La Force en attente de la CEDEAO (FAC) traverse une phase de restructuration stratégique majeure, marquée par un recentrage sur la lutte antiterroriste et des inspections de terrain rigoureuses pour s’adapter à la nouvelle donne sécuritaire en Afrique de l’Ouest

DAKAR, 06 OCTOBRE 2026 (JVFE)—La Force en attente de la CEDEAO (FAC) traverse actuellement une phase de restructuration stratégique majeure, marquée par un recentrage sur la lutte antiterroriste et des inspections de terrain rigoureuses pour s’adapter à la nouvelle donne sécuritaire en Afrique de l’Ouest

Ces orientations s’inscrivent en parfaite complémentarité avec les dynamiques actuelles de la région, alors même que le Sénégal a pris une place centrale dans la direction politique de l’organisation avec la nomination du Général Birame Diop à la présidence de la Commission de la CEDEAO.

 Le Sénégal occupe désormais une position d’influence inédite au sein de la CEDEAO, détenant simultanément le leadership politique et exécutif de l’organisation.

Le général sénégalais Birame Diop a officiellement pris ses fonctions de Président de la Commission de la CEDEAO le 31 août 2026, succédant au Gambien Omar Alieu Touray. Ancien ministre des Forces armées, son profil militaire et sécuritaire est perçu comme un atout majeur pour piloter l’institution à Abuja, en particulier pour l’opérationnalisation de la force en attente contre le terrorisme prévue d’ici 2027.Le Général de Brigade (2S) Mactar Diop (souvent orthographié Moctar ou Mactar), ancien chef d’état-major de la Force en attente de la CEDEAO (FAC) nommé en 2022, partage régulièrement son expertise stratégique concernant l’avenir et la nécessaire refonte de cet outil de sécurité collective.

Le général de corps d’armée Birame Diop est le président de la Commission de la CEDEAO, ayant officiellement pris ses fonctions le 31 août 2026 à Abuja, au Nigeria. Il succède au Gambien Dr Omar Alieu Touray pour un mandat de quatre ans.

Le général Birame Diop dispose d’un solide parcours militaire et diplomatique :

  • Carrière au Sénégal : Pilote de chasse de formation, il a gravi les échelons jusqu’à devenir chef d’état-major de l’Armée de l’air (2015-2017), puis chef d’état-major général des Armées sénégalaises (CEMGA) de 2020 à 2021.
  • Expérience internationale : De 2021 à 2024, il a exercé les fonctions de conseiller militaire du Secrétaire général des Nations unies (António Guterres) au sein du Département des opérations de paix à New York.
  • Fonctions gouvernementales : D’avril 2024 à juin 2026, il a servi son pays en tant que ministre des Forces armées au sein du premier gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye.

Sa désignation à la tête de l’exécutif de la CEDEAO intervient à un moment charnière de réformes politiques et de recompositions sécuritaires majeures dans la sous-région ouest-africaine.

Cette nomination s’articule directement avec la désignation du président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, à la présidence

Ce 18 mars 2022, à Abuja, au cours d’une cérémonie sobre mais solennelle, le Général de division nigérian, Usman Abdulmumuni Yusuf, a passé le flambeau au Général de brigade Mactar Diop»

L’officier militaire sénégalais est l’ex-chef de cette direction chargée de l’information au sein des Armées de son pays, qu’il a quittée depuis sa nomination au grade de Général de brigade en janvier 2021. La Force en attente de la Cedeao -Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest- est une force multidisciplinaire composée de militaires, de policiers et de civils issus des Etats membres de ladite organisation.
La Fac met à la disposition de l’institution d’intégration régionale du personnel pour les missions et opérations de soutien à la paix en Afrique de l’Ouest et dans le reste du continent.Dans un contexte de fortes mutations régionales (notamment marqué par la création de l’Alliance des États du Sahel et la transition vers une brigade antiterroriste régionale), les pistes de réforme de la FAC s’articulent généralement autour des axes majeurs suivants :

1. L’indépendance financière et la mobilisation des ressources

  • Le financement endogène : Réduire la dépendance vis-à-vis des partenaires extérieurs (Union européenne, Nations unies) en incitant les États membres de la CEDEAO à honorer leurs contributions pour assurer le budget de fonctionnement et de projection des forces.
  • L’opérationnalisation des bases logistiques : Optimiser l’utilisation des infrastructures existantes, telles que la base logistique de Freetown en Sierra Leone, pour stocker et projeter efficacement le matériel.

2. La réorientation stratégique et la lutte antiterroriste

  • L’évolution du mandat : Historiquement axée sur le maintien de la paix et le rétablissement de l’ordre constitutionnel (comme envisagé lors de la crise au Niger), la force doit muter vers des missions de combat asymétrique.
  • Création d’une force dédiée : Adapter les contingents pour former la future brigade antiterroriste d’environ 2 000 hommes, capables d’intervenir rapidement contre la menace djihadiste transfrontalière.

3. La flexibilité et la réactivité opérationnelle

  • Amélioration du système de génération de force : La FAC n’étant pas une armée permanente mais un réservoir de troupes stationnées dans leurs pays d’origine, les réformes visent à harmoniser les modules d’entraînement et à réduire les délais de déploiement politique et militaire en cas de crise majeure.
  • Une approche multidisciplinaire intégrée : Renforcer la synergie entre les composantes militaires, policières et civiles indispensables à la stabilisation post-conflit.

Des capacités revues à la baisse mais plus agiles

À la suite de la réunion des chefs d’état-major de la CEDEAO, le format opérationnel de la Force a été redéfini pour gagner en réalisme :

  • Un effectif initial réduit : La force s’appuiera dans un premier temps sur un noyau dur de 2 000 soldats (contre les 5 000 à 6 500 initialement projetés).
  • Un ancrage national : Contrairement aux idées reçues, la FAC n’est pas une armée permanente. Les militaires désignés restent stationnés dans leur propre pays et ne se mobilisent qu’en cas de crise.
  • Une base logistique commune : Le hub logistique centralisé de la Force est fixé à Freetown, en Sierra Leone.

Inspections de préparation opérationnelle sur le terrain

La CEDEAO multiplie les audits pour évaluer le niveau réel de préparation des contingents nationaux. Récemment, la structure de commandement de la Force en attente a procédé à une inspection de la compagnie motorisée mise à disposition par la Guinée afin de valider ses équipements, sa logistique et sa réactivité tactique face aux menaces asymétriques.

Le défi crucial de l’autofinancement et de l’autonomie

Pour éviter le piège de la dépendance vis-à-vis des bailleurs internationaux (comme ce fut le cas pour le G5 Sahel), la CEDEAO a choisi de miser sur le principe de l’autofinancement :

  • Le financement repose majoritairement sur les ressources propres de l’organisation, notamment via l’application de la taxe communautaire de 0,5 % sur les importations extérieures.
  • Le Nigeria demeure le principal contributeur financier et militaire de ce dispositif régional.

Cohabitation géopolitique avec le Sahel (AES)

L’un des plus grands défis de la FAC reste sa capacité de projection et de coordination géographique. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger s’étant définitivement retirés de la CEDEAO pour consolider l’Alliance des États du Sahel (AES), les experts militaires soulignent l’urgente nécessité pour la Force de la CEDEAO de trouver des canaux de collaboration avec l’AES, ces trois pays constituant l’épicentre de la menace djihadiste dans la sous-région.

Cette double gouvernance sénégalaise intervient dans une période cruciale de recomposition régionale, marquée par la gestion des crises intérieures et la redéfinition des liens avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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