Madagascar : Richard Ravalomanana condamné à dix ans de travaux forcés, la défense se pourvoit en cassation

DAKAR, 03 Septembre 2026 (JVFE)—Le général Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat de Madagascar et figure clé de l’ex-régime d’Andry Rajoelina, a été condamné le mardi 1er septembre 2026 à dix ans de travaux forcés par la Cour criminelle du tribunal d’Antananarivo.

Trois accusations avaient initialement été portées contre lui. La première concernait une menace de mort présumée envers Jean Walker Andriakotomalala, ancien directeur des projets et du patrimoine de la Sirama. Les faits remontent au 21 mai 2019, à Brickaville, où le général aurait déclaré : « Toi aussi, Walker, tu es dans notre ligne de mire ».

Ce volet a finalement été écarté. La défense avait invoqué la prescription et demandé l’extinction de l’action publique. La juridiction a retenu cet argument. Jean Walker Andriakotomalala avait également décidé de ne plus maintenir sa plainte.

Les chefs d’accusation : Il a été reconnu coupable de « complicité de meurtres » et de « complicité de coups et blessures volontaires ». La Cour a toutefois retenu des circonstances atténuantes liées à son âge et à son casier judiciaire vierge.

Les faits reprochés : La justice l’accuse d’avoir ordonné et facilité la répression violente des manifestations menées par le collectif « Gen Z » en septembre et octobre 2025. Déclenchées par les coupures d’eau et d’électricité, ces contestations avaient fait 22 morts selon l’ONU et conduit au renversement du régime d’Andry Rajoelina.

Richard Ravalomanana a nié avoir joué un quelconque rôle dans ces actes. Sa position a été appuyée par Dany Marius Rakotozanany, ancien directeur général de la Police nationale. Ce dernier a affirmé que le général n’avait donné aucun ordre aux policiers, gendarmes ou militaires mobilisés durant cette période.

Selon l’ancien DGPN, Richard Ravalomanana n’appartenait pas à la chaîne de commandement opérationnelle. La conduite des opérations relevait, d’après son témoignage, de structures placées sous l’autorité du Premier ministre et de l’état-major mixte opérationnel national.

L’avocat du général a essentiellement contesté l’existence d’éléments permettant d’établir un lien direct entre son client et les violences dénoncées. « Existe-t-il une preuve écrite ou verbale confirmée, comme “j’ai reçu l’ordre de lui”, pour pouvoir l’accuser ? », a-t-il interrogé.

Le conseil a ainsi soutenu qu’aucun acte matériel ni ordre formel attribuable à Richard Ravalomanana ne permettait, selon lui, de constituer les infractions poursuivies.

La juridiction n’a pas suivi cette argumentation et a reconnu l’ancien président du Sénat coupable dans le dossier lié aux manifestations de 2025. Il doit regagner la prison de haute sécurité d’Imerintsiatosika.

La stratégie de la défense : Menée par Me Lazatiana Razafimamonjy, la défense conteste fermement le verdict. Elle soutient que le général Ravalomanana n’avait aucun pouvoir légal de commandement opérationnel sur l’armée ou la gendarmerie à cette période. Ses avocats ont immédiatement annoncé leur intention d’introduire un pourvoi en cassation (un recours en appel) afin de faire casser la décision.

Destitué en octobre 2025 puis incarcéré en détention provisoire depuis janvier 2026, Richard Ravalomanana attend désormais que la plus haute instance judiciaire malgache examine son dossier.

La défense a annoncé un pourvoi en cassation, avec l’objectif de remettre en cause le verdict devant la juridiction compétente.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *