DAKAR, 03 Septembre 2026 (JVFE)—La juge fédérale Deborah Boardman du Maryland a bloqué ce mercredi 2 septembre 2026 le décret de Donald Trump visant à restreindre le droit du sol en ciblant le « tourisme de naissance ». Elle a émis une mesure conservatoire en qualifiant le décret présidentiel de « presque certainement inconstitutionnel ».
La juge Deborah Boardman du Maryland a émis cette mesure conservatoire après la mobilisation d’organisations de défense des droits contre ce décret signé en août.
Fin juin, la Cour suprême avait rejeté la remise en cause par Donald Trump du droit du sol pour les enfants d’immigrés en situation irrégulière, infligeant un revers majeur au président américain qui souhaitait mettre fin à ce qu’il considère comme une incitation à l’immigration clandestine.
Puis, par son décret d’août, le républicain avait appelé à des « ajustements », en ciblant le phénomène du « tourisme de naissance », lorsque des étrangères venant accoucher aux États-Unis afin que leur enfant soit américain.
« La Cour suprême a parlé : les enfants (concernés) sont des “citoyens à la naissance” », a justifié la magistrate fédérale dans un document de 35 pages, ajoutant que le décret du dirigeant américain était « presque certainement inconstitutionnel ».
Des spécialistes ont souligné que le « tourisme de naissance » restait un phénomène marginal aux États-Unis, par rapport aux plus de 250 000 naissances annuelles d’enfants d’immigrés en situation irrégulière ou de résidents temporaires aux États-Unis.
Signé par Donald Trump, ce texte ordonnait aux agences fédérales de refuser les visas et les documents de citoyenneté aux femmes étrangères soupçonnées de voyager aux États-Unis dans le seul but d’y accoucher pour que leur enfant obtienne automatiquement la nationalité américaine.
Cette tentative faisait suite à un revers majeur subi par le président fin juin 2026. La Cour suprême avait alors invalidé son précédent décret qui supprimait de manière globale le droit du sol pour les enfants d’immigrés en situation irrégulière.
Dans un document de 35 pages, la juge Boardman a rappelé que la plus haute juridiction américaine s’était déjà prononcée : la Constitution (via le 14ᵉ amendement) sanctuarise le fait que ces enfants sont des « citoyens à la naissance ».
Un phénomène marginal en chiffres
Bien que le gouvernement républicain présente cette mesure comme un outil crucial de sa politique migratoire, les données des spécialistes tempèrent son ampleur :
Le « tourisme de naissance » reste une pratique très marginale (estimée à environ 20 000 à 25 000 cas par an par certains cercles de réflexion).
À titre de comparaison, on dénombre plus de 250 000 naissances annuelles d’enfants nés de parents immigrés en situation irrégulière ou résidents temporaires sur le sol américain.
L’administration Trump, par la voix de son procureur général Todd Blanche, a contesté cette interprétation et affirmé que le décret avait été conçu pour respecter les critères de la Cour suprême. Le gouvernement a déjà annoncé son intention de faire appel, ouvrant la voie à une nouvelle bataille judiciaire prolongée qui pourrait remonter une fois de plus jusqu’à la Cour suprême des États-Unis.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
