le CODEPS rejette catégoriquement toute idée d’une éventuelle rencontre avec le président de la République du Sénégal , quelles qu’en soient les modalités

DAKAR, 09 juillet 2026 (JVFE)—Le gouvernement sénégalais avait mis en place un plan d’assistance financière d’urgence destiné aux 2 172 ex-détenus politiques et aux familles des 79 personnes décédées lors des manifestations liées à Ousmane Sonko entre 2021 et 2024.

Le gouvernement avait décidé d’accorder une assistance financière aux victimes des manifestations politiques qui se sont déroulées entre 2021 et 2024.

Cependant, la situation reste marquée par de fortes tensions politiques, une partie des victimes exigeant une véritable justice plutôt qu’une aide financière.

Déployé par le ministère de la Famille et des Solidarités, ce plan octroie des enveloppes spécifiques

  • 10 millions de FCFA (environ 15 000 €) versés à chaque famille de victime décédée.
  • 500 000 FCFA (environ 760 €) alloués à chaque ancien détenu politique.
  • Une prise en charge médicale d’urgence pour les blessés répertoriés.

Les revendications de justice et le blocage politique

Malgré ce soutien matériel, le collectif des ex-détenus et des familles de victimes (comme le CODEPS) exprime un profond mécontentement :

En juillet 2026, le CODEPS a officiellement décliné l’invitation du président Bassirou Diomaye Faye, dénonçant un manque de garanties sur la vérité et les réparations judiciaires.

Les autorités précisent qu’il s’agit d’une « assistance de solidarité » et non d’une « indemnisation judiciaire », ce que l’opposition et les familles critiquent, affirmant que cela court-circuite les tribunaux.

La Loi d’Amnistie en débat

Adoptée sous Macky Sall, cette loi bloque pour l’instant les poursuites pénales contre les forces de l’ordre.

L’ex Premier ministre Ousmane Sonko avait promis son abrogation pour permettre la tenue de procès, une attente cruciale pour les organisations de défense des droits humains comme Amnesty International Sénégal.

L’annonce de cette assistance financière suscite une polémique au Sénégal.

Abdoulaye Wade qui est le vice-président d’un collectif regroupant 14 familles de victimes des manifestations de mars 2021 se réjouit de l’annonce du gouvernement sénégalais de les assister financièrement. Cependant il dit n’avoir toujours pas été contacté par le gouvernement.

“On ne comprend pas comment ils vont dédommager les gens parce que le gouvernement ne nous a pas dit de quelle manière il va le faire. On n’a pas été contacté et on ne nous a encore rien dit. Nous avons eu ces informations comme vous sur l’internet. La dernière fois il y a un responsable de Amnesty International qui m’a contacté pour demander si le ministre de la Famille m’avait appelé, je lui ai répondu non. Les autres membres du collectif n’ont reçu aucun appel ou information venant de l’Etat sénégalais.”

Des membres de l’opposition et des partisans de l’ex-parti au pouvoir, APR, soupçonnent les dirigeants actuels, de ne s’intéresser qu’au sort des militants de leur parti, le Pastef. 

Des acteurs de la société civile élèvent aussi la voix. Amadou Samb est acteur de la société civile sénégalaise, responsable pays de l’Organisation civique Budgit Sénégal. 

“Nous craignons principalement une indemnisation des militants de Pastef. Et si on commence par ce processus qui consiste à débourser de l’argent alors que la commission mise sur pied n’a pas fini son travail donc là on a quelques craintes. C’est pour cela que nous, au sein de Budgit Sénégal, on est d’accord avec l’indemnisation mais il faut que justice se fasse d’abord.”

Dans le communiqué sur Facebook , le Collectif des Ex-Détenus Politiques et Victimes des Événements de 2021-2024 (CODEPS) a fermement démenti les rumeurs  ” J’exhorte les victimes de la répression politique du régime de Macky Sall, prisonniers politiques et familles des personnes décédées, à rencontrer le Président Bassirou Diomaye Faye et à exprimer clairement leurs demandes en matière de justice et de réparations.

Le Collectif démontre que les préoccupations des ex-détenus politiques, des victimes, des blessés, des familles des martyrs ainsi que de toutes les personnes affectées par les événements de 2021 à 2024 « ne peuvent être traitées dans des conditions qui ne garantissent ni la justice, ni la vérité, ni une réparation digne ».

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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