DAKAR,25 avril 2026(JVFE)-La guerre en Iran en est à son 57e jour ce samedi 25 avril 2026. Un cessez-le-feu est en cours entre Téhéran et Washington, mais sans échéance claire après le prolongement jusqu’à nouvel ordre de la trêve annoncé par Donald Trump. Cependant, le détroit d’Ormuz est toujours contrôlé par l’Iran et en proie au blocus naval américain.
Les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner se rendront au Pakistan, tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé à Islamabad.
Cette visite intervient dans un contexte de négociations au point mort entre les États-Unis et l’Iran, l’incertitude persistant depuis plusieurs jours quant à un éventuel retour de Téhéran à la table des négociations.
Ces voyages interviennent dans un contexte d’incertitude quant à la participation de l’Iran à la reprise des négociations.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré que l’Iran disposait encore d’une « fenêtre ouverte » pour conclure un accord et abandonner son programme d’armement nucléaire de manière « significative et vérifiable ».
Au Liban, le cessez-le-feu, en vigueur depuis le 17 avril, doit être prolongé de “trois semaines”, a indiqué Donald Trump dans la nuit de jeudi à vendredi après des pourparlers entre Israël et le Liban à la Maison Blanche. Après la mort de deux soldats français au Liban, lors d’une attaque attribuée au Hezbollah, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a dénoncé “un crime de guerre”.
Ce samedi 25 avril 2026, les regards sont tournés vers Islamabad, au Pakistan, où une nouvelle tentative de dialogue tente de mettre fin au conflit régional déclenché le 28 février dernier.
Les négociations sur la fin de la guerre en Iran semblaient au point mort cette semaine, mais la porte-parole de la Maison-Blanche a confirmé vendredi soir que les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, partiront pour le Pakistan samedi. Pour autant, le vice-président JD Vance ne sera pas de la partie, comme ce fut le cas la première fois. “Le vice-président, selon mes informations, est sur le qui-vive et prêt à partir pour le Pakistan, si nous sentons que c’est nécessaire”, a précisé Karoline Leavitt.
Les autorités iraniennes ont arrêté plus de 3.600 personnes pour des accusations en lien avec la guerre au Moyen-Orient, a indiqué mardi une ONG.
Mardi 21 avril, le pouvoir judiciaire iranien a annoncé la pendaison d’un homme accusé d’appartenir à un groupe d’opposition interdit et d’avoir collaboré avec Israël. Selon l’ONG Iran Human Rights, il s’agit du huitième homme exécuté en lien avec les manifestations antigouvernementales, à l’issue de procès expéditifs dénoncés par les défenseurs des droits humains.
D’après Iran Human Rights (IHR), ce chiffre, basé sur des informations des médias d’Etat et ses propres recherches, représente un minimum compte tenu des restrictions actuelles d’Internet en Iran, et le nombre réel d’arrestations est “probablement bien plus élevé”.
Le Liban a annoncé mardi que le bilan de la guerre entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, à laquelle un cessez-le-feu fragile a mis fin vendredi, avait fait 2.454 morts depuis le 2 mars.
Selon l’organisme de gestion des catastrophes, 7.658 personnes ont par ailleurs été blessées dans ce conflit de plus de six semaines.
L’Iran a condamné mardi les arrestations annoncées la veille par les Emirats arabes unis, qui ont affirmé avoir démantelé un “groupe terroriste” lié à l’Iran planifiant des attaques dans le pays du Golfe.
Donald Trump a demandé mardi aux dirigeants iraniens de “libérer” plusieurs femmes, selon lui menacées d’exécution, en jugeant que ce serait un “très bon début pour les négociations” qui doivent reprendre entre Washington et Téhéran.
L’AFP n’était pas en mesure immédiatement de confirmer ces menaces d’exécution, ni l’identité de toutes les femmes dont le président américain a reproduit les photographies en appui de sa demande.
Quid des affrontements au Liban ? Tel-Aviv et Beyrouth ont tenu jeudi 23 avril à Washington une nouvelle session de pourparlers au niveau des ambassadeurs. Le Liban va demander lors de ces échanges une extension d’un mois de la trêve, selon une source officielle à l’AFP, et “le strict respect du cessez-le-feu et l’arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent”. Ici, la trêve du 17 avril dernier ne tient plus qu’à un fil.
État des délégations à Islamabad
Le gouvernement du Pakistan a déclaré mardi soir être toujours dans l’attente d’une réponse de l’Iran sur l’envoi ou non d’une délégation à Islamabad pour une nouvelle série de négociations avec les Etats-Unis.
Le ministre pakistanais de l’Information Attaullah Tarar a indiqué sur X qu’une telle décision était d’une importance “essentielle” alors qu’il ne reste que quelques heures avant l’expiration de la trêve de deux semaines conclue avec les Etats-Unis.
Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé dès vendredi soir. Ce matin, il a rencontré le ministre pakistanais de la Défense et chef de l’armée, le maréchal Asim Munir, qui officie comme médiateur.
Les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, sont attendus dans la capitale pakistanaise aujourd’hui pour relancer les discussions interrompues il y a deux semaines.
Selon un rapport d’Almigdad Alruhaid d’Al Jazeera depuis Téhéran, aucune discussion n’est prévue à Islamabad pour le moment, même si les efforts diplomatiques se poursuivent, Araghchi effectuant une tournée dans les capitales régionales tandis que le Pakistan joue le rôle de médiateur.
Incertitude sur un dialogue direct
Les États-Unis gèlent 344 millions de dollars en cryptomonnaie : Les États-Unis ont gelé 344 millions de dollars d’actifs en cryptomonnaie liés à l’Iran, a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent, alors que Washington cherche à accroître la pression sur Téhéran dans un contexte de perturbations de l’approvisionnement énergétique dues à la guerre.
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a déclaré que le détroit devait rouvrir immédiatement « sans restrictions et sans péage ».
À quelques heures de la reprise des négociations au Pakistan entre Américains et Iraniens, le ministère de la Défense iranien a affirmé, ce samedi 25 avril, que les Etats-Unis cherchent “un moyen de sauver la face” afin de mettre fin à la guerre. “Notre puissance militaire est aujourd’hui une force dominante, et l’ennemi cherche un moyen de sauver la face pour sortir du bourbier de la guerre dans lequel il s’est enlisé”, affirme un porte-parole du ministère, cité par l’agence Isna.
Araghchi est arrivé à Islamabad avec une petite équipe pour des réunions, tandis que la Maison Blanche a annoncé que Witkoff et Kushner se rendraient au Pakistan samedi matin.
Donald Trump a accusé mardi l’Iran de nombreuses violations du cessez-le feu, tout en se disant persuadé que Washington obtiendrait “un super accord”, à la veille de l’expiration de la trêve et sans signe de reprise des discussions à Islamabad.
“L’Iran a violé le cessez-le-feu à de nombreuses reprises!”, a écrit le président américain dans un message lapidaire sur son réseau Truth Social. Il a ensuite affirmé à la chaîne CNBC que les Etats-Unis étaient dans une “position très forte” pour négocier.
Malgré la présence des deux camps dans la même ville, le porte-parole de la diplomatie iranienne a affirmé qu’aucune rencontre directe n’est officiellement prévue avec les émissaires américains.
Téhéran prévoit de transmettre ses observations via le Pakistan. Le ministère iranien de la Défense a d’ailleurs raillé ces efforts, affirmant que les États-Unis cherchent simplement un moyen de “sauver la face” pour s’extraire du conflit.
En visite à Athènes, Emmanuel Macron a demandé, aux côtés du Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, un “retour de la paix” au Moyen-Orient. “Paix et stabilité dans la région, c’est l’agenda que nous défendons”, a déclaré le président français, selon BFMTV, tout en exigeant un “maintien du cessez-le-feu au Liban”, la “poursuite des négociations diplomatiques”, notamment sur le nucléaire iranien et la “réouverture pacifique du détroit d’Ormuz”.
Le chef d’État français a aussi évoqué le Liban, pays allié, auquel il souhaite de “retrouver sa pleine souveraineté et stabilité”, tout en parvenant “désarmer le Hezbollah”, explique BFMTV.
Enjeux majeurs des discussions
L’Iran exige la levée du blocus de ses ports avant toute concession, tandis que Washington exige la réouverture sécurisée de cette voie maritime vitale où transite 20 % du pétrole mondial.
Les négociations portent également sur la pérennisation du cessez-le-feu avec le Hezbollah, jugé “précaire” par tous les observateurs.
Le bras de fer entre Téhéran et Washington s’est intensifié ces derniers jours autour du détroit d’Ormuz, paralysant une voie où transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole.
Téhéran refuse catégoriquement de rouvrir le détroit d’Ormuz tant que les États-Unis maintiennent le blocus naval de ses ports. Le président du Parlement iranien a affirmé le 22 avril qu’un cessez-le-feu n’a aucun sens s’il est « bafoué » par ce blocus.
Washington, sous l’ordre du président Donald Trump, a instauré ce blocus le 13 avril 2026 en réponse au verrouillage initial du détroit par l’Iran. Le Pentagone exige une réouverture sécurisée et sans conditions (ni droits de passage unilatéraux) de la voie maritime.
Osama Bin Javaid, correspondant d’Al Jazeera à Islamabad, rapporte que les médiateurs perçoivent des signes de progrès, même si la question des pourparlers directs reste floue.
Impact et risques immédiats
La guerre au Moyen-Orient a fait à ce jour 3 540 morts, selon le groupe de défense des droits HRANA, basé aux États-Unis. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20% du pétrole et du gaz naturel, est encore bloqué. Un haut responsable du Parlement iranien a déclaré que Téhéran avait reçu ses premiers revenus issus des droits de passage qu’il a instaurés dans le détroit.
Le prix du baril de Brent a franchi à nouveau le seuil des 100 dollars en raison de la nervosité des marchés face à ce blocage prolongé.
L’Iran fait face à une saturation imminente de ses capacités de stockage pétrolier, ce qui pourrait le contraindre à fermer ses puits d’ici début mai.
Le Pentagone estime que le déminage complet du détroit, où l’Iran aurait posé des mines via GPS, pourrait prendre jusqu’à six mois.
Malgré des tentatives de médiation menées par le Pakistan, la Turquie et l’Égypte, les discussions sont actuellement dans l’impasse, chaque camp attendant une première concession de l’autre.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

