A Toul, dans le district de Nabatiye ,Le sud et l’est du Liban bombardés par Israël, la bande de Gaza toujours pilonnée et sans vivres
Pour rappel les frappes étaient les plus violentes depuis l’accord de cessez-le-feu de la fin de novembre 2024. A Gaza, la défense civile locale recensait 52 personnes tuées.
L’armée israélienne a effectué, jeudi 22 mai, une série de frappes visant plusieurs localités du sud et de l’est du Liban, malgré un cessez-le-feu en vigueur entre le mouvement islamiste Hezbollah et Israël, tandis qu’elle intensifiait ses bombardements sur la bande de Gaza.
Au pays du Cèdre, l’agence de presse officielle ANI a rapporté que « l’ennemi israélien » avait « mené un raid ciblant un bâtiment, à Toul, après une frappe de sommation », près d’une heure après un appel de l’armée israélienne à évacuer l’immeuble appartenant, selon elle, au Hezbollah. L’ANI a également fait état d’une frappe visant le village de Bouday, dans la Bekaa (Est), et d’une série de frappes sur plusieurs localités du Sud, « les plus violentes », selon elle, depuis le cessez-le-feu.
En dépit de cet accord, entré en vigueur à la fin de novembre 2024, Israël poursuit ses bombardements aériens quasi quotidiens sur le Liban, disant viser des positions et des combattants du mouvement libanais pro-iranien.
Dans une publication sur X, le colonel Avichai Adraee, porte-parole de l’armée israélienne, a fait état de frappes israéliennes contre « des infrastructures terroristes, ainsi que contre des lanceurs de roquettes et de missiles appartenant au Hezbollah dans le sud du Liban », sans plus de détails. Il a également déclaré que l’Etat hébreu avait frappé « un site militaire dans la région de la Bekaa », dans l’est du Liban, « qui contenait des lanceurs et du matériel militaire, après avoir observé des activités du Hezbollah à l’intérieur ».
Dans un communiqué distinct, l’armée israélienne a affirmé avoir « frappé et éliminé un terroriste de la force Radwan du Hezbollah » dans la région méridionale de « Rab El Thalathine ».
Les bombardements dans le sud du Liban surviennent deux jours avant la tenue d’élections municipales dans la région. Le premier ministre libanais, Nawaf Salam, a « condamné les agressions israéliennes répétées contre le Liban, survenant à un moment critique peu avant » ce scrutin.
Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a, lui, appelé dans un communiqué ses partisans et ceux de son allié du mouvement Amal à « participer en masse » aux élections « pour que la victoire soit éclatante ».
L’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 stipule que le mouvement pro-iranien se retire au nord du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël, et démantèle ses infrastructures militaires dans le Sud libanais. Le texte prescrit également un retrait du Liban de l’armée israélienne, qui maintient des troupes dans cinq positions dans le Sud.
Le Liban, dont l’armée s’est déployée dans le Sud, appelle régulièrement la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu’il cesse ses attaques et se retire du pays. Les affrontements entre le Hezbollah et Israël, déclenchés dans la foulée de la guerre dans la bande de Gaza, en octobre 2023, avaient tourné à la guerre ouverte entre septembre et novembre 2024. La formation libanaise etait sortie très affaiblie de ce conflit.
Dans l’enclave palestinienne, Israël a appelé, jeudi, à de nouvelles évacuations dans le nord, où il a poursuivi ses bombardements, fustigeant les critiques internationales sur l’intensification de son offensive dans ce territoire dévasté où sévit la famine. La défense civile locale a fait état de 52 personnes tuées par des bombardements israéliens dans la journée.
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a accusé, jeudi soir, Paris, Londres et Ottawa d’encourager « les meurtriers de masse du Hamas » à combattre, après la dénonciation par les trois pays des « actions scandaleuses » de son gouvernement dans la bande de Gaza.
Le Programme alimentaire mondial a, dans le même temps, annoncé qu’une « poignée de boulangeries » gazaouies avaient rouvert, après que les autorités israéliennes, mises sous pression, ont annoncé cette semaine une reprise limitée de l’aide humanitaire, totalement bloquée depuis plus de deux mois.
« Environ 90 camions » transportant notamment de la nourriture pour bébés, de la farine et des médicaments ont pu, mercredi, livrer « plusieurs destinations dans Gaza », selon l’Organisation des Nations unies (ONU). Mais un « petit nombre » des camions a été « intercepté » par des habitants affamés, une sorte d’« autodistribution » qui « reflète le niveau élevé d’angoisse » des Gazaouis, a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU. Il a déploré des livraisons insuffisantes pour répondre aux besoins de la population.
Le chef de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exhorté, jeudi, dans une allocution à Genève, Israël à avoir « pitié » des habitants de la bande de Gaza et à mettre fin à la guerre et à la « destruction systématique » du système de santé du territoire palestinien.
L’armée israélienne a intensifié à la mi-mai ses bombardements et opérations terrestres, dans le but affiché d’anéantir le Hamas et de libérer les otages enlevés lors de l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre.
Le 23 mai 2025, un responsable sécuritaire israélien a déclaré à la chaîne Al-Hadath qu’Israël poursuivrait ses frappes contre le Hezbollah à travers le Liban, bénéficiant d’un « couvert américain ». Cette annonce intervient alors que le Hezbollah chercherait à « retrouver sa force au Liban », selon la même source.
Le responsable israélien a accusé le Hezbollah de tenter de faire passer clandestinement des armes, notamment des équipements utilisés dans les drones et les missiles guidés de précision, via l’aéroport, le port et les frontières. Il a également affirmé qu’Israël fournit au Liban des informations sur les sites ciblés et leurs coordonnées, précisant que les bombardements ont lieu lorsque l’armée libanaise ne confisque pas les armes du Hezbollah.
Cette déclaration survient au lendemain d’une importante campagne de bombardements israéliens dans le sud et l’est du Liban. Le 22 mai 2025, une frappe aérienne israélienne a touché un bâtiment dans le sud du Liban, tuant un combattant du Hezbollah, selon les médias d’État libanais.
Ces développements s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes entre Israël et le Hezbollah, malgré un cessez-le-feu négocié par les États-Unis en novembre 2024. Le Hezbollah a accusé Israël de violer cet accord en menant de nouvelles séries de frappes à grande échelle dans le sud du Liban.
Le président libanais Joseph Aoun a condamné les frappes israéliennes, appelant les États-Unis et la France, garants du cessez-le-feu, à « assumer leurs responsabilités » et à faire pression sur Israël pour qu’il cesse ses attaques. La coordinatrice spéciale de l’ONU pour le Liban, Jeanine Hennis, a exprimé sa préoccupation face à l’escalade des tensions et a exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue.
Le Hezbollah a averti qu’il pourrait recourir à d’autres alternatives si les attaques israéliennes se poursuivent et si le gouvernement libanais ne prend pas de mesures pour les arrêter. Ces déclarations laissent présager une possible escalade du conflit, avec des implications potentielles pour la stabilité régionale.

