🇹anzanie-RDC : Un partenariat économique et sécuritaire renforcé

DAKAR, 19 AOUT 2026 (JVFE)—« Nous en avons assez, comme ça, de servir de terre d’extraction » est la dĂ©claration forte du prĂ©sident de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC), FĂ©lix Tshisekedi, lors de sa visite officielle en Tanzanie.

Pour Félix Tshisekedi, l’Afrique ne peut plus se contenter d’exporter ses matières premières à l’état brut avant de les voir revenir sous forme de produits transformés.

Les échanges entre les deux chefs d’État portent notamment sur les perspectives de coopération économique, sécuritaire et régionale entre les deux pays, tous deux membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). La coopération entre la RDC et la Tanzanie couvre déjà plusieurs domaines, notamment le commerce, les investissements, les infrastructures, l’énergie, la sécurité et les finances.

Lors d’une confĂ©rence de presse conjointe Ă  Zanzibar avec la prĂ©sidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, le chef de l’État congolais a fermement critiquĂ© le modèle Ă©conomique actuel de l’Afrique. Ce modèle historique pousse le continent Ă  exporter ses prĂ©cieuses matières premières Ă  l’Ă©tat brut pour les voir transformĂ©es Ă  l’Ă©tranger.

Un appel Ă  la transformation locale des richesses

FĂ©lix Tshisekedi souhaite imposer un changement de paradigme Ă©conomique majeur pour son pays et pour l’Afrique :

Les minerais critiques (comme le cobalt, le cuivre ou le coltan) doivent subir au moins une première phase de transformation industrielle sur le continent africain avant toute exportation.

Transformer localement permet de garder les bénéfices financiers au sein des pays producteurs plutôt que de céder toute la richesse aux usines occidentales ou asiatiques.

Le dĂ©veloppement de chaĂ®nes de valeur industrielles locales est indispensable pour crĂ©er des emplois et offrir des perspectives d’avenir Ă  la jeunesse africaine.

Le prĂ©sident congolais a insistĂ© sur l’obligation de construire des infrastructures de transport et d’accroĂ®tre massivement les capacitĂ©s Ă©nergĂ©tiques (Ă©lectricitĂ©) pour faire tourner ces futures usines.

Au-delà de cette déclaration économique, le séjour de Félix Tshisekedi en Tanzanie a permis de sceller plusieurs accords bilatéraux stratégiques :

  • Alliance sur les minerais : Les deux pays ont signĂ© un protocole pour coopĂ©rer sur la gestion des minerais critiques, le partage de donnĂ©es gĂ©ologiques et l’intĂ©gration de la RDC au Centre africain des minĂ©raux et des gĂ©osciences basĂ© Ă  Dar es Salaam.
  • Le corridor de transport : La Tanzanie demeure une porte de sortie maritime vitale pour la RDC. Le corridor de Dar es Salaam permet d’acheminer les marchandises et les exportations minières du Sud et de l’Est congolais vers l’ocĂ©an Indien.
  • SĂ©curitĂ© rĂ©gionale : Les discussions ont portĂ© sur la crise sĂ©curitaire dans l’est de la RDC. La Tanzanie, via les troupes de la SADC (CommunautĂ© de dĂ©veloppement de l’Afrique australe), participe activement aux opĂ©rations de maintien de la paix et soutient l’intĂ©gritĂ© territoriale congolaise face aux groupes armĂ©s.

Félix Tshisekedi a également évoqué les partenariats que les pays africains entretiennent avec les grandes puissances économiques. Il a notamment cité les États-Unis, la Chine et l’Europe, estimant que ces partenariats peuvent contribuer à soutenir la transformation économique du continent. Le président congolais a estimé que ces partenaires sont désormais davantage sensibles à la volonté des pays africains de transformer leurs ressources directement sur le continent.

Félix Tshisekedi a enfin réaffirmé la solidarité de la RDC envers la Tanzanie, notamment sur les questions de stabilité et de sécurité dans la région.

La République démocratique du Congo et la Tanzanie entretiennent des relations historiques, notamment à travers l’une des plus longues frontières lacustres du continent. Les deux pays sont également membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), dont le dernier sommet des chefs d’État s’est tenu à Arusha, en Tanzanie, au mois de mars dernier. Ils sont aussi membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

La Force de défense du peuple tanzanien (TPDF) participe à des opérations de maintien de la paix sous les auspices des Nations unies et d’organisations régionales, notamment de la SADC.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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