Yémen: les Houthis enterrent leurs ministres tués dans un raid israélien et les rebelles promettent de venger la mort du Premier ministre

Dakar,05 Septembre 2025(JVFE)-L’attaque sur Sanaa a été menée en riposte aux tirs de missiles vers l’Etat hébreu du mouvement pro-iranien. Le chef de son organe exécutif et neuf ministres ont péri dans l’explosion.

Des milliers de Yéménites ont participé lundi à Sanaa aux funérailles du Premier ministre des rebelles houthis et de 11 autres responsables tués la semaine dernière dans une frappe israélienne, qui a décimé près de la moitié du cabinet.

Douze cercueils, recouverts de drapeaux yéménites, ont été exposés à la mosquée Al-Chaab, où s’est tenue une cérémonie suivie d’une parade militaire dans la capitale yéménite contrôlée par les Houthis pro-iraniens depuis 2014.

Le chef du gouvernement houthi, Ahmad Ghaleb al-Rahwi ainsi que neuf ministres et deux responsables ont péri dans le raid qui a ciblé le 28 août leur réunion à Sanaa, selon les autorités rebelles.

“Il n’y a pas d’inquiétude pour le fonctionnement de l’appareil gouvernemental, le sang des martyrs nous donne la motivation et la détermination nécessaires” pour poursuivre le travail, a déclaré son successeur Mohammed Ahmad Mouftah, nommé “Premier ministre par intérim”, devant la foule à la mosquée.

Iemenitas empunham armas e punhais em uma manifestação de solidariedade com os palestinos de Gaza e contra Israel e os Estados Unidos em Saná, em 29 de agosto de 2025
 

Ahmad Ghaleb al-Rahwi est le plus haut responsable politique connu des insurgés à avoir été tué dans des raids israéliens depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Après le début de cette guerre, les Houthis, affirmant agir en solidarité avec les Palestiniens, ont lancé drones et missiles en direction du territoire israélien, la plupart interceptés, et mené des attaques contre des navires présentés comme liés à Israël en mer Rouge et dans le Golfe d’Aden, au large du Yémen.

En riposte, l’armée israélienne a mené des frappes contre des cibles des Houthis, des alliés de l’Iran, ennemi juré d’Israël, ciblant des ports, l’aéroport de Sanaa ainsi que des installations électriques ou encore le palais présidentiel.

Pour Mohammed Al Basha, un analyste yéménite basé aux Etats-Unis, la frappe du 28 août pourrait marquer “le début d’une campagne d’assassinats ciblés visant les dirigeants civils et militaires houthis”.

C’est un “mauvais jour” pour les rebelles, a-t-il écrit sur X.

Les Houthis font partie de ce que l’Iran qualifie “axe de la résistance” face à Israël, une alliance informelle de groupes armés regroupant les alliés de la République islamique. Outre les Houthis, il regroupe le Hamas, le Hezbollah libanais ainsi que des groupes armés en Irak.

Israël a décimé la direction du Hamas après le début de la guerre à Gaza, et celle du Hezbollah durant la guerre au Liban en 2024.

Les Houthis contrôlent de vastes pans du territoire yéménite depuis le début de la guerre en 2014 contre le pouvoir dans ce pays pauvre de la péninsule arabique situé à environ 1.800 km d’Israël. Chassé de Sanaa, le pouvoir, internationalement reconnu, a son siège à Aden, la grande ville du sud du Yémen.

Le chef des Houthis, Abdelmalek al-Houthi, a menacé dimanche d’intensifier les attaques contre Israël, après la frappe qui a tué environ la moitié des 22 membres du gouvernement dont le rôle est surtout administratif. Il a prévenu que les frappes israéliennes ne les feraient pas “reculer”.

Les Houthis ont ensuite annoncé avoir tiré un missile en direction du “pétrolier israélien Scarlet Ray” en mer Rouge, une voie maritime essentielle pour le commerce mondiale.

Le Premier ministre des rebelles houthis du Yémen, Ahmad Ghaleb al-Rahwi, rend visite aux bureaux du mouvement palestinien Hamas à Sanaa pour présenter ses condoléances après la mort de Yahya Sinouar, chef du mouvement palestinien Hamas, tué par Israël, le 20 octobre 2024

Le projectile est tombé dimanche soir à “proximité immédiate” du navire, selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, qui a précisé que l’équipage était “sain et sauf” et que le navire avait poursuivi sa route.

L’armée israélienne a indiqué pour sa part lundi qu'”un drone lancé depuis le Yémen a été récemment intercepté avant d’entrer en territoire israélien”.

Au Yémen, les rebelles ont arrêté au moins 11 employés de l’ONU à Sanaa et dans la ville côtière de Hodeida (ouest), a annoncé dimanche l’organisation internationale sans préciser leur nationalité. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a réclamé leur “libération immédiate et inconditionnelle”.

Samedi, une source de sécurité yéménite a déclaré à l’AFP que les Houthis avaient arrêté à Sanaa, Amrane (nord) et Dhamar (sud-ouest) des dizaines de personnes “soupçonnées de collaboration avec Israël”.

Mohammed Ahmad Mouftah, nommé samedi Premier ministre par intérim du gouvernement houthi au Yémen après la mort du Premier ministre tué par Israël, s’exprime lors d’une conférence à Sanaa le 22 juin 2025, alors qu’il était vice-Premier ministre .

Les rebelles houthis au Yémen ont promis samedi de se venger après la mort de leur Premier ministre Ahmad Ghaleb al-Rahwi, tué dans des frappes israéliennes sur la capitale Sanaa plus tôt cette semaine.

Il s’agit du plus haut responsable politique connu des Houthis à avoir été tué dans de tels raids depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas en octobre 2023.

Un communiqué de la « présidence » des Houthis a annoncé la mort d’Ahmad Ghaleb al-Rahwi et de plusieurs de ses ministres « dans l’agression menée jeudi par l’ennemi israélien alors qu’ils étaient en réunion à Sanaa ».

Selon le texte, cité par leur chaîne Al-Massirah, « plusieurs de leurs collègues ont été blessés, certains grièvement ».

Samedi soir, l’armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir tué Ahmad Ghaleb al-Rahwi « ainsi que d’autres hauts responsables » dans une frappe contre une installation au Yémen abritant « de hauts responsables militaires et d’autres hauts responsables du régime terroriste houthi ».

« La frappe a été rendue possible grâce à l’exploitation d’une opportunité en matière de renseignement et à la réalisation d’un cycle opérationnel rapide, qui s’est déroulé en quelques heures », précise le texte.

Dans un communiqué distinct, les Houthis ont annoncé la nomination de Mohammed Ahmad Mouftah « Premier ministre par intérim » pour succéder à Ahmad Ghaleb al-Rahwi, qui avait été nommé en août 2024.

Israël mène depuis des mois des frappes contre des cibles des Houthis au Yémen en riposte aux tirs de missiles et de drones des rebelles contre le territoire israélien, la plupart interceptés par l’armée.

Soutenus par l’Iran, ennemi juré d’Israël, les Houthis affirment lancer ces attaques en « solidarité » avec les Palestiniens de Gaza, en proie à la guerre déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

« Nous promettons à Dieu, au cher peuple yéménite et aux familles des martyrs et des blessés que nous nous vengerons », a déclaré Mehdi al-Machat, chef du Conseil politique suprême, dans un message vidéo sur Telegram.

« Des jours sombres vous attendent », a-t-il ajouté, s’adressant à Israël.

M. Machat a en outre appelé « toutes les sociétés (étrangères) présentes dans l’entité occupante » (Israël) à partir « avant qu’il ne soit trop tard ».

Les rebelles avaient fait état de frappes jeudi sur Sanaa, sans préciser les cibles.

Une source de sécurité à Sanaa a déclaré à l’AFP que les Houthis avaient arrêté à Sanaa, Amrane (nord) et Dhamar (sud-ouest) des dizaines de personnes, « soupçonnées de collaboration avec Israël ».

Des combattants rebelles présents à un rassemblement de solidarité avec les Palestiniens de Gaza et contre Israël et les Etats-Unis, à Sanaa, le 29 août 2025.

Les rebelles yéménites contrôlent de vastes pans du pays en guerre depuis 2014, dont Sanaa, où ils ont installé leurs institutions politiques. Le pouvoir yéménite internationalement reconnu, chassé de Sanaa, a son siège à Aden, la grande ville du Sud.

Mercredi, les Houthis ont revendiqué un tir de missile contre Israël, qui a été intercepté selon l’armée israélienne, quelques jours après des raids aériens israéliens, dimanche dernier, contre le palais présidentiel et un site de stockage de carburant à Sanaa qui avaient fait 10 morts selon les insurgés.

Après ces raids, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait prévenu que « le régime terroriste houthi paiera un prix très élevé pour son agression contre l’État d’Israël ».

Israël a ciblé dans ses frappes des régions sous contrôle des Houthis, notamment des ports de l’ouest du pays et l’aéroport de Sanaa.

« Nous ne dévierons pas de la lutte contre le projet américano-sioniste et poursuivrons l’escalade jusqu’à l’arrêt de l’agression et la levée du blocus (israélien) contre Gaza », avait averti le même jour le bureau politique des Houthis.

Le Hamas a qualifié samedi les frappes ayant tué les responsables houthis de « crime odieux ».

Outre les attaques en direction du territoire israélien, les rebelles ont repris en juillet, après une pause de plusieurs mois, leurs attaques au large du Yémen, en mer Rouge ou dans le Golfe d’Aden, contre les navires qu’ils accusent de liens avec Israël.

Des Yéménites inspectent les dégâts, dans une installation d’une compagnie pétrolière qui a été touchée par des frappes israéliennes à Sanaa, le 25 août 2025

En mai, ils avaient conclu une trêve avec les États-Unis qui avait mis fin à des mois de bombardements américains au Yémen, en échange de l’arrêt de leurs attaques contre les navires dans cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial.

La guerre au Yémen a fait des centaines de milliers de morts et plongé ce pays le plus pauvre de la péninsule arabique dans l’une des pires crises humanitaires au monde.

Après l’assassinat par Israël de membres du gouvernement yéménite, aucun pays arabo-islamique n’a condamné les crimes israéliens, à l’exception de l’Iran qui l’a fermement condamné.



Un silence de mort de la part de l’opinion internatioanle ne fait que légitimer les crimes de guerre israéliens. Martèle l’Ambassadeur du Yémen en Iran.

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