Tunisie : une vague de chaleur extrême, poussant le réseau d’infrastructures à ses limites et provoquant des coupures récurrentes d’eau et d’électricité à travers le pays

DAKAR, 28 AOUT 2026 (JVFE)—La Tunisie traverse une crise majeure marquée par une vague de chaleur extrême, poussant le réseau d’infrastructures à ses limites et provoquant des coupures récurrentes d’eau et d’électricité à travers le pays.

Depuis la mi-juillet, la Tunisie vit au rythme de coupures régulières d’eau et d’électricité, provoquées par les fortes chaleurs. Ces restrictions pèsent lourdement sur le quotidien des Tunisiens, fragilisent l’économie et perturbent la saison touristique.

Le thermomètre frôle ou atteint régulièrement les 48 à 49 °C dans plusieurs régions, plaçant la quasi-totalité du pays en vigilance orange par l’Institut national de la météorologie.

Dans les rues de Tunis, les habitants cherchent de l’ombre et tentent de se rafraîchir comme ils le peuvent. La chaleur extrême entraîne une forte augmentation de la consommation d’eau et d’électricité, alors que ces deux ressources se font rares depuis le début de l’été.

La chaleur provoque une explosion de l’usage des climatiseurs, augmentant la demande d’électricité de près de 30 % aux heures de pointe.

Un réseau électrique saturé (Délestages)

Pour éviter un “blackout” total du réseau vieillissant, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) applique des délestages programmés.

Ces interruptions de courant ciblent des quartiers entiers de l’agglomération de Tunis (3 millions d’habitants) ainsi que d’autres villes du pays, et durent parfois plus de dix heures d’affilée.

La crise de l’eau (Robinet et bouteilles)

L’approvisionnement en eau potable dépend directement de stations de pompage électriques. Les coupures d’électricité entraînent donc mécaniquement l’interruption de l’eau courante.

Les usines d’embouteillage, elles aussi touchées par les pannes électriques, subissent des baisses de production. Les bouteilles d’eau sont rationnées dans les supermarchés (souvent limitées à un pack par personne) et s’avèrent introuvables chez la plupart des épiciers.

Conséquences sociales et politiques

Des rassemblements réguliers et des mouvements de colère spontanés éclatent à Tunis et dans plusieurs provinces. Les citoyens dénoncent la paralysie de leur quotidien (conservation des aliments, hygiène) et l’impact sur les hôpitaux ou l’économie en pleine saison touristique.

Le président Kaïs Saïed a qualifié ces coupures d’« anormales » et a affirmé qu’elles étaient « préméditées » par des « forces hostiles » cherchant à attiser les tensions sociales. De leur côté, les experts et les citoyens pointent plutôt du doigt le manque d’anticipation face au changement climatique, le stress hydrique chronique et la fragilité structurelle des réseaux nationaux.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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