Dakar,11 Aout 2025(JVFE)-Après la nationalisation de la Société Nigérienne d’Électricité (NIGELEC) en juin dernier, le gouvernement nigérien a annoncé, ce vendredi 8 août, la nationalisation de la Société des Mines du Liptako (SML) SA, qui exploite les permis aurifères de Samira Libiri et de Boulondjounga. Depuis 2019, 80 % de son capital était détenu par le groupe australien McKinel Resources Limited. La décision, actée par ordonnance signée ce 8 août par le Président de la République du Niger , le Général Abdourahamane Tiani, marque un tournant stratégique dans la gestion des ressources minières du pays en signant une ordonnance portant nationalisation de la Société des Mines du Liptako (SML) SA.
Dans la droite ligne de la souveraineté retrouvée, l’État vient de franchir une nouvelle étape décisive : la nationalisation de la Société des Mines du Liptako et la suspension de l’exportation de certaines ressources stratégiques.
L’annonce, faite par le Secrétaire général du gouvernement, Mahamane Roufai Laouali, sonne comme une reprise en main stratégique des ressources minières du pays. Elle met un terme à six années d’un partenariat jugé défaillant avec McKinel Resources Limited, détenteur de 80 % du capital depuis 2019.

Créée sous droit nigérien, la SML avait cédé en mai 2019 80 % de ses actions à McKinel Resources Limited, via la Société de Patrimoine des Mines du Niger (SOPAMIN), en échange d’un plan de relance évalué à 10 millions de dollars, assorti d’engagements opérationnels, financiers et sociaux. Mais six ans plus tard, le constat dressé par l’État est sombre : absence du plan d’investissement promis, accumulation d’arriérés fiscaux et salariaux, licenciements massifs, fonctionnement partiel de la mine et de l’usine, absence de couverture sociale et endettement important.
« Malgré les facilités accordées, le groupe n’a pas respecté ses obligations contractuelles, plongeant la SML dans une situation économique alarmante », souligne le communiqué du Secrétariat général du gouvernement. Selon les autorités, ces manquements ont entraîné la réduction de plus de 50 % des effectifs, le non-paiement régulier des salaires et des cotisations sociales, ainsi que des interruptions répétées de production.

La nationalisation de la SML s’inscrit dans la vision affichée par le chef de l’État : assurer l’appropriation intégrale des ressources naturelles par le peuple nigérien. Une reprise en main qui intervient dans un contexte où Niamey affirme vouloir restaurer la souveraineté économique du pays et mettre fin aux pratiques jugées contraires aux intérêts nationaux.
Cette nationalisation intervient dans un contexte où Niamey affiche sa volonté de renforcer la souveraineté économique du pays, en particulier dans le secteur extractif, pilier des recettes d’exportation. Pour le gouvernement, il s’agit d’un signal clair : les contrats miniers ne peuvent prospérer que s’ils servent l’intérêt national.
L’or de Samira, pierre angulaire de cette stratégie, est désormais sous contrôle total de l’État.

La SML SA, société de droit nigérien, dispose de deux (2) permis pour grande exploitation minière d’or, en l’occurrence, le permis Samira Libiri renouvelé par décret du 20 novembre 2019 pour une durée de 5 ans et le permis de Boulondjounga.
En mai 2019, la Société de Patrimoine des Mines du Niger (SOPAMIN), société d’Etat, a cédé 80% de ses actions dans la Société des Mines du Liptako (SML) SA au groupe McKinel Resources Limited, à travers une convention de cession d’actions. En contrepartie, le groupe McKinel Resources Limited s’était engagé à redresser et à développer la SML SA en mobilisant des moyens financiers importants et en respectant divers engagements opérationnels, financiers et sociaux. Ainsi :
le groupe Mckinel Resources Limited s’est engagé à mettre les moyens nécessaires pour la reprise des activités d’exploitation minière de la SML SA ;
le Ministère en charge des Mines s’est engagé à renouveler les conventions et à octroyer des permis demandés par SML SA pour faire la recherche et assurer la continuité de l’Exploitation à la SML SA.
Six (6) ans après cette cession d’actions, il est constaté de graves manquements du groupe McKinel Resources Limited aux obligations contractuelles et une situation économique alarmante de la SML SA.
Au titre des manquements aux obligations contractuelles un plan d’investissement global incluant un plan d’investissement indicatif d’au moins 10 millions de Dollars USD, qui devrait être élaboré dans un délai de trois (3) mois suivant la prise de contrôle, n’a jamais été fourni par cette société.
Le non-respect de cet engagement a eu pour conséquences immédiates l’accumulation des arriérés de taxes et des salaires entraînant un manque de visibilité sur les réserves minières à exploiter et un endettement important, aggravé par l’absence de nouveaux investissements.
Il faut relever, par ailleurs, que la SML SA est redevable de plusieurs dettes fiscales vis-à-vis de l’Etat du Niger.
Au total, la situation de l’endettement de la SML SA en fin novembre 2024, a eu pour conséquences notamment :
un fonctionnement partiel de la mine et de l’usine, avec des arrêts répétitifs ;
la mise en chômage technique des employés suivie de leur licenciement, réduisant ainsi l’effectif de la SML SA de plus de 50% ;
le non-paiement des salaires à temps, le manque de couverture d’assurance santé et d’assurance vie ;
le non-paiement des cotisations à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale exposant ainsi les employés à une précarité sans précédent ;
les ruptures dans l’approvisionnement sur le site.
Pour sa part, l’Etat du Niger a accordé toutes les facilités nécessaires pour une meilleure reprise des activités de cette société.
Au regard de ces manquements, dans l’optique de sauver cette entreprise hautement stratégique, l’Etat du Niger a pris la décision de nationaliser la SML SA. Cette mesure s’inscrit dans la droite ligne de la vision du Président de la République, Chef de l’Etat, celle de favoriser l’appropriation intégrale par le peuple Nigérien de ses ressources naturelles.
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