DAKAR, 28 juillet 2026 (JVFE)—Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu rencontre le président américain Donald Trump ce mardi 28 juillet 2026 à Washington, marquant leur premier face-à-face depuis le déclenchement de la guerre régionale avec l’Iran en février dernier.
Cette visite diplomatique, organisée en marge des funérailles du sénateur Lindsey Graham, intervient dans un climat politique et militaire lourd de crispations entre les deux dirigeants.
Benjamin Netanyahu souhaite maintenir une pression militaire maximale sur Téhéran. De son côté, Donald Trump, confronté à l’impopularité de cette guerre aux États-Unis, privilégie désormais une issue diplomatique.
Les échanges portent sur le déploiement d’une Force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza. Cette force s’inscrit dans le projet de “Conseil de paix” défendu par la Maison-Blanche.
Les dirigeants abordent la mise en œuvre difficile de l’accord de sécurité signé en juin sous l’égide de Washington, qui prévoit le déploiement de l’armée libanaise face au Hezbollah.
Washington pousse pour un élargissement de la normalisation des relations entre Israël et les pays arabes, malgré les récentes frictions liées à l’accord de nucléaire civil américano-saoudien.
Un contexte électoral sous haute tension
Cette réunion cruciale survient alors que les deux dirigeants font face à des échéances politiques majeures à l’automne 2026 :
Benjamin Netanyahu brigue un nouveau mandat pour les élections législatives du 27 octobre. Il se trouve en grande difficulté dans les sondages, une large partie de l’opinion publique lui reprochant les failles sécuritaires du 7 octobre 2023.
Donald Trump prépare des élections de mi-mandat (Congrès) s’annonçant particulièrement périlleuses pour le parti républicain au pouvoir, en raison du coût et de l’impopularité de l’engagement militaire américain au Proche-Orient.Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou est arrivé à Washington, où il doit rencontrer mardi le président américain Donald Trump, pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a fait surgir des tensions entre eux.
Les divergences apparues entre les deux alliés ont toutefois été tempérées par des déclarations rassurantes de part et d’autre.
Leurs discussions doivent être centrées sur les dossiers régionaux, en particulier l’Iran, alors que Washington affirme vouloir redonner une chance à la diplomatie, après deux semaines de bombardements sans précédent depuis le cessez-le-feu d’avril.
Israël, qui avait lancé conjointement avec les États-Unis l’offensive sur Téhéran le 28 février ayant déclenché la guerre régionale, n’a pas pris part à la dernière vague d’affrontements.
Le rendez-vous « est un grand privilège, mais aussi une grande responsabilité », a déclaré M. Nétanyahou avant son départ d’Israël lundi.
« Nous discuterons de tous les sujets […] avant tout de l’Iran, naturellement, notre objectif est de garantir notre sécurité, mais aussi d’élargir le cercle de la paix autour de nous », a-t-il ajouté.
À son arrivée à Washington, M. Nétanyahou a assisté lundi soir à un dîner organisé à la mémoire du sénateur Lindsey Graham, mort le 11 juillet, a indiqué son cabinet. Il doit également assister à ses obsèques mardi.
Les relations entre M. Trump et M. Nétanyahou s’étaient fortement dégradées en avril, lors des négociations sur un premier cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, Donald Trump s’en prenant alors vertement à son allié israélien accusé de faire obstacle aux efforts diplomatiques.
Le président américain avait notamment qualifié Benyamin Nétanyahou de « type très difficile » lors d’une entrevue.
Ce dernier a concédé des « désaccords tactiques », tout en assurant partager avec Donald Trump les mêmes objectifs dans la guerre.
Mardi, ils doivent aussi discuter de la mise en œuvre de l’accord-cadre conclu sous l’égide des États-Unis entre Israël et le Liban — en vue de leur sortie de l’état de guerre — dont l’application reste difficile sur le terrain.
Dimanche encore, l’armée libanaise a condamné la poursuite des opérations militaires d’Israël dans le sud du pays, où, malgré les demandes de retrait de Beyrouth, il occupe un pan de territoire, affirmant vouloir neutraliser le Hezbollah pro-iranien.
Les discussions devraient également porter sur la bande de Gaza, sur fond d’impasse des efforts diplomatiques pour amorcer la reconstruction du territoire palestinien dévasté par deux ans de guerre entre le Hamas et Israël.
La situation humanitaire y est catastrophique. Malgré le fragile cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025, des Palestiniens continuent d’être tués régulièrement par des tirs israéliens, selon les autorités palestiniennes et des sources médicales, l’armée israélienne disant viser des combattants.
Selon Yonatan Freeman, expert en relations internationales à l’Université hébraïque de Jérusalem, le rendez-vous vise avant tout à dissiper les spéculations sur un refroidissement des relations.
« L’enjeu principal est de montrer au monde entier, à l’Iran, mais aussi au Liban et à d’autres pays en particulier, qu’il n’y a pas de rupture ni de désaccord majeur entre les États-Unis et Israël », a-t-il dit à l’AFP, jugeant qu’il existe « davantage de points d’accord que de désaccord » entre eux.
Les éventuelles divergences portent davantage, selon lui, sur les moyens (calendrier, intensité des opérations militaires ou objectifs immédiats) que sur les finalités.
Selon lui, Donald Trump devrait se concentrer sur ses deux priorités régionales, l’Iran et l’élargissement des accords d’Abraham de normalisation des relations des pays arabes avec Israël.
Selon d’autres observateurs, les échanges pourraient aussi porter sur les modalités d’un éventuel allègement de la présence militaire israélienne dans la région (Liban, Syrie, Gaza).
Plusieurs médias israéliens, citant des sources politiques, ont rapporté que le cabinet de sécurité avait approuvé le cadre juridique permettant le déploiement d’une force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza, une décision présentée comme un geste envers Washington.
Cette force internationale, qui s’inscrit dans le cadre du « Conseil de paix » promu par Donald Trump, constitue l’un des volets du dispositif américain envisagé pour l’après-guerre à Gaza.
La visite de Benyamin Nétanyahou intervient par ailleurs alors qu’il brigue un nouveau mandat, lors des législatives du 27 octobre.
Les derniers sondages le donnent en difficulté, une partie de l’opinion lui reprochant toujours l’échec de son gouvernement à empêcher l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.
Des tensions sont apparues entre les deux dirigeants ces derniers mois, tempérées par des déclarations rassurantes de part et d’autre.
M. Nétanyahou assistera également aux funérailles du sénateur républicain Lindsey Graham — figure influente des relations américano-israéliennes morte le 11 juillet — qualifié d’« ami d’Israël » par son bureau.
Benyamin Nétanyahou et Donald Trump se sont rencontrés de nombreuses fois depuis le retour au pouvoir de ce dernier, en janvier 2025, et leur dernier entretien remonte au 11 février, à Washington.
Leur nouveau rendez-vous intervient alors que M. Nétanyahou brigue un nouveau mandat, lors des législatives du 27 octobre.
Des médias israéliens et américains avaient rapporté que M. Nétanyahou cherchait depuis plusieurs semaines à obtenir un nouvel entretien avec Donald Trump, sans qu’une date ne soit arrêtée, alimentant les spéculations sur des frictions entre les deux dirigeants.
À l’arrivée de M. Trump au pouvoir, ils affichaient une forte convergence de vues. Benyamin Nétanyahou a souvent qualifié Donald Trump de « plus grand ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison-Blanche ».
Mais après l’offensive conjointe des deux pays contre l’Iran, le 28 février, alors présentée comme un succès par les deux camps, leur relation a montré des signes de crispation.
En jeu notamment la question de savoir s’il fallait maintenir la pression militaire sur l’Iran ou privilégier une solution diplomatique.
« Nous nous entendons très bien. [Nétanyahou] sait qui est le patron », avait déclaré Donald Trump au média américain Axios début juillet.
Lors des négociations ayant conduit à un accord de cessez-le-feu-depuis caduc-entre les États-Unis et l’Iran en avril, Donald Trump avait publiquement laissé éclater sa colère contre son allié israélien.
Le président américain estimait que la poursuite des opérations militaires israéliennes contre le Hezbollah pro-iranien au Liban compliquait les discussions avec Téhéran.
Et quelques heures avant la conclusion du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, il s’était emporté contre les frappes israéliennes au Liban.
« Tu es complètement cinglé ? Qu’est-ce que tu es en train de foutre ? », a-t-il reconnu avoir déclaré à M. Nétanyahou auprès du New York Post en juin.
Le président américain avait aussi qualifié Benyamin Nétanyahou de dirigeant « très difficile » dans un autre entretien. « Il devrait nous être très reconnaissant car si l’Iran possédait l’arme nucléaire, Israël ne tiendrait pas deux heures », avait-il ajouté.
Benyamin Nétanyahou a minimisé ces différends, reconnaissant « parfois des désaccords tactiques » mais mettant en avant des objectifs communs : désarmer le Hezbollah et empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.
« Nous pouvons être en désaccord le matin et agir ensemble l’après-midi », a-t-il affirmé.
Les derniers sondages donnent le dirigeant israélien en difficulté, sur fond de colère persistante d’une partie de l’opinion publique pour l’incapacité de son gouvernement à empêcher l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023 contre Israël.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky rencontrera aussi mardi son homologue américain à Washington, a déclaré un responsable de la Maison-Blanche vendredi.
Kyiv n’a pas confirmé dans l’immédiat cette entrevue, ni si le président ukrainien se rendrait à cet hommage ou non.
Il avait annoncé mercredi s’être entretenu avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, afin de « redynamiser la diplomatie » pour trouver une issue à la guerre avec la Russie.
Les efforts américains de médiation entre Kyiv et Moscou sont à l’arrêt depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, l’attention de Washington étant accaparée par l’Iran.
Volodymyr Zelensky a par ailleurs rencontré jeudi l’influenceuse américaine Laura Loomer, une figure de l’extrême droite américaine considérée comme faisant partie des personnalités ayant l’oreille de Donald Trump.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
