Le président français Emmanuel Macron est attendu en visite officielle au Sénégal les 30 et 31 octobre 2026, marquant son premier déplacement dans le pays depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye

DAKAR, 17 Septembre 2026 (JVFE)—Le président français Emmanuel Macron est attendu en visite officielle au Sénégal les 30 et 31 octobre 2026, marquant son premier déplacement dans le pays depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye.

Contexte et enjeux de la visite

Ce déplacement intervient plus de deux ans après l’accession au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye en avril 2024, illustrant une période de redéfinition des relations franco-sénégalaises.

La visite coïncide avec la veille de l’ouverture des JOJ prévus à Dakar, montrant un soutien de la France à cet événement majeur.

Les discussions porteront sur la coopération économique, la sécurité, la formation, la jeunesse et la volonté de Dakar de diversifier ses partenariats souverains.

Que peut-on retenir de la visite de Bassirou Diomaye Faye en France ?

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son homologue français Emmanuel Macron avaient exprimé leur volonté commune de redéfinir une relation historique et de renforcer la coopération bilatérale dans plusieurs domaines clés, notamment l’investissement, le commerce, la défense et la sécurité.

Reçu pour un petit-déjeuner à l’Élysée mercredi 27 août , le chef de l’État sénégalais avait affiché sa disponibilité à bâtir une coopération « rénovée », fondée sur le respect mutuel et les intérêts partagés.

Sur le plan économique, Paris conserve une place privilégiée. Plus de 270 entreprises françaises opèrent au Sénégal, employant plus de 31 000 personnes.

Si l’économie constitue le socle de la relation bilatérale, la sécurité reste un sujet sensible. Depuis son indépendance en 1960, le Sénégal a accueilli d’importantes bases françaises, utilisées comme points d’appui militaires dans la région.

Mais dès leur arrivée au pouvoir, les autorités sénégalaises ont annoncé la fin de la présence militaire étrangère, une décision mise en œuvre progressivement au cours de l’année 2025.

Le retrait progressif des forces françaises du Sénégal s’est déroulé en trois étapes : deux premiers sites ont été remis aux autorités sénégalaises le 7 mars, suivis de la station interarmée de Rufisque le 1er juillet.

Le 17 juillet, le retrait définitif du Camp Geille, plus grande installation militaire française au Sénégal, a été acté, ainsi que des installations de l’armée à Ouakam et au Plateau.

En moins de six mois, la France a donc plié bagage, symbolisant un basculement majeur dans la doctrine sécuritaire de Dakar. Pour autant, la coopération n’est pas rompue.

Pour le Sénégal, relativement épargné mais situé au cœur d’un environnement instable, l’enjeu est de rester un pilier de stabilité en Afrique de l’Ouest.

La France, de son côté, cherche à éviter une rupture brutale qui l’isolerait davantage en Afrique de l’Ouest, après son retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger, tout en s’adaptant aux nouvelles priorités sénégalaises.

Après son petit déjeuner de travail à l’Elysée, le président sénégalais a été l’invité spécial de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) organisée par le MEDEF le 27 août 2025 dans le temple du tennis, Roland-Garros.

Cette participation visait à attirer davantage d’investisseurs français, tout en insistant sur des partenariats équilibrés.

« Le Sénégal reste un pays ouvert à tous les partenariats » et « vous y avez toute votre place », a t-il lancé à l’endroit du patronat français.

Diomaye Faye a notamment plaidé pour un environnement des affaires stable et attractif au Sénégal, soulignant les réformes en cours et le rôle clé du secteur privé dans la création de richesse et d’emplois.

« En plus d’une gestion rigoureuse de nos finances publiques, nous avons entrepris une réforme des codes des investissements, des douanes et des impôts (…), des réformes qui visent à alléger la fiscalité, simplifier les procédures et améliorer la prévisibilité pour les investisseurs », a t-il plaidé, s’adressant aux entrepreneurs français.

A l’heure où Dakar affirme sa souveraineté et où Paris cherche à préserver son influence en Afrique de l’Ouest, la rencontre entre les chefs d’Etat sénégalais et français , marque une étape clé dans la reconfiguration du partenariat entre le Sénégal et la France.

Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024 sur un programme souverainiste, cherche à établir des relations plus équilibrées avec les pays développés, centrées sur les priorités sénégalaises, tout en maintenant des liens stratégiques avec la France, premier investisseur et deuxième partenaire commercial du Sénégal après la Chine.

Cette visite s’inscrivait dans un contexte de repositionnement des relations franco-sénégalaises, après la fermeture des dernières bases militaires françaises au Sénégal en juillet 2025, mettant fin à plus de six décennies de présence militaire française.

Dynamique régionale en Afrique de l’Ouest

En Afrique de l’Ouest, la présence militaire et l’influence de la France ont fortement évolué ces dernières années (départs du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Sénégal).

À l’image de sa tournée récente en Afrique de l’Est (notamment au Kenya pour le sommet Africa Forward), Paris cherche à renouveler ses liens sur des bases économiques et partenariales pragmatiques.

Le chef de l’État français devrait effectuer une tournée qui le conduirait notamment en Côte d’Ivoire et au Nigeria.

Le Bénin pourrait également figurer sur cet itinéraire, à l’invitation du président béninois Romuald Wadagni.

Si l’étape béninoise venait à être confirmée, elle constituerait le premier déplacement d’Emmanuel Macron à Cotonou depuis juillet 2022, où il avait été reçu par Patrice Talon.

Lors de sa récente tournée africaine de mai 2026 pour le sommet Africa Forward, le président français Emmanuel Macron s’est rendu en Égypte et au Kenya.

Étape initiale de son déplacement (passage le 9 mai 2026), marquée par l’inauguration de l’université de la Francophonie Senghor à Alexandrie avec le président Abdel Fattah al-Sissi.

Étape principale du 11 au 12 mai 2026 à Nairobi, où s’est tenu le sommet « Africa Forward » (nouvelle formule des sommets Afrique-France) axé sur les partenariats économiques, la transition énergétique et l’innovation.

Le président français va rencontrer les présidents des pays de l’Afrique de l’ouest le 16 décembre prochain pour des “clarifications” relatives à la présence française dans la région.

Les relations entre la France et l’Afrique se caractérisent par un redéploiement militaire, des tensions diplomatiques persistantes et des débats sur la souveraineté économique.

Les relations et l’actualité entre la France et l’Afrique de l’Ouest se caractérisent par un recul marqué de l’influence militaire française et des tensions diplomatiques persistantes.

Tensions et accusations géopolitiques

Le Niger a accusé fin août 2026 la France d’avoir orchestré ou soutenu une tentative de déstabilisation et de mutinerie militaire, ce que Paris conteste.

Les tensions diplomatiques restent fortes avec les régimes de l’Alliance des États du Sahel (AES), tandis que la position de la France sur le dossier du Sahara occidental (soutien au plan marocain) continue d’influencer ses relations régionales, notamment avec l’Algérie.

Retrait militaire et présence réduite

La France poursuit la réduction drastique de ses bases permanentes et de ses effectifs militaires en Afrique de l’Ouest et centrale, à l’image du Gabon où les effectifs ont été fortement réduits.

La France poursuit la réduction de ses bases et de ses effectifs militaires dans la région (notamment au Sahel et dans les pays côtiers), actant la fin d’une époque de forte présence permanente.

Des États de la région se tournent vers de nouveaux partenaires stratégiques et militaires, notamment la Russie et la Turquie, redessinant la carte des influences diplomatiques.

Tensions diplomatiques et sécuritaires

Accusations mutuelles : Des régimes de la transition sahélienne (comme au Niger) continuent de pointer du doigt l’implication supposée de Paris dans des déstabilisations, des accusations systématiquement rejetées par la France.

Crise sécuritaire : La propagation de la menace terroriste vers les pays du Golfe de Guinée (comme le Bénin) oblige les diplomaties européennes et ouest-africaines à repenser entièrement leur coopération en matière de sécurité.

 Enjeux monétaires et économiques

  • Projet de l’Eco et fin du franc CFA : Le projet de loi visant à remplacer le franc CFA par l’Eco dans huit pays d’Afrique de l’Ouest et à retirer la France des instances monétaires régionales reste une transition majeure en suspens, symbolisant la volonté d’une souveraineté financière accrue.

Des rapports d’organisations soulignent un déséquilibre persistant, pointant une baisse de l’aide publique au développement face à une dette cumulée des pays africains envers la France estimée à près de 19 milliards d’euros.

Les discussions se poursuivent lors de sommets alternatifs ou renouvelés (comme Africa Forward) où de nombreuses voix civiles et politiques critiquent l’héritage de la Françafrique et réclament une redéfinition totale des partenariats.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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