Nigeria : les partis politiques nigérians ont achevé le processus de désignation de leurs candidats en vue des élections générales de 2027, marquant la fin des élections primaires organisées à travers le pays

DAKAR, 1er JUIN 2026 (JVFE)–L’élection présidentielle nigériane se tiendra le 16 janvier 2027. Les trois principaux candidats officiellement désignés à l’issue des primaires de mai 2026 sont les mêmes figures majeures du scrutin de 2023

Avec la désignation samedi par son parti de l’opposant Peter Obi comme candidat à l’élection présidentielle de 2027 au Nigeria, celle-ci va rejouer le scrutin de 2023, avec trois candidats majeurs dont le président sortant Bola Tinubu. Ancien gouverneur de l’Etat d’Anambra, dans le sud-est du pays, Obi a été désigné candidat par le Congrès démocratique du Nigeria (NDC), un parti politique émergent, enregistré en février dernier. Actuellement au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC) avait lui désigné la semaine dernière le président Bola Tinubu, fort de plus de 10 millions de voix lors des primaires du parti.

Les candidats principaux

  • Bola Ahmed Tinubu : Président sortant, il brigue un second mandat sous la bannière de l’APC (All Progressives Congress).
  • Peter Obi : Candidat désigné par le parti de coalition NDC (National Democratic Congress).
  • Atiku Abubakar : Ancien vice-président et opposant historique, il a remporté la primaire de l’ADC (African Democratic Congress)

Le Congrès des progressistes (APC), au pouvoir, a quant à lui désigné la semaine dernière le président Bola Tinubu, fort de plus de 10 millions de voix lors des primaires du parti.

Le large mécontentement suscité par la dégradation de la situation sécuritaire du pays, et par les réformes économiques qui ont marqué une grande partie de son premier mandat (mais qui, selon le gouvernement et des analystes, ont relancé l’économie et attiré les investisseurs), pourrait rendre difficile sa réélection.

Peter Obi, ancien gouverneur de l’État d’Anambra (sud-est), a été désigné samedi 30 mai candidat à la présidentielle par le Congrès démocratique du Nigeria (NDC), un parti politique émergent, enregistré en février dernier.

« Aucune nation ne peut prospérer lorsque ses citoyens ne peuvent plus dormir sur leurs deux oreilles », a déclaré Peter Obi après avoir accepté sa désignation, faisant référence aux problèmes de sécurité persistants au Nigeria.

La candidature d’Atiku Abubakar, ancien vice-président, pour le Congrès démocratique africain (ADC), ouvre en effet une configuration proche de celle de 2023.

Ancien vice-président du Nigeria, Atiku Abubakar a déjà tenté d’accéder au poste suprême à quatre reprises, sans succès. A 71 ans, il espère que l’élection de 2019 sera enfin la bonne.

Né le 25 novembre 1946 dans une famille très modeste, le jeune Atiku rêve d’aller à l’école alors que son père, musulman ultra-conservateur, refuse.

Son père sera finalement puni par la loi et incarcéré pendant le régime militaire. “Je suis un pur produit de l’éducation publique”, confiait le candidat à la primaire du Parti Populaire Démocratique (PDP) à l’AFP. “C’est pour cela que pour moi l’éducation est la priorité et ma passion”.

Musulman polygame et père de plus de vingt enfants, l’homme d’affaires est arrivé en politique par hasard, après avoir amassé une fortune colossale pendant près de 20 ans dans une société d’import-export avec un partenaire italien, alors qu’il travaillait pour les douanes du port de Lagos et y avait un accès privilégié.

La candidature d’Atiku Abubakar, ancien vice-président, pour le Congrès démocratique africain (ADC), ouvre en effet une configuration proche de celle de 2023. Tinubu avait alors remporté la présidentielle avec 36,6% des voix, devant Abubakar à 29 % et Obi à 25%.
Toutefois, selon les médias locaux, ce dernier devrait avoir l’an prochain comme colistier Rabiu Kwankwaso, qui lui avait recueilli un peu plus de 6% des suffrages en 2023.

Sa richesse a toujours été ternie par des accusations de corruption ou des scandales de conflits d’intérêts, mais aucun de ses détracteurs n’a réussi à en apporter les preuves ni à le traîner en justice.

Le FBI américain a toutefois effectué une descente dans sa résidence près de Washington, en mai 2005, apparemment dans le cadre d’une enquête sur un contrat impliquant l’ancien membre du Congrès de Louisiane William Jefferson.

Jefferson a par la suite été reconnu coupable de corruption, mais Abubakar, alors vice-président en exercice, est sorti indemne du scandale. Il est toujours persona non grata sur le sol américain, et ne s’est plus jamais rendu aux Etats-Unis depuis cette époque.

Multimillionnaire, l’homme d’affaires a investi dans de nombreux secteurs, notamment celui du pétrole, de l’agriculture, des télécommunications et plus récemment de la santé, en plus de devenir l’un des hommes politiques les plus influents de son pays.

“Atiku” -tel qu’il est surnommé au Nigeria- s’est forgé un important réseau au cours de sa longue carrière politique, tant au niveau national que dans sa région, l’Etat de l’Adamawa (nord-est).

Sa première tentative de briguer la présidence date de 1993. Il perd aux primaires du Parti Social Démocratique, mais le pays ne parvient toujours pas à s’affranchir du pouvoir militaire et le scrutin est finalement annulé.

Lorsque le premier exportateur de pétrole d’Afrique accède enfin à la démocratie en 1999 en organisant ses premières élections, Abubakar devient le vice-président d’Olusegun Obasanjo, sous la bannière du PDP.

Pendant deux mandats de quatre ans, le duo supervise notamment toute la politique de privatisation des institutions publiques gangrenées par des décennies de régimes militaires corrompus.

Abubakar décide de quitter le PDP pour présenter sa candidature au scrutin de 2007, ce que ne lui pardonnera jamais son ancien parrain en politique, Obasanjo.

Son score est pourtant plutôt médiocre puisqu’il arrive troisième derrière le vainqueur Umaru Musa Yar’Adua et déjà à l’époque, Muhammadu Buhari, son ennemi de toujours, qui est l’actuel président du Nigeria et candidat à sa succession.

En 2011, il regagne le PDP, retente sa chance contre Goodluck Jonathan et échoue. En 2014, il quitte le PDP pour s’allier au Congrès des Progressistes (APC) et doit à nouveau s’incliner devant… Muhammadu Buhari qui remportera finalement le poste suprême un an plus tard.

En décembre 2017, alors que Buhari est déjà perçu comme le seul candidat possible pour représenter l’APC, Abubakar retrouve le PDP, accusant l’ancien général d’avoir “abandonné le peuple nigérian, et particulièrement les jeunes”.

En septembre dernier, il a accusé Buhari d’être “ivre de pouvoir”.

Toutefois dès 2006, les relations entre les deux hommes se dégradent alors qu’Obasanjo veut briguer un troisième mandat, ce qui est contraire à la Constitution du pays.

Taiwo Oyedele, le ministre nigérian de l’Économie (à g.), avec Bola Tinubu, le chef de l’État, le 16 mars 2026. © Facebook Taiwo Oyedele

Le 21 avril 2026, Bola Tinubu, le président du Nigeria, a nommé Taiwo Oyedele, 50 ans, au poste de ministre des Finances et de ministre coordinateur de l’Économie. Après s’être employé, ces trois dernières années, à démanteler les structures fiscales archaïques du pays, ce technocrate tient aujourd’hui les cordons de la bourse de l’une des économies les plus complexes d’Afrique.

Bola Tinubu avait alors remporté la présidentielle avec 36,6 % des voix, devant Atiku Abubakar à 29 % et Peter Obi à 25 %.

Toutefois, selon les médias locaux, ce dernier devrait avoir l’an prochain comme colistier Rabiu Kwankwaso, qui lui avait recueilli un peu plus de 6 % des suffrages en 2023.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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