Mali : dégradation brutale et majeure de la situation sécuritaire suite à une offensive coordonnée sans précédent

DAKAR,27avril 2026(JVFE)-Le samedi 25 avril 2026, plusieurs villes stratégiques, dont Kati (fief de la junte près de Bamako), KidalGao et Sévaré, ont été la cible d’attaques simultanées menées par des groupes jihadistes alliés à la rébellion touareg.

Détails de l’offensive coordonnée

L’offensive a été lancée simultanément dans plusieurs régions stratégiques par une alliance entre les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM/JNIM), affilié à Al-Qaïda, et les rebelles indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA)

: Les assaillants ont visé la capitale Bamako, ainsi que les villes de Kati (fief militaire), Mopti, Sévaré, Gao, Bourem et Kidal.

Les rebelles touaregs ont officiellement revendiqué la prise de contrôle total de la ville stratégique de Kidal, au nord, suite à un accord de retrait des forces armées et de leurs alliés russes.

Des tirs intenses ont visé l’aéroport international Modibo-Keïta et le camp militaire de Kati. Un couvre-feu a été instauré dans la capitale et à Gao. 

Des rapports indiquent également l’évacuation du président de la transition, Assimi Goïta.

Dans la panique, des opérations d’exfiltration ont été menées, notamment pour la star sénégalaise Youssou Ndour, présente à Bamako au moment des faits.

 Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à une réponse internationale coordonnée, tandis que le Sénégal et la Mauritanie ont fermement condamné ces attaques. 

Les analystes et observateurs  décrivent une junte “plus fragilisée que jamais” face à cette alliance djihadiste-indépendantiste qui remet en cause le contrôle de l’État sur ses centres névralgiques. 

Officier de terrain, stratège reconnu et serviteur engagé de la Nation, le Général de corps d’armée Sadio Camara laisse derrière lui un héritage militaire marqué par la rigueur, le courage et le sens du devoir.

Le Mali rend hommage à l’un de ses plus illustres officiers. Le Général de corps d’armée Sadio Camara, tombé les armes à la main, aura marqué de son empreinte l’histoire récente des Forces armées maliennes (FAMa). Stratège aguerri et homme de terrain, il s’est distingué tout au long de sa carrière par son engagement sans faille au service de la défense nationale.

Formé au Prytanée militaire de Kati et à l’École interarmes de Koulikoro, il incarnait les valeurs fondamentales du métier des armes : discipline, honneur et patriotisme. Très tôt, son sérieux et sa rigueur lui permettent de se hisser parmi les meilleurs de sa promotion, dont il sort major avant d’entamer une carrière prometteuse.

Calme, méthodique et déterminé, le natif de Kati a occupé plusieurs postes de commandement et de responsabilité. Il a notamment servi comme officier d’état-major des opérations à la Garde nationale, avant de diriger plusieurs unités stratégiques, notamment à Ménaka, Kidal et dans d’autres zones sensibles du pays.

Entre 2002 et 2015, il a participé à la planification et à la conduite de nombreuses opérations militaires, parmi lesquelles figure Djiguitougou (2008), Badenco (2011) et Maliba (2015). Ces engagements témoignent de son rôle central dans la lutte pour la sécurisation du territoire national.

Officier respecté par ses pairs, Sadio Camara a également bénéficié de formations de haut niveau, notamment à l’étranger, renforçant ainsi ses compétences en stratégie et en commandement. Son parcours a été couronné par plusieurs distinctions, dont des médailles du mérite militaire et des reconnaissances nationales.

Élevé au rang de Général de corps d’armée en octobre 2024 par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, il portait ce grade comme l’aboutissement d’une vie entièrement consacrée à la Nation. Acteur clé des événements d’août 2020, il figurait parmi les piliers du dispositif sécuritaire malien.

Sa disparition tragique, survenue le 25 avril 2026 à la suite d’une attaque ciblée contre son domicile, laisse un vide immense au sein de l’armée et du pays tout entier. Au-delà de l’homme, c’est un symbole de bravoure et de dévouement qui s’éteint.

Le Général Sadio Camara restera dans les mémoires comme un officier d’exception, dont le courage et l’engagement continueront d’inspirer les générations futures.

La CEDEAO a également présenté ses « sincères condoléances » aux familles des victimes et exprimé sa « pleine solidarité » avec le peuple et les autorités maliennes.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a fermement condamné, dimanche, les attaques terroristes perpétrées le samedi 25 avril 2026 dans plusieurs localités du Mali, dénonçant des actes « odieux » illustrant « la nature barbare » de leurs auteurs.

Dans un communiqué, l’organisation régionale a appelé « tous les États, les forces de sécurité, les mécanismes régionaux et les populations » à « s’unir et se mobiliser dans un effort coordonné » afin de faire face à la menace terroriste qui pèse sur la stabilité de l’Afrique de l’Ouest.

La CEDEAO a également présenté ses « sincères condoléances » aux familles des victimes et exprimé sa « pleine solidarité » avec le peuple et les autorités maliennes.

Dans le même contexte, l’État du Qatar a condamné et dénoncé les attaques ayant ciblé plusieurs zones militaires et civiles en République du Mali, y compris la capitale Bamako. Doha a réaffirmé sa position ferme contre la violence, le terrorisme et les actes criminels, quels qu’en soient les motifs, tout en présentant ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’au gouvernement et au peuple malien, et en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés.

De son côté, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, a condamné « l’extrémisme violent » à la suite de ces attaques visant notamment l’armée malienne. Dans une déclaration, il a souligné la nécessité de « protéger les civils et les infrastructures civiles » et appelé à « une coordination et une collaboration solides en matière de sécurité dans toute la région ».

Le gouvernement du Sénégal a exprimé « une vive préoccupation » face à l’évolution de la situation sécuritaire au Mali, marquée par des attaques coordonnées contre des positions militaires et des zones urbaines.

Dakar a condamné « avec la plus grande fermeté » ces violences, réaffirmant sa « pleine solidarité » avec le peuple malien et son soutien aux forces de défense engagées dans la lutte antiterroriste.
Les États-Unis ont également condamné « fermement » ces attaques, présentant leurs condoléances aux victimes et réaffirmant leur engagement à soutenir les efforts en faveur de la paix et de la stabilité au Mali et dans le Sahel.

Pour sa part, l’Union européenne a dénoncé les attaques du 25 avril, exprimant sa « pleine solidarité » avec les autorités et le peuple maliens, tout en réaffirmant sa détermination dans la lutte contre le terrorisme.
Dans ce contexte, la Belgique a condamné fermement les attaques terroristes perpétrées au Mali le 25 avril.

Bruxelles a adressé ses sincères condoléances aux familles des victimes ainsi qu’aux autorités maliennes, exprimant sa pleine solidarité avec le peuple malien. En tant que membre de l’Union européenne, la Belgique a réaffirmé sa détermination dans la lutte contre le terrorisme, ainsi que son engagement en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité au Mali et dans l’ensemble du Sahel.

De son côté, la Türkiye a également condamné avec fermeté les attentats terroristes perpétrés le 25 avril dans différentes régions du Mali. Ankara a exprimé ses prières pour le repos de l’âme des victimes et présenté ses condoléances à leurs familles ainsi qu’au peuple malien. Elle a en outre réaffirmé sa solidarité avec le Mali dans sa lutte contre le terrorisme et son soutien aux efforts visant à instaurer une paix et une stabilité durables dans la région.

Le président de la Commission de l’Union africaine a fait part de sa « profonde préoccupation » face à ces attaques, notamment celles visant la capitale Bamako, condamnant des actes susceptibles d’exposer les civils à de « graves dommages » et réitérant l’engagement de l’institution en faveur de la paix et de la stabilité au Mali.

L’État du Qatar exprime sa condamnation et sa dénonciation des attaques ayant ciblé plusieurs zones militaires et civiles en République du Mali, y compris la capitale Bamako, et ayant fait plusieurs morts et blessés.
Le ministère des Affaires étrangères réitère la position ferme de l’État du Qatar contre la violence, le terrorisme et les actes criminels, quels qu’en soient les motifs ou les raisons.

Le ministère exprime les condoléances de l’État du Qatar aux familles des victimes ainsi qu’au gouvernement et au peuple de la République du Mali, souhaitant un prompt rétablissement aux blessés.

L’Organisation de la coopération islamique, par la voix de son secrétaire général Hissein Brahim Taha, a indiqué suivre « avec une grande préoccupation » la situation, condamnant « fermement » des attaques qui « mettent gravement en danger la vie des civils » et exprimant sa « pleine solidarité avec le peuple malien ».

Enfin, le Maroc a condamné « avec la plus grande fermeté » des actes qualifiés de « lâches et criminels », tout en réaffirmant son « soutien total » à la souveraineté, à la sécurité et à l’intégrité territoriale du Mali.

L’ensemble de la communauté internationale converge ainsi vers un appel commun à renforcer la coopération régionale et internationale pour lutter efficacement contre le terrorisme dans le Sahel.Le gouvernement a officiellement confirmé le décès du Général Sadio Camara, ministre de la Défense, tué lors de ces affrontements.

Un couvre-feu de 30 jours a été instauré dans la région de Koulikoro, et les patrouilles ont été intensifiées sur l’ensemble du territoire pour tenter de stabiliser la situation. 

Le Mali a annoncé la suspension des Autorisations Électroniques de Voyage (AEVM) pour les ressortissants marocains à compter du 27 avril 2026.

La CEDEAO et l’Union Africaine ont fermement condamné ces attaques terroristes, tandis que l’Union européenne réclame la libération d’un diplomate arrêté récemment.

Le Conseil National de Transition (CNT) a renouvelé son bureau sous la présidence du Général Malick Diaw. 

La capitale, Bamako, subit un blocus de la part de groupes armés, entraînant de graves pénuries de carburant.

La presse malienne est appelée par la Maison de la Presse à faire preuve de responsabilité et de retenue dans le traitement des informations sensibles touchant à la stabilité nationale.

Offensive sur Kati et Bamako

Face à cette offensive d’ampleur, les Forces armées maliennes (FaMa) ont rapidement réagi, neutralisant de nombreux assaillants et reprenant le contrôle des zones ciblées. Mais au-delà de la riposte, de nombreuses questions émergent sur l’origine, les complicités et les failles éventuelles du dispositif sécuritaire.

Les combats ont été particulièrement violents à Kati, fief de la junte situé à 15 km de la capitale. Le Général Sadio Camara, ministre de la Défense, a été tué dans sa résidence lors de l’assaut initial le samedi 25 avril.

Une alliance inédite entre les jihadistes du JNIM (Al-Qaïda) et les rebelles touaregs du FLA a revendiqué ces attaques coordonnées visant aussi l’aéroport de Bamako et d’autres villes.

Bien que l’armée affirme avoir repris le contrôle, des combats sporadiques ont encore été signalés ce dimanche. Un couvre-feu de 72 heures (de 21h à 6h) a été instauré à Bamako, une mesure exceptionnelle. 

La capitale subit un blocus jihadiste sur les axes stratégiques, notamment la route vers le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Bien que des convois escortés soient entrés début avril, la situation reste extrêmement tendue.

  • Impact quotidien
    • Prix : Le litre d’essence s’échangeait autour de 875 XOF le 20 avril, mais les prix sur le marché noir s’envolent lors des pics de pénurie.
    • Services : Les coupures d’électricité se multiplient car les centrales manquent de fioul.
    • Éducation : Par le passé, des écoles ont dû fermer leurs portes à cause de l’impossibilité pour les transports de circuler.

Les autorités tentent d’accélérer le dédouanement des camions-citernes et multiplient les réunions avec les pétroliers pour stabiliser l’offre.

Mais au-delà de la riposte militaire, une série d’interrogations majeures s’impose. Qui sont réellement ces terroristes ? Comment ont-ils pu pénétrer dans des sites aussi sensibles avec des moyens logistiques aussi visibles pick-up équipés de mitrailleuses, motos sans être détectés en amont ? Cette offensive coordonnée soulève inévitablement la question d’éventuelles défaillances dans le dispositif sécuritaire, notamment au niveau du renseignement et de l’anticipation.

Ces zones d’ombre alimentent les inquiétudes, mais aussi les attentes. Les enquêtes en cours devront permettre d’identifier avec précision les auteurs, de mettre au jour d’éventuels complices, ainsi que les réseaux de soutien, qu’ils soient internes ou externes. Elles devront également éclairer les éventuelles lacunes qui ont pu faciliter une telle opération d’envergure.

Ces attaques simultanées interviennent dans un contexte sécuritaire déjà tendu, marqué par la recrudescence des actions terroristes dans plusieurs régions du pays. Ces attaques traduisent une volonté de déstabilisation et de « démonstration de force » de la part des groupes terroristes.

Alors qu’au départ la stratégie du Jnim reposait essentiellement sur la conquête des zones rurales ou périphériques, elle vise désormais également les grandes villes

Face à cette épreuve, l’appel à l’unité nationale résonne avec force. Car au-delà des casernes et des positions militaires, c’est l’ensemble du pays qui est visé. Ce ne sont pas uniquement les FaMa qui sont attaquées, mais bien le Mali dans son intégrité. Dans ce combat de longue haleine, la vigilance, la solidarité et l’engagement de tous apparaissent plus que jamais indispensables.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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