Espagne : vastes enquêtes judiciaires pour trafic d’influence et malversation

DAKAR, 09 JUIN 2026 (JVFE)—L’Unité centrale opérationnelle (UCO) de la Garde civile espagnole a intercepté et analysé des courriels liant David Sánchez (frère du Premier ministre Pedro Sánchez) à son frère et à sa belle-sœur, Begoña Gómez.

Le cabinet d’avocats privé Iustitia Europa fait référence aux documents figurant dans les rapports finaux du procès.

Ces investigations s’inscrivent dans le cadre de vastes enquêtes judiciaires pour trafic d’influence et malversation en Espagne.

Les accusations s’intensifient et il est désormais considéré comme prouvé que le poste de David Sánchez a été créé spécialement pour lui.

L’analyse des communications électroniques a mis en lumière plusieurs éléments clés :

Les rapports de l’UCO ont révélé que Begoña Gómez utilisait une adresse électronique officielle liée à la Présidence du gouvernement (La Moncloa) pour échanger des messages d’ordre privé avec son beau-frère, David Sánchez, notamment dès 2019 au sujet d’une « lettre de recommandation ».

L’UCO a analysé plusieurs messages reçus par Begoña Gómez en provenance de David Sánchez. Les enquêteurs ont cherché à déterminer si ces échanges cachaient des interventions en faveur des activités professionnelles et des transactions de David Sánchez, notamment ses fonctions à la Députation de Badajoz.

Face à ces découvertes, le juge d’instruction Juan Carlos Peinado a ordonné à l’UCO d’éplucher plus de sept ans de courriels envoyés et reçus par Begoña Gómez afin de vérifier l’étendue de l’implication de l’appareil d’État (via des conseillers de la Moncloa) dans la gestion de ses affaires et de celles de ses proches.

Bien que ces courriels aient alimenté les soupçons de favoritisme et de corruption, la situation juridique reste nuancée :

La justice espagnole a prononcé l’abandon de l’une des accusations de trafic d’influence visant David Sánchez.

Les procédures pour malversation de deniers publics et d’autres délits connexes impliquant David Sánchez ainsi que les enquêtes distinctes sur Begoña Gómez se poursuivent devant les tribunaux espagnols

Lors de sa présentation, Pardo a lu le contenu du courriel. Dans celui-ci, Parejo avertissait qu’une compatibilité ne pouvait être accordée aux cadres supérieurs liés par un contrat de travail particulier, catégorie dans laquelle se trouvait alors le frère du Premier ministre. La fonctionnaire a elle-même ajouté que, selon elle, la situation était incompatible.

Pour Iustitia, cet échange de courriels, figurant à l’annexe F15, constitue un élément de preuve pertinent car, selon elle, il permet d’éclairer l’un des points les plus controversés de la procédure : la disparition de la clause d’incompatibilité lors du changement d’intitulé du poste de coordinateur de conservatoire. Pardo soutient que la modification administrative du poste n’était pas uniquement due à une réorganisation interne des fonctions, mais visait également à lever certaines limitations liées à l’intitulé initial.

Outre ce message, l’avocat a mentionné l’existence de quatre autres courriels envoyés à la même adresse. Selon son témoignage, ces messages contenaient des documents relatifs à des conflits d’intérêts, des contrats de location résidentielle, des certificats administratifs et des informations sur la propriété de comptes bancaires.

Pardo, un officier de la Garde civile en congé, a découvert ces fichiers lors d’une enquête sur les manœuvres douteuses du Parti socialiste, qui faisait référence à d’autres courriels envoyés par David Sánchez à Begoña Gómez , l’épouse du Premier ministre. Ces courriels contenaient également l’adresse électronique officielle de la présidence de Sánchez en copie. Grâce à cette piste, ils ont découvert ces « autres » courriels envoyés au compte présumé de Pedro Sánchez. C’est pourquoi Iustitia s’interroge sur les raisons pour lesquelles ces courriels n’ont pas été analysés plus en profondeur et rappelle les ordres donnés par l’ancien directeur général de la Garde civile aux officiers de « se faire discrets » et de classer rapidement tout courriel « sans intérêt ».

Au-delà de l’existence des courriels, l’avocat, à l’instar des autres plaignants, a renforcé son argumentation, affirmant que les délits de malversation et de trafic d’influence étaient avérés. Avec quelques nuances, ils insistent sur le fait que le poste ne résultait pas d’un besoin réel identifié par le Conseil provincial, mais plutôt d’une décision prise antérieurement et ultérieurement dissimulée sous une justification administrative. Selon les plaignants, le poste de coordonnateur des activités du conservatoire a été créé précisément à cette fin, et le dossier a été constitué progressivement pour donner une apparence de légalité à une décision déjà prise.

Cette séance a également donné lieu à certaines des déclarations les plus virulentes de toute la procédure. Il a été question d’une prétendue « fabrication », d’un « costume sur mesure » et d’une « mise en scène » décomposée en différents actes administratifs. Vox est allé encore plus loin, affirmant que le « fantôme » qui hantait toute l’affaire était Pedro Sánchez, arguant que sa figure expliquait le contexte politique dans lequel les décisions faisant l’objet de l’enquête avaient été prises.

De son côté, le ministère public a maintenu sa position, demandant au tribunal d’acquitter les 11 accusés au motif qu’il n’existait aucun moyen objectif de prouver les accusations, position défendue également par la défense, qui a insisté sur le fait que, lors de l’audience orale, il n’avait été possible de prouver les allégations.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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