DAKAR, 12 OCTOBRE 2026 (JVFE)—L’examen en commission des finances du projet de loi de finances (PLF) pour 2027 a abouti à un rejet massif de sa partie « recettes » par 33 voix contre et seulement 3 pour. Loin de redresser la trajectoire budgétaire, les modifications apportées par les députés ont profondément dégradé la copie initiale du gouvernement, menaçant d’aggraver le déficit public.
Le texte réécrit en commission introduit un risque de dérapage direct pour les comptes de l’État :
| Indicateur Budgétaire (2027) | Objectif du Gouvernement | Estimation après Commission | Impact Global |
| Déficit Public | 5,0 % du PIB | 5,4 % du PIB | Dégradation d’au moins 8 à 10 milliards d’euros |
Un détricotage politique transpartisan
L’alliance hétéroclite des oppositions et les défections au sein du bloc central ont mis en pièces la stratégie d’économies de l’exécutif.
Les députés ont annulé plusieurs mesures phares, notamment la réforme de l’abattement fiscal de 10 % ciblant les retraités ainsi que des coupes budgétaires sur la TVA affectée aux collectivités locales.
Le texte est devenu « inacceptable pour tous » à la suite de l’adoption de plus de 200 amendements contradictoires, poussant même la droite (LR) et Horizons à voter contre la version finale amendée.
Des comptes sous la menace des marchés financiers
Cette impasse politique suscite de vives inquiétudes quant à la crédibilité financière de la France à l’approche de l’élection présidentielle.
Le taux des obligations d’État à 10 ans frôle désormais 5 % par an, un niveau inédit depuis 2002.
L’agence de notation Fitch a prévenu qu’une absence de budget ou un échec des réformes pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la dette française.
Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a fustigé une dégradation « pas tenable » tandis que le gouvernement n’exclut pas de recourir à l’article 49 alinéa 3 ou à des ordonnances pour forcer l’adoption du texte original.
Le texte initial doit maintenant être débattu dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, où le gouvernement ne dispose toujours pas de majorité.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
