DAKAR, 1er JUIN 2026 (JVFE)–Les Guinéens étaient appelés aux urnes ce dimanche pour élire les députés de la future Assemblée nationale ainsi que les conseillers communaux des différentes collectivités du pays. Ces élections, initialement prévues le 24 mai, avaient été reportées au 31 mai par décret présidentiel.
Près de 7 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche pour les élections législatives et communales. Ce scrutin marque une étape importante dans le rétablissement de l’ordre constitutionnel, cinq ans après le coup d’État de 2021 qui avait porté Mamadi Doumbouya au pouvoir. De leur côté, plusieurs partis politiques d’opposition avaient appelé au boycott du scrutin.
En Guinée, le double scrutin législatif et communal s’est achevé sur une forte abstention. Ce vote, crucial pour le retour définitif à l’ordre constitutionnel et le parachèvement de la transition, n’a pas suscité l’engouement des près de 7 millions d’électeurs appelés aux urnes
Une mobilisation en berne
À l’échelle nationale, tout comme dans des localités spécifiques à l’intérieur du pays, les bureaux de vote ont été désertés par les citoyens tout au long de la journée électorale. Les observateurs sur place ont relevé une timidité marquée dans les files d’attente, illustrant un manque d’intérêt ou un désaveu d’une frange importante de l’électorat.
Les enjeux du scrutin
Pour rappel, ce double scrutin est un moment charnière pour l’avenir politique du pays, visant à renouveler :
- L’Assemblée nationale avec 147 sièges de députés en jeu.
- Les instances locales avec 375 conseillers communaux à élire.
Mamadi Doumbouya s’est rendu dans son bureau de vote en compagnie de la Première Dame, Laurianne Doumbouya, pour participer à ce double scrutin considéré comme une étape majeure du processus institutionnel engagé après son élection à la magistrature suprême en décembre 2025.

Ces élections interviennent dans un contexte marqué par la mise en place progressive des institutions prévues par la nouvelle architecture politique du pays.

À travers ce double scrutin, les autorités entendent poursuivre le processus de renouvellement des institutions et consolider le retour à un fonctionnement régulier des organes élus.
Selon la Direction de la communication de la Présidence de la République (DCI-RPG) cette journée électorale marque « une nouvelle étape de la gouvernance participative » en Guinée.
Comme le laissaient présager les premières observations effectuées dès l’ouverture des bureaux de vote, la faible mobilisation des électeurs s’est confirmée tout au long de la journée.
Dans la plupart des centres visités, les bureaux de vote sont restés peu fréquentés du matin jusqu’à la fermeture du scrutin ce soir aux environs de 18 heures.
Les longues files d’attente généralement observées lors des grandes consultations électorales étaient inexistantes, laissant place à des bureaux souvent déserts ou accueillant les électeurs au compte-gouttes.

Après la fermeture des bureaux de vote dans le cadre des élections législatives et communales, la Direction générale des élections (DGE) a organisé une soirée électorale, ce dimanche 31 mai 2026, afin de dresser un premier bilan du déroulement du scrutin à travers le pays. Face à la presse, la Directrice générale des élections, Djénabou Touré, est revenue sur les défis logistiques, les incidents enregistrés, l’organisation du vote ainsi que les premières tendances relatives à la participation.
De la sécurisation du vote à l’acheminement des kits électoraux
D’entrée, la patronne de la DGE a salué l’implication des différents acteurs mobilisés pour la réussite du scrutin, mettant en avant l’ampleur de l’organisation déployée sur toute l’étendue du territoire.
« Les autorités qui ont assuré la sécurisation de ce processus et de toute cette journée, c’est ce travail que nous avons fait. Il y a eu quand même 16 722 centres de vote et 23 679 bureaux de vote qu’il fallait ouvrir simultanément. Et les documents, le matériel, poser trois urnes, poser trois isoloirs, il fallait de la pédagogie, de la compréhension et il fallait aussi l’engagement des uns et des autres. Ce travail a démarré timidement, mais tout est rentré dans l’ordre, vous avez vu, pendant la journée. »
Elle a ensuite rappelé les moyens humains mobilisés pour l’organisation du scrutin.
« Ça demande 120 000 membres de bureaux de vote qui ont eu à travailler sur l’ensemble du territoire. On a également eu des observateurs locaux dans toutes les circonscriptions électorales, des observateurs internationaux qui nous ont accompagnés, des observateurs internationaux et indépendants qui étaient aussi sur le terrain, mais également les médias qui ont été accrédités pour la couverture vraiment responsable de ce jour de scrutin qui s’est déroulé ».
Selon elle, les incidents signalés au cours de la journée n’ont pas eu d’impact significatif sur le déroulement du vote.
« Je pense que nous sommes arrivés avec pas d’incidents majeurs signalés, mais des incidents mineurs que nous considérons vraiment qui n’ont pas eu d’impact par endroits, qui ont été signalés, pas dans la gestion, mais entre les militants des candidats par endroits. Mais je pense que nous pouvons en être fiers encore une fois que le peuple des Guinée vient de démontrer sa maturité en matière de participation au scrutin en République de Guinée ».
Interrogée sur l’absence de grandes files d’attente devant les bureaux de vote, Djénabou Touré a expliqué que cela résulte du maillage électoral mis en place par la DGE. « Tout s’est passé dans le calme, dans la discipline, et les gens sont allés voter tranquillement. Et avec le maillage que nous avons fait des bureaux de vote, vous vous rendez compte qu’il n’y a plus de fil d’attente, que ce soit ici ou derrière nous, parce que quand vous prenez le nombre d’électeurs que vous venez de fixer tout à l’heure, qui est à 6.948.896, vous le divisez par 23.000 bureaux de vote, que je veux dire pratiquement 24.000, vous allez comprendre que la moyenne, c’est autour de 290-292 électeurs en moyenne par bureau de vote, donc ça fait que les bureaux de vote ne sont pas remplis comme on avait l’habitude de le voir, 700-800 personnes ou 1.000 dans un bureau de vote, ça c’est derrière nous dans le processus d’organisation des scrutins. Voilà un peu une journée très chargée, mais une journée remplie, et nous disons merci à notre Seigneur, notre grand Créateur qui nous a permis de réaliser ce défi. »
Une expérience à capitaliser
La Directrice générale des élections estime que l’expérience acquise lors des précédents scrutins constitue un atout pour l’administration électorale guinéenne.
« C’était une première quand même, qu’en 48 heures les résultats étaient donnés, et les résultats ont été proclamés, commune par commune. C’était fastidieux, mais il fallait le faire, et ça c’est une expérience que nous pouvons exporter ».
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
