DAKAR, 13 MAI 2026 (JVFE)–À l’occasion de la fête nationale de la femme nigérienne célébrée ce 13 mai, Pathfinder met en lumière l’importance de l’engagement des femmes dans la construction d’une société résiliente, pacifique et durable.
L’Origine Historique du 13 Mai
- Date clé : 13 mai 1991.
- Événement : Marche historique des femmes nigériennes à Niamey.
- Revendication : Exigence d’une représentation équitable à la Conférence Nationale Souveraine.
- Victoire : Obtention d’une participation accrue des femmes dans la transition démocratique.
- Statut actuel : Journée nationale institutionnalisée pour célébrer les droits des femmes au Niger.
🏥 L’Action de Pathfinder International au Niger

- Santé : Renforcement de l’accès à la planification familiale volontaire.
- Droits : Promotion des droits sexuels et reproductifs des femmes et des jeunes filles.
- Résilience : Intégration des soins de santé dans les zones touchées par le changement climatique.
- Autonomisation : Formation des femmes leaders pour influencer les politiques de santé locales.
🌱 Projets Communautaires pour la Paix et le Climat
- Médiation : Création de comités de paix locaux dirigés par des femmes pour prévenir les conflits.
- Agriculture : Développement de techniques agricoles résilientes face à la sécheresse par des coopératives féminines.
- Ressources : Gestion communautaire de l’eau pour réduire les tensions liées aux ressources rares.
En lien avec le thème de cette année, «Mobilisation générale des Femmes Nigériennes pour la Défense nationale et le développement durable », des initiatives innovantes comme le modèle Reach Married Adolescent (RMA), mis en œuvre à travers les activités du projet J-Matassa, illustrent le rôle déterminant des adolescentes et jeunes femmes mariées dans le renforcement de la cohésion sociale, de l’autonomisation économique et du développement communautaire.
À Harikanassou, un village situé dans le district sanitaire de Boboye, dans la région de Dosso, Anissa Fataou parle aujourd’hui de son couple avec des mots qu’elle n’aurait pas utilisés il y a encore quelques années : dialogue, compréhension, harmonie.
Anissa fait partie des jeunes femmes mariées accompagnées par le modèle RMA (Reach Married Adolescents), mis en œuvre dans le cadre du projet J-Matassa.
« Avant, on entendait parler de la planification familiale sans vraiment comprendre. Aujourd’hui, notre vie de couple a changé. On se parle davantage, on se comprend mieux », confie-t-elle.
Comme elle, des milliers de femmes nigériennes découvrent, à travers ce programme, un espace d’échange et d’apprentissage centré sur des enjeux essentiels de leur bien-être : l’hygiène générale, la vie du couple, la parenté responsable, les violences basées sur le genre et la planification familiale. .
Une approche centrée sur le couple
Le modèle RMA repose sur une idée simple, mais encore peu répandue : impliquer à la fois les femmes, leurs époux et les communautés dans un processus de dialogue et de sensibilisation.
À travers les visites à domicile (VAD), les discussions de groupes et les dialogues communautaires les couples sont accompagnés afin de mieux comprendre les enjeux liés à l’espacement des naissances, à la santé de la femme et à l’équilibre familial.

Pour Anissa, ce processus a marqué un tournant. Mais le changement est aussi venu de son mari.
« Au début, je pensais que ces méthodes étaient faites pour nous empêcher d’avoir des enfants », reconnaît-il. « Mais j’ai compris qu’elles sont importantes pour la santé de la femme. Aujourd’hui, j’ai accepté que mon épouse adopte une méthode. »
Au-delà de la planification familiale, c’est toute la dynamique du couple qui évolue.
« J’ai compris aussi que la violence détruit. Depuis, nous vivons plus en paix », ajoute-t-il.
Des résultats concrets sur le terrain
Les transformations observées ne sont pas isolées.
Selon le responsable du projet J-Matassa, Dr Yacouba Hassane Sanda, depuis le démarrage du projet, 8 500 couples ont été enrôlés en deux cohortes, soit 4 250 couples par cohorte dans 85 villages des régions de Dosso et Tillabéri. Il précise qu’au cours de l’année 2025, 121 731 visites à domicile (VAD) et 3 775 discussions de petits groupes (DPG) ont été réalisées auprès de 3 826 couples. Le responsable du projet souligne également qu’en deux ans de mise en œuvre, les efforts déployés ont permis de fournir des méthodes contraceptives modernes à plus de 80 000 femmes.
Lancé en 2024 par Pathfinder International Niger, en consortium avec Marie Stoppes Niger et l’Association des Jeunes Filles et Femmes pour la Santé de la Reproduction (AJFSR), le projet vise à réduire les mariages précoces, améliorer la santé maternelle et offrir aux femmes notamment les plus jeunes, des perspectives de développement personnel et économique. Mais son impact dépasse les seuls indicateurs de santé. En renforçant la communication au sein des ménages, le modèle RMA contribue également à l’autonomisation des femmes, à la prévention des violences basées sur le genre et à l’instauration de relations plus équilibrées.
Des femmes actrices du changement
L’un des effets les plus marquants du programme réside dans la diffusion des connaissances au-delà des bénéficiaires directes.
« Je partage ce que j’ai appris avec mes sœurs et mes amies », explique Anissa.
Ce mécanisme endogène de transmission des connaissances transforme progressivement les participantes en relais de changement au sein de leurs communautés, amplifiant ainsi l’impact du programme.
Un levier pour les droits et l’autonomisation
Pour la Directrice pays de Pathfinder International Niger, Dr Asma Yaroh Gali, ces résultats confirment l’importance d’approches ancrées dans les réalités sociales.
« Les transformations que nous observons reposent sur l’écoute, le dialogue et l’implication des femmes, mais aussi des hommes », souligne-t-elle. Selon elle, promouvoir l’autonomisation des femmes ne peut se faire sans agir au cœur même des ménages :
« Lorsque la communication s’améliore et que les décisions sont partagées, cela réduit directement les inégalités et les violences. »
Elle insiste également sur la nécessité d’aller plus loin, notamment en intégrant davantage d’opportunités économiques afin de renforcer l’autonomie des femmes et la résilience des familles.
Une dynamique à consolider

Au Niger, où les enjeux liés à la santé demeurent importants, des initiatives comme le modèle RMA ouvrent des perspectives concrètes. Elles montrent qu’un changement durable passe nécessairement par des transformations au sein des foyers.
À Harikanassou, Anissa en est convaincue : « Aujourd’hui, nous sommes plus sereins et plus heureux. »
Comme elle, de plus en plus de femmes nigériennes prennent la parole, partagent leurs expériences et redéfinissent, à leur échelle, les équilibres au sein de leurs familles.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

