Mali : les journalistes Chahana Takiou et Abdourahmane Keita sous mandat de dépôt, la Maison de la Presse déclare avoir “pris acte de cette décision judiciaire, exprime sa préoccupation face à la détention d’un professionnel des médias et réaffirme son attachement à la liberté de la presse, à la liberté d’expression et au droit à l’information”

DAKAR, 13 JUIN 2026 (JVFE)—Au Mali, la situation des journalistes Chahana Takiou, Abdrahamane Keïta et Youssouf Sissoko continue de susciter une forte mobilisation au sein de la profession.

En l’espace de deux jours, deux journalistes ont été mis en détention par le Procureur de la République en charge du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité au Mali.

Sous l’égide du président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, les organisations professionnelles des médias ont tenu, ce jeudi 11 juin, une assemblée générale au siège de leur faîtière.

La Maison de la presse du Mali entend désormais privilégier la voie du dialogue afin d’obtenir leur libération.

Une approche que l’organisation professionnelle des journalistes juge la plus appropriée pour parvenir à une issue favorable dans le dossier des trois journalistes.

« La Maison de la Presse a suivi, la mort dans l’âme, la situation des confrères incarcérés », s’est indigné le président de la faîtière des médias. Bandiougou Danté fait référence aux placements sous mandat de dépôt de Chahana Takiou, directeur de publication du bihebdomadaire.

Le 22 Septembre, le lundi 8 juin, et d’ Abderhmane, directeur de publication du journal Le Témoin, le mardi 9 juin, par le procureur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Ils rejoignent en prison Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal L’Alternance, déjà condamné à deux ans de prison ferme par le même tribunal.

Il s’agit de Chahana Takiou, directeur de la Publication du Bi-hebdomadaire malien “22 Septembre”, placé sous mandat de dépôt le lundi dernier, 8 juin 2026 et Abdourahmane Kéïta, directeur de la publication du journal “Le Témoin”, lui aussi placé sous mandat de dépôt le lendemain, c’est-à-dire le mardi 9 juin 2026. La Maison de la Presse a réagi dans deux communiqués différents.

Chahana est poursuivi pour des faits présumés d’atteinte au crédit de l’Etat à travers l’institution judiciaire, tandis que, pour Abdourahmane, les faits incriminés sont de deux ordres et sont qualifiés respectivement de “délit à caractère régionaliste qui tend à porter atteinte à l’unité nationale et au crédit de l’Etat” et “publication d’informations fausses et trompeuses dans l’intention que ces informations soient considérées comme authentiques par le biais d’un système d’information”

Bandiougou Danté est longuement revenu sur les relations complexes entre les médias et l’institution judiciaire. Malgré les efforts déployés par la faîtière pour les améliorer, le constat reste amer : « Nos partenaires de la justice n’ont pas été à la hauteur de nos attentes quant à la création d’un climat de paix et d’entente », a déploré le président Danté, avant d’ajouter que « les représentants de Dieu sur terre sont restés sourds à nos multiples appels à la sagesse et à la clémence ». C’est dans ce cadre qu’il a dénoncé un manque de hauteur, estimant que la sagesse, la tolérance et le pardon n’avaient jamais été des denrées aussi rares.

L’autre communiqué concerne le placement en détention du journaliste Abdourahmane Kéïta.

La Maison de la Presse déclare avoir “pris acte de cette décision judiciaire, exprime sa préoccupation face à la détention d’un professionnel des médias et réaffirme son attachement à la liberté de la presse, à la liberté d’expression et au droit à l’information”, tout en appelant “au respect des droits de la défense et à la tenue d’un procès juste et équitable”. Ce procès est fixé au 17 août 2026.

Tout en invitant “l’ensemble des médias à rester mobilisés en vue des actions futures qui seront entreprises contre cette atteinte flagrante et grave de la liberté d’opinion et de presse”, lit-on dans le communiqué relatif au cas Chahana Takiou, la Maison de la Presse affirme par ailleurs, dans le communiqué informant du placement du journaliste Abdourahmane Keïta sous mandat de dépôt, qu’elle “invite l’ensemble des professionnels des médias à demeurer solidaires, responsables et attachés à la défense des libertés fondamentales”.                                                 

Toutefois, Bandiougou Danté a indiqué que la priorité des professionnels des médias demeure la recherche de solutions susceptibles d’aboutir à la libération des trois confrères.  « Notre démarche s’inscrit dans un esprit de responsabilité, de dialogue et de préservation de la crédibilité de la presse malienne », a-t-il souligné. Le président Danté a assuré que la Maison de la Presse privilégie les échanges institutionnels, les démarches concertées ainsi que les mécanismes républicains afin de parvenir à une issue favorable. L’objectif est de défendre les journalistes tout en maintenant un climat propice au dialogue avec les autorités.

Pour terminer, il a réaffirmé l’attachement indéfectible de la profession au respect des principes de la liberté de la presse et des droits des journalistes.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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