Accord avec le FMI : la Guinée mise sur 425 millions de dollars pour accélérer ses réformes économiques

 DAKAR, 14 AOUT 2026 (JVFE)—La Guinée a conclu un accord préliminaire de 425 millions de dollars avec les services du Fonds monétaire international (FMI) le 10 août 2026.

Conakry et les services du FMI sont parvenus à un accord sur un programme de 41 mois qui pourrait mobiliser 425 millions de dollars. L’accord intervient alors que Simandou accélère la croissance et place la gestion des futures recettes minières au cœur des enjeux économiques du pays.

Cet accord technique marque une étape historique pour le pays après plus de cinq ans sans programme financier avec l’institution. Le plan d’aide va s’étaler sur une période de 41 mois. Il utilisera la Facilité élargie de crédit (FEC).

Le conseil d’administration du FMI doit encore donner son accord final en septembre 2026.

Le gouvernement de Conakry, représenté par sa ministre de l’Économie, des Finances et du Budget Mariama Ciré Sylla, veut utiliser cet argent comme un levier pour transformer son économie. Le pays traverse une forte phase d’accélération avec une croissance prévue de 8,6 % en 2026.

Le programme s’articule ainsi autour de cinq priorités : la mobilisation durable des recettes publiques, la gestion rigoureuse des finances publiques, la stabilité macroéconomique et financière, la gouvernance et la transparence, ainsi que la diversification économique et la promotion du capital humain.

Le mégaprojet de minerai de fer Simandou va générer d’immenses richesses. L’accord sert de guide de discipline budgétaire pour éviter les pièges de la dépendance minière.

Optimiser la collecte des taxes et des impôts à travers le pays.

Améliorer le contrôle et la redevabilité dans la gestion des ressources naturelles. Veiller à ce que l’argent public soit mieux investi dans les infrastructures, la création d’emplois pour les jeunes et les services publics.

Sur le plan budgétaire, les autorités entendent notamment élargir l’assiette fiscale, lutter contre la fraude, poursuivre la digitalisation des régies financières, améliorer la préparation du budget et renforcer la sélection des investissements publics.

Pour le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, les discussions avec le FMI vont au-delà du financement attendu.

« C’est un signal de crédibilité, c’est un signal de confiance, mais surtout un signal de responsabilité », a-t-il déclaré.

Selon lui, la stabilité macroéconomique recherchée dans le cadre du programme ne constitue pas une finalité, mais doit servir de fondement à la transformation économique.

« Nous ne stabilisons pas l’économie pour stabiliser l’économie, nous stabilisons notre économie pour pouvoir investir davantage dans nos routes, dans nos énergies, dans notre agriculture, dans nos industries, dans nos systèmes éducatifs, dans la santé, mais surtout dans le capital humain », a expliqué Ismaël Nabé

Obtenir le tampon de crédibilité du FMI pour attirer d’autres partenaires financiers internationaux.

L’économie guinéenne en chiffres

Indicateur cléDonnée actuelle / prévision
Montant du programme425 millions de dollars (environ 145% de la quote-part du pays)
Durée des réformes41 mois
Croissance économique (2025)7,1 %
Prévision de croissance (2026)8,6 %
Perspective de note souveraine

Le programme prévoit également une amélioration de la gestion des finances publiques et de la qualité des dépenses, ainsi qu’un renforcement de la gouvernance et des institutions économiques. L’objectif est de préserver la stabilité macroéconomique et financière tout en orientant davantage les ressources publiques vers les priorités de développement.

Ces enjeux prennent une dimension particulière dans une économie encore fortement dépendante de l’industrie extractive. La Guinée est déjà l’un des grands producteurs mondiaux de bauxite et dispose également d’un important secteur aurifère. L’entrée en exploitation de Simandou doit désormais ajouter le minerai de fer aux principales exportations du pays et renforcer le poids des mines dans l’économie.

Au-delà des 425 millions de dollars envisagés, les autorités guinéennes comptent sur l’accord avec le FMI pour renforcer la crédibilité de leur politique économique auprès des partenaires financiers. Le suivi des réformes par l’institution peut faciliter la mobilisation d’autres ressources extérieures en donnant aux bailleurs et investisseurs une meilleure visibilité sur la trajectoire macroéconomique du pays.

La Facilité élargie de crédit est un instrument concessionnel du FMI destiné aux pays à faible revenu confrontés à des difficultés prolongées de balance des paiements. Les financements associés sont généralement décaissés par étapes, en fonction des revues du programme et du respect des engagements convenus avec l’institution. L’accord annoncé par Conakry est pour l’heure conclu au niveau des services du FMI. Son approbation par le conseil d’administration, prévue en septembre, ouvrira la voie à l’entrée en vigueur du programme et aux premiers décaissements.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *