Le 26 septembre 2002, le naufrage du ferry Le Joola marquait l’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire, causant officiellement la mort de 1 863 personnes

 DAKAR, 26 Septembre 2026 (JVFE)—Le 26 septembre 2002, le naufrage du ferry Le Joola marquait l’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire, causant officiellement la mort de 1 863 personnes (bien que les estimations officieuses dépassent les 2 000 victimes).

Aujourd’hui, en ce samedi 26 septembre 2026, le Sénégal commémore le 24e anniversaire de ce drame tragique. C’est un moment de recueillement national, de souvenir et d’hommage aux disparus, ainsi qu’aux survivants et à leurs familles.

Pour ce 24e anniversaire du naufrage du Joola, les commémorations se déroulent sous le signe de l’unité nationale, marquées par de fortes revendications mémorielles et judiciaires.

À Ziguinchor (Épicentre des cérémonies)

  • Présence officielle : Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô préside personnellement la cérémonie officielle ce samedi. Il est accompagné d’une forte délégation gouvernementale, dont le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé.
  • Recueillement religieux : À la demande des autorités et des associations, des prières collectives œcuméniques (messes catholiques et prières dans les mosquées) sont organisées à travers la ville. Une veillée spéciale a également été annoncée par l’Église locale.
  • Dépôts de gerbes : Les officiels et les familles se recueillent notamment près des cimetières dédiés aux naufragés (comme à Kantène), ainsi qu’au nouveau Musée Mémorial Le Joola.

À Dakar

  • Événements populaires et mémoriels : Les commémorations dans la capitale ont été précédées dès le week-end dernier (samedi 19 septembre) par une grande randonnée pédestre commémorative organisée à Mbao, reliant le stade municipal au cimetière des victimes du Joola.
  • Plaidoyers associatifs : Les sections dakaroises des associations de familles de victimes profitent de cette journée pour relayer les revendications historiques.

Les doléances clés de ce 24e anniversaire

Cette année encore, l’émotion s’accompagne d’exigences claires de la part des rescapés et des parents de disparus :

  1. Le renflouement des ossements : C’est la revendication majeure qui revient avec insistance. Les familles réclament que les restes des victimes toujours piégés au fond de l’océan Atlantique soient repêchés pour leur offrir une sépulture digne.
  2. La prise en charge des pupilles : L’éternelle question du statut et du soutien continu aux orphelins de la tragédie reste au centre des débats.
  3. Vérité et justice : Le besoin de faire toute la lumière sur les responsabilités de ce drame reste une blessure ouverte pour la communauté.

Le Musée Mémorial National Le Joola, situé sur les berges du fleuve Casamance à Ziguinchor, est aujourd’hui pleinement opérationnel et achevé. Inauguré officiellement en 2024 (lors du 22e anniversaire), cet imposant édifice de trois étages (quatre niveaux au total) a coûté plus de 10 milliards de francs CFA

L’architecture et le parcours mémoriel

Conçu pour faire vivre le devoir de mémoire, le bâtiment propose un parcours immersif structuré ainsi :

  • Rez-de-jardin : Il abrite une médiathèque, une salle des archives et les espaces de contrôle technique.
  • Premier niveau (L’histoire et la mer) : Cet étage retrace l’histoire générale de la navigation en Casamance et l’histoire spécifique de la liaison maritime Dakar-Ziguinchor.
  • L’espace d’immersion : Il recrée virtuellement et physiquement les trois grands moments vécus par les passagers : l’embarquement, la vie à bord et le débarquement.
  • L’espace du naufrage et les reliques : C’est le cœur émotionnel du musée. Il expose des objets personnels collectés sur l’épave et sauvés des eaux (comme une montre arrêtée, un habit d’enfant ou des colliers de perles). On y trouve aussi des dispositifs d’écoute pour entendre les précieux témoignages des rescapés.
  • L’esplanade extérieure (700 m²) : Elle intègre l’ancienne place des naufragés et accueille de manière solennelle les deux imposantes hélices du navire qui ont été repêchées.

La situation actuelle et les revendications des familles (2026)

Bien que le musée-mémorial soit salué comme un chef-d’œuvre architectural contre l’oubli, son fonctionnement suscite de vifs débats en cette année 2026 :

  1. La réclamation d’un accès libre et total : Lors des commémorations de cette semaine, les familles des victimes réunies à Ziguinchor ont exigé la garantie d’un accès totalement gratuit et permanent au mémorial, considérant cet espace d’abord comme un sanctuaire de recueillement plutôt que comme un simple site touristique.
  2. Une gestion participative : Les associations de familles demandent à être directement intégrées dans le comité de gestion du musée, souhaitant notamment y impliquer les enfants et descendants des victimes pour assurer une transmission fidèle de la mémoire.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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