Guerre en Ukraine : l’Union européenne est en train de préparer le 21e paquet de sanctions contre Moscou, qui devrait être adopté d’ici juin ou juillet 2026

DAKAR, 13 MAI 2026 (JVFE)–L’Union européenne pourrait adopter son prochain train de sanctions contre la Russie pour sa guerre en Ukraine dès la fin du mois de juin ou au début du mois de juillet, rapporte Politico, citant des diplomates et des responsables européens.

Ce 21e paquet de sanctions devrait cibler les banques russes, les institutions financières et les entreprises du complexe militaro-industriel, ainsi que les sociétés impliquées dans la vente de céréales ukrainiennes volées.

Pour rappel, à trois semaines du quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine, Ursula von der Leyen avait proposé d’infliger un vingtième paquet de sanctions à l’égard de la Russie. Cette nouvelle batterie de mesures cible le secteur bancaire et l’énergie, ainsi qu’une interdiction des services maritimes (maintenance, remorquage, etc.) aux navires transportant du pétrole russe.

« Cela réduira encore davantage les revenus énergétiques de la Russie et compliquera la recherche d’acheteurs pour son pétrole », a assuré la présidente de la Commission européenne. Pour que la mesure soit véritablement efficace, Bruxelles indique son intention de la coordonner avec les pays qui en seront d’accord, « après une décision du G7 », le groupe des sept pays occidentaux les plus industrialisés.

Selon la Commission européenne, 58 % des exportations des Vingt-Sept vers la Russie et 61 % de leurs importations d’avant-guerre sont désormais interdites et près de 70 % du secteur financier russe sont sous sanction.

La Commission continue de viser principalement le secteur pétrolier russe, dont les revenus financent une grande partie de l’effort de guerre du Kremlin. 43 navires soupçonnés d’appartenir à la flotte fantôme russe ont été ajoutés à la liste des quelque 600 navires déjà sous sanctions.

Les recettes de la Russie provenant du pétrole et du gaz ont « chuté en 2025 de 24 % par rapport à l’année précédente, atteignant leur niveau le plus bas depuis 2020 », selon Bruxelles, qui veut aussi « interdire les services de maintenance pour les méthaniers et les brise-glaces russes. Cela entravera sévèrement leur capacité à fonctionner de manière fluide ».

Concernant le secteur financier, la Commission européenne propose de cibler 20 banques régionales russes supplémentaires et de prendre des mesures pour limiter le recours aux cryptomonnaies, utilisées pour contourner les sanctions bancaires existantes.

Le nouveau paquet comprend encore de nouvelles interdictions d’exportation vers la Russie, du caoutchouc aux tracteurs en passant par les services de cybersécurité. Ainsi que des interdictions d’importation, pour une valeur de plus de 570 millions d’euros, concernant des métaux, des produits chimiques et des minéraux critiques, qui n’étaient pas encore sous sanctions.

La Commission européenne veut aussi activer son outil anti-contournement, une première, pour interdire l’exportation de toute machine-outil à commande numérique ou de radios vers des pays où le risque est élevé que ces produits soient réexportés vers la Russie (qui utilise les composants pour son appareil militaire). Le principal pays visé est le Kirghizistan.

Les Vingt-Sept doivent encore donner leur accord avant que ces nouvelles sanctions ne puissent entrer en vigueur, idéalement avant le 24 février, date anniversaire de l’invasion. Les représentants permanents des Etats membres devraient se saisir des propositions de la Commission dès ce lundi.

Russes et Ukrainiens se sont retrouvés à Abou Dhabi , en présence des Américains, pour négocier une issue à cette guerre qui dure depuis bientôt 1.500 jours, mais sans avancée majeure.

La Russie n’acceptera d’ouvrir des négociations de paix sérieuses « que si elle y est contrainte », a affirmé Ursula von der Leyen. « La Russie continue de répondre à la diplomatie par des missiles. Nous sommes déterminés à rendre ce choix douloureusement coûteux », a renchéri la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, sur X.

Selon des sources proches du dossier, la « flotte fantôme » de la Russie devrait également être l’une des cibles principales de ces nouvelles mesures restrictives. Le durcissement des règles concernant cette flotte permettrait de tarir l’un des flux de revenus les plus importants du Kremlin et d’accentuer la pression sur Vladimir Poutine pour qu’il renonce à ses exigences maximalistes dans le cadre d’un éventuel accord de paix avec l’Ukraine.

Par ailleurs, les responsables européens voient désormais une opportunité de relancer des sanctions qui étaient jusqu’ici bloquées par le gouvernement de l’ancien Premier ministre hongrois, Viktor Orbán. Parmi celles-ci figurent des mesures visant des membres de haut rang de l’Église orthodoxe russe, notamment son chef, le patriarche Kirill — un allié proche de Poutine qui a ouvertement soutenu l’invasion de l’Ukraine.

Selon l’un des diplomates, la Commission européenne pourrait également remettre sur la table l’interdiction des transports maritimes pour les navires russes, une mesure actuellement bloquée par Malte et la Grèce.

Le commissaire aux droits de l’homme du Parlement ukrainien, Dmytro Loubinets, a déclaré que la plus jeune victime de violences sexuelles liées au conflit et perpétrées par des soldats russes était âgée de seulement quatre ans.

« L’âge de la plus jeune personne victime de violences sexuelles liées au conflit et commises par les troupes russes est de quatre ans. Cette information ne provient pas seulement des services de répression ou du médiateur ukrainien, elle est également consignée officiellement par nos partenaires internationaux. C’est notamment le cas de la mission de surveillance des Nations Unies qui travaille de manière permanente en Ukraine », a précisé Dmytro Loubinets depuis la tribune du Parlement alors qu’il répondait aux questions des députés.

D’après son rapport, parmi les victimes figurent des enfants, des femmes et des hommes. Dmytro Loubinets a précisé que trois cent soixante-trois enquêtes criminelles sont déjà en cours.

Il a également rappelé que ces actes sont imprescriptibles et que la documentation de ces atrocités se poursuit, car ces violences restent systématiques dans les territoires ukrainiens sous occupation russe.

Ce nouveau train de mesures restrictives vise à accentuer la pression sur l’effort de guerre du Kremlin en ciblant des secteurs clés de l’économie russe .

De nouvelles restrictions et exclusions vont frapper les institutions financières russes.

Des mesures renforcées vont viser les entreprises fournissant l’armée.

Le paquet prévoit de durcir la lutte contre les réseaux tiers qui permettent à la Russie d’importer des technologies interdites.

Ce 21e paquet fait directement suite aux mesures de la vingtième batterie de sanctions adoptée fin avril 2026. Celle-ci s’était concentrée sur les restrictions énergétiques, notamment les services associés aux terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) et la flotte fantôme de transport de pétrole russe.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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