
Dakar,03 Septembre 2025 (JVFE)–Les forces armées américaines ont frappé un « bateau transportant de la drogue » qui venait de quitter le Venezuela, tuant 11 « narcoterroristes », a affirmé mardi Donald Trump, alors que les États-Unis viennent d’opérer un déploiement militaire dans les Caraïbes dénoncé par Caracas.
Washington a déployé sept bâtiments de guerre dans les Caraïbes au motif de lutter contre le narcotrafic international, le président américain accusant son homologue vénézuélien, Nicolás Maduro, de diriger un réseau de trafic de drogue.
« Plus tôt ce matin, sur mes ordres, les forces militaires américaines ont mené un bombardement cinétique contre des narcoterroristes clairement identifiés du Tren de Aragua », a affirmé Donald Trump sur son réseau Truth Social, en référence à un important gang originaire du Venezuela.
La frappe a eu lieu alors que le bateau se trouvait « dans les eaux internationales, transportant des stupéfiants illégaux, à destination des États-Unis », a-t-il ajouté. « La frappe a tué 11 terroristes. »
Le président américain a accompagné son message d’une vidéo montrant une petite embarcation frappée par une forte explosion.
La vidéo semble montrer un long hors-bord multimoteur naviguant en mer lorsqu’un éclair lumineux éclate au-dessus de l’embarcation. On aperçoit ensuite brièvement le bateau en flammes.
La vidéo, en grande partie en noir et blanc, n’est pas suffisamment nette pour déterminer si l’embarcation transporte jusqu’à 11 personnes. Elle ne montre pas non plus de stock important ou visible de drogue à bord du bateau.
Le Tren de Aragua est une redoutable organisation criminelle vénézuélienne présente dans plusieurs pays. Dès son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump l’a désignée en février, ainsi que d’autres groupes liés au narcotrafic, comme organisation terroriste.
Plus tôt mardi, lors d’un point presse à la Maison-Blanche, il avait déjà révélé que l’armée américaine avait tiré sur « un bateau transportant de la drogue, beaucoup de drogue ».
De son côté, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a précisé sur X que cette opération avait été effectuée « dans le sud des Caraïbes » et avait visé un navire « qui avait quitté le Venezuela ».
Un haut responsable au sein du ministère américain de la Défense avait confirmé à des journalistes ces éléments, parlant d’une « frappe ciblée », selon la terminologie souvent employée par l’armée américaine.
Sept bâtiments américains, dont trois navires amphibies d’assaut, sont présents dans les Caraïbes, et un autre dans le Pacifique, dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue, a précisé une autre responsable militaire américaine.
Au moment de son départ pour le Mexique depuis Miami, Marco Rubio a part ailleurs fait part à des journalistes de la détermination de Donald Trump à utiliser « toute la puissance » des États-Unis pour « éradiquer » les cartels de la drogue.
« Le temps où l’on pouvait agir en toute impunité et se contenter de détruire un appareil ou de saisir un peu de drogue sur un bateau est révolu », a insisté ce fervent détracteur de Nicolás Maduro, et plus généralement des dirigeants de gauche d’Amérique latine.
Le secrétaire d’État s’est toutefois abstenu de menacer le président vénézuélien de nouvelles mesures le visant directement. Interrogé par les journalistes sur une éventuelle opération contre Nicolás Maduro sur le sol vénézuélien, Marco Rubio s’est contenté de répondre : « Il s’agit d’une opération de lutte contre le trafic de drogue ».
Nicolás Maduro avait dénoncé lundi la « menace » de « huit navires » et d’un sous-marin américains qui « visent le Venezuela ». Il a même fait planer la menace d’un débarquement américain et d’une volonté de « changement de régime ».
Le Venezuela est prêt à la « lutte armée pour la défense du territoire national », avait-il assuré, bien que les États-Unis n’aient jamais menacé publiquement d’envahir son pays.
Le gouvernement Trump présente la lutte contre le trafic de drogue comme l’un de ses grands chevaux de bataille, accusant le pouvoir vénézuélien de diriger un grand réseau. Récemment, les autorités américaines ont même porté à 50 millions de dollars la prime pour tout élément permettant d’aboutir à l’arrestation de Nicolás Maduro.

