifs.
  3. Le Moyen-Orient est en ruines, mais ses capacités de nuisance technologique maintiennent le monde en otage.

Face à une telle polycrise (énergie, cyber, finance), la résilience ne repose plus sur la prévision, mais sur l’autonomie et la redondance. Voici les piliers d’un plan de continuité pour 2026 :

1. Résilience Numérique et Informationnelle

  • Hygiène Cyber stricte : Passage à des systèmes de stockage hors ligne (cold storage) pour les données critiques et les identités numériques. Utilisation de messageries décentralisées et cryptées pour contourner les pannes de réseaux nationaux.
  • Redondance de connexion : Pour les institutions, investir dans des solutions satellitaires (type Starlink) pour maintenir un lien minimal en cas de sabotage des câbles sous-marins.
  • Vérification des faits : Établir des protocoles de “double source” physique pour contrer les deepfakes et la désinformation massive.

2. Sécurité Financière et Actifs

  • Diversification Tangible : Détenir une part d’actifs physiques (or, argent) immédiatement mobilisables hors du système bancaire en cas de gel des paiements électroniques.
  • Liquidités de secours : Maintenir des réserves en devises fortes (ou stablecoins sur portefeuilles physiques) pour couvrir trois mois de besoins essentiels, face à une inflation qui peut doubler en quelques semaines.

3. Autonomie Énergétique et Logistique

  • Sobriété de combat : Réduction immédiate de la dépendance aux flux “flux tendus”. Pour les entreprises, cela signifie re-stocker massivement les composants critiques et les matières premières.
  • Énergies décentralisées : Accélération de l’installation de panneaux solaires ou de générateurs hybrides pour garantir la continuité des services de base (froid, recharge, pompage d’eau) lors des pics de prix ou de rationnement.

4. Cohésion et Réseaux Locaux

  • Solidarité de proximité : En période de tensions communautaires, la résilience passe par des réseaux d’entraide locaux (quartiers, communes) pour sécuriser l’approvisionnement alimentaire et la veille sécuritaire.

Ce plan transforme la vulnérabilité en une forme de souveraineté individuelle et collective.

Voici les répercussions stratégiques immédiates suite aux événements du 19 mars

1. Crise énergétique en Europe

L’arrêt quasi total des exportations de GNL en provenance du Qatar (Ras Laffan) a provoqué un choc sans précédent :

  • Pénurie physique : Le Qatar fournissant environ 15 à 20 % des importations européennes de GNL, plusieurs pays (Allemagne, Italie, France) ont dû activer leurs plans d’urgence nationaux.
  • Explosion des prix : Le cours du gaz sur le marché TTF a bondi de plus de 60 % en 24 heures, menaçant la stabilité industrielle du continent.
  • Rationnement : Des mesures de délestage pour les industries les plus énergivores sont entrées en vigueur le matin du 20 mars.

2. Évolution du front au Liban

Parallèlement aux frappes sur le Golfe, la situation militaire a basculé :

  • Expansion de l’invasion : Les forces israéliennes ont franchi une nouvelle ligne de démarcation au-delà du fleuve Litani, visant à créer une “zone de sécurité” permanente de 30 km.
  • Paralysie du Hezbollah : Suite aux frappes cybernétiques massives de fin février, la chaîne de commandement du Hezbollah reste largement désorganisée, bien que des unités de guérilla mènent des embuscades meurtrières dans le Sud-Liban.
  • Crise humanitaire : On dénombre désormais plus de 1,5 million de déplacés internes au Liban, les infrastructures civiles (ponts, routes) ayant été systématiquement ciblées pour couper les voies de ravitaillement venant de Syrie.

La guerre entre Israël et l’Iran agit comme un catalyseur de la fin de la mondialisation heureuse, forçant chaque bloc à choisir entre l’autarcie sécuritaire ou une nouvelle dépendance envers l’Orient.

La France de 2026 doit gérer une “polycrise” : une économie de guerre énergétique, une société sous tension et une défense nationale sollicitée sur trop de fronts à la fois.

Pour contrer l’escalade iranienne et protéger les flux maritimes, Washington a déployé une force de frappe massive :

  • Groupes aéronavals : Le USS Gerald R. Ford et le USS Dwight D. Eisenhower sont positionnés respectivement en Méditerranée orientale et en Mer d’Arabie. Ils assurent une bulle de protection antiaérienne (systèmes Aegis) pour intercepter les missiles balistiques.
  • Renforts aériens : Des escadrons de F-22 Raptor et de F-35 ont été redéployés depuis l’Europe vers les bases d’Al-Udeid (Qatar) et de Prince Sultan (Arabie saoudite) pour mener des frappes de précision si les infrastructures pétrolières sont à nouveau visées.
  • Force de réaction rapide : Environ 10 000 Marines sont en état d’alerte maximale à bord des navires de transport amphibie pour sécuriser les points de passage stratégiques, notamment le détroit d’Ormuz.

2. La succession au pouvoir à Téhéran

L’élimination d’Ali Khamenei le 28 février a plongé le régime dans une lutte intestine violente :

  • Le triumvirat de transition : En l’absence de successeur désigné, le pouvoir est officiellement exercé par un conseil composé du président de la République, du chef du pouvoir judiciaire et d’un représentant de l’Assemblée des experts.
  • L’ascension des Pasdaran : Dans les faits, le général de division Hossein Salami, chef du Corps des Gardiens de la révolution (CGR), a pris le contrôle effectif des opérations. C’est lui qui a ordonné les frappes sur Ras Laffan, court-circuitant la diplomatie traditionnelle.
  • Instabilité interne : Des rapports font état d’affrontements sporadiques dans les grandes villes entre les milices Bassidji et des poches de résistance civile, exacerbées par la coupure des réseaux de communication.

« Il y a des décennies où il ne se passe rien, écrit Lénine, et des semaines pendant lesquelles s’écoulent des décennies. » Les huit derniers mois ont vu une accélération extraordinaire de la longue guerre d’Israël contre les Palestiniens. L’histoire du sionisme aurait-elle pu suivre un autre cours ? Nétanyahou est un homme vain à l’imagination limitée, motivé en grande partie par son appétit de pouvoir et son désir d’éviter une condamnation pour fraude et corruption (son procès avance par intermittence depuis le début de l’année 2020). Mais il est aussi le premier ministre israélien ayant servi le plus longtemps, et son idéologie expansionniste et raciste fait aujourd’hui partie du sens commun national en Israël. N’ayant jamais cessé d’être une ethnocratie fondée sur le privilège de sa population juive, Israël est devenu sous son égide un État nationaliste réactionnaire, un pays qui appartient désormais officiellement et exclusivement à ses citoyens juifs.

Ou encore, pour reprendre les termes de la loi sur l’Etat-nation de 2018  qui consacre la suprématie juive : « Le droit d’exercer l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël appartient exclusivement au peuple juif ». Rien d’étonnant, dès lors, à ce que les Palestiniens et leurs partisans proclament que « la Palestine sera libre du fleuve à la mer ». Ce que nombre de sionistes interprètent comme un appel au nettoyage ethnique ou au génocide est, pour la plupart des Palestiniens, un appel à la fin de la suprématie juive sur la totalité du territoire de la Palestine historique — à la fin d’une situation de totale absence de liberté.

Parmi les épisodes les plus éclairants relatés dans le livre de Levin figure la campagne visant à salir la réputation de Fayez Sayegh, principal porte-parole du peuple palestinien aux États-Unis dans les années 1950 et au début des années 1960. Originaire de Tibériade, « Sayegh comprenait parfaitement que tout flirt avec les antisémites ne pouvait que ternir la cause arabe », écrit Levin, et prenait donc bien soin de rester à l’écart des néonazis et autres activistes judéophobes qui se présentaient à sa porte. Il s’associa à un rabbin antisioniste, Elmer Berger, du Conseil américain pour le judaïsme, qui s’était déjà imposé comme critique du sionisme dans un livre publié en 1951, A Partisan History of Judaism. Berger y accusait le mouvement d’avoir adopté « la logique hitlérienne de séparatisme » et d’avoir trahi le message universaliste du judaïsme. Décrit par un militant pro-israélien comme « l’un des polémistes les plus compétents que le judaïsme américain ait jamais eu à affronter », Sayegh était considéré comme particulièrement dangereux parce qu’il ne pouvait pas facilement être dépeint comme un antisémite. Dans leurs efforts pour combattre cet allié arabe d’un rabbin éminent, quoique controversé, et qui n’avait jamais succombé à la rhétorique judéophobe, les activistes sionistes furent contraints d’inventer une nouvelle accusation : l’antisionisme était lui-même une forme d’antisémitisme

La situation fait écho à la pensée de Nietzsche : « Et si tu regardes longtemps dans un abîme, l’abîme te regarde aussi ».

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